mercredi 30 juillet 2014

Cheikh Sid'Ahmed Babamine - le sacre du 2-Août... source : Cridem


Cheikh Sid'Ahmed Babamine est une des plus belle figures politiques de la Mauritanie depuis longtemps. 

Colonel il y a trente ans, permanent du Comité militaire sous Mohamed Khouna Ould Haïdalla, puis ministre des Affaires étrangères quelques semaines lors du 12/12 de Maaouyia Ould Sid'Ahmed Taya, il s'oppose à ce dernier en conseil des ministres. Il préside vingt-deux ans plus tard la grande C.E.NI. de la seule vraie transition démocratique qu'ait connue la Mauritanie, grâce à l'organisation des journées de concertations d'Octobre 2005, organisation par une autre magnifique figure, Habib Ould Hemet, alors ministre secrétaire général de la présidence du Conseil militaire pour la justice et la démocratie.

Cheikh Sid'Ahmed a été le premier à présider le Forum national pour la démocratie et l'unité au printemps dernier.

La publication de son "appréciation" sur le 2-Août aurait pu être encore plus vive : une honte pour la conscience nationale mauritanienne. Donné à CRIDEM, il me donne l'occasion de saluer le courage du fondateur, animateur et responsable de ce site - francophone - le plus important et fiable pour la Mauritanie.


 www.cridem.org

30-07-2014 23:42

- Le sacre du 2 Août 2014, une insulte à l’intelligence collective

Le sacre   du 2 Août 2014,  une insulte à l’intelligence collectiveCheikh Sid’Ahmed Ould Babamine - Depuis qu’ils ont conditionné leur participation aux élections à des garanties de transparence et d’équité , relatives notamment à la neutralité de l’administration , à l’utilisation des moyens de l’Etat , à l’indépendance des juges électoraux et...

à la crédibilité de l’institution en charge de l’organisation des élections , les partis de l’opposition mauritanienne sont , jusqu’à nouvel ordre, sevrés de leur droit de briguer le suffrage de leurs concitoyens, devenu de facto, une chasse gardée du parti du pouvoir et autres petites formations politiques affiliées.

Convaincu que sa chance de l’emporter est intimement liée au recours habituel aux ressources de l’Etat , et à l’inféodation de toutes les institutions publiques impliquées dans le processus , le tenant du pouvoir actuel, déterminé à ne prendre aucun risque dans ce domaine , s’est refusé à tout dialogue , susceptible de créer de nouvelles conditions.

Il a opté pour une politique alternative de fuite en avant qui consiste à organiser des élections au rabais , en vase clos , et surtout sans péril .C’est dans cet esprit que se sont tenues les municipales et législatives de 2013 et surtout , plus récemment , qu’il a été lui-même plébiscité sans surprise, au scrutin présidentiel du 21 juin 2014.

La tenue de cette élection , à cette dat e, en dépit du boycott de l’immense majorité de nos concitoyens et des graves lacunes du fichier électoral , traduit on ne peut mieux,le niveau de désinvolture pour ne pas dire du mépris affiché à l’égard de ce pays , de ses habitants et de sa classe politique par un système dont les apparatchiks et autres laudateurs attitrés ne ratent aucune occasion, pour pavoiser avec les pourcentages spécieux attribués à leur candidat,à l’occasion de cet holdup électoral.

Il s’agit notamment du taux de participation et du pourcentage de voix exprimées en sa faveur.

Comme s’ ils ne savaient pas que le taux de participation de 56,55 p.c. , déjà faible mais dont ils se délectent , est calculé sur la base d’une liste électorale de 1.328.168 qui occulte plus d’un million de mauritaniens en âge de voter et qu’il n’ a été obtenu que par le bourrage des urnes dont certains d’entre eux revendiquent sans pudeur et se disputent la paternité !

S’agissant de l’autre fameux pourcentage de 81,89 des votants , réalisé par leur candidat et qui aurait pu être plus élevé , tant qu’à faire , ils font semblant d’ignorer qu’il représente moins que le quart du total de l’électorat national . En tout état de cause, ce score n’est pas opposable aux partisans du boycott mais plutôt aux autres challengers auxquels le Président Mohamed Ould Abdel Aziz doit déjà une fière chandelle pour lui avoir évité de parcourir en solitaire ce fastidieux désert électoral.

Leurs sous-représentations dans les bureaux de vote de la plupart des wilayas a laissé la voie encore plus libre à toutes sortes de tripatouillages au niveau des urnes.

Dans tous les cas, ces deux chiffres n’affectent en rien la réalité du boycott, pas plus qu’ils ne valorisent les résultats d’un candidat. Je comprends qu’ils puissent être brandis pour abuser de la candeur du citoyen moyen ou de la bonne foi de certains parmi nos partenaires étrangers mais le plus grave est qu’à force de les triturer , nos spécialistes de la désinformation ont fini, par y croire eux-mêmes et se prendre à leur propre jeu.

Tellement que si l’on en croit les échos relatifs aux préparatifs d’une certaine cérémonie d’investiture en perspective proche, nombre de chefs d’Etats et de personnalités de haut rang seraient conviés à ce sacre qui promet d’être fastueux.

Ainsi, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, de surcroit Président en exercice de l’Union Africaine, dont l’une des missions à la tête de notre organisation continentale est de promouvoir la bonne gouvernance démocratique ne semble nullement être gêné aux entournures par une aussi mauvaise prestation sur ce registre , à domicile. Au contraire, il est clairement décidé à la célébrer en grandes pompes.
Prenant à témoins ses pairs africains et autres hôtes de marque présents, pour insulter l’intelligence collective de ses compatriotes, il aura, poussé l’ironie jusqu’à l’apothéose dans cette tentative incongrue de légitimer son forcing électoral.

Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine
Commentaires : 1
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Commentaires (1)

·         Murraj-Upi 31/07/2014 02:59 X

Un boycott de façade ( les islamistes ont donné des consignes de vote pour rester chef de fil de l'opposition avec 16 députés) et l'opposition désavouée par le peuple fatigué des volte faces d'une opposition en mal de scoop chevauchant et surfant sur toutes vagues même les réalisations concrètes du Président Ould Abdel Aziz. Pourquoi continuer à nier l'évidence.

La Mauritanie n'est pas le meilleur des mondes, le Président est un homme comme tous les autres et loin d'être parfait, mais il a fait de son mieux pour mettre la Mauritanie sur les rails des concerts des nations, et la Mauritanie commence à peine à sortir de l'anonymat et à être connue pour ne pas dire reconnue. Qu'a fait l'opposition depuis cinq longues années en dehors des cris inaudibles et à peine perceptible. Le Président Ould Abdel Aziz est président de tous les mauritaniens à nous de trouver ensemble le chemin vers plus de bien être du citoyen à plus de développements, à plus d'unité, combattons ensemble les maux, et non les éternelles mots sans lendemain pour des desseins inavoués.

Nous avons besoin du concours de tous les mauritaniens quelques soient leurs origines pour redresser la barre et non continuer à faire du sur place en nous tirant en arrière.

journal de maintenant - mercredi 30 juillet 2014

FNDU - gabegie, accaparements, trafics et recels





FORUM NATIONAL POURLA DEMOCRATIE ET L’UNITE (FNDU)


                            Mémorandum
sur la gabégie du pouvoir

de Ould Abdel Aziz





Nouakchott, le 30 Juillet 2014



Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, on s’en souvient, avait justifié son coup d’Etat militaire en août 2008 par la prétendue impasse politique due, selon lui, au refus du gouvernement d'organiser une session parlementaire extraordinaire. Il s’est engagé, après sa prise du pouvoir à supprimer les causes de cette impasse par la réduction des pouvoirs du Président de la République, à renforcer le rôle du Parlement, à élargir le champ des libertés, à consacrer de saines pratiques politiques, à consolider l'unité nationale, à améliorer les conditions de vie des citoyens, et à lutter contre la pauvreté et la gabegie. 

         Ce programme qui consistait, en fait, en une « appropriation » du discours de l’opposition traditionnelle, avait séduit, dans un premier temps, une partie de l’opinion, Ould Abdel Aziz se présentant comme un réformateur décidé à résoudre tous les problèmes de mauvaise gestion qui handicapaient l’essor de l’Etat mauritanien depuis l’indépendance. Cependant, il s’est rapidement avéré que ce n’était que propagande et mensonges, les pratiques du pouvoir venant, chaque jour, démentir les slogans réformateurs de l’homme et témoigner d’une mal gouvernance sans précédent. 

Après six années de pouvoir, les mauritaniens ont découvert le vrai visage de Ould Abdel Aziz et la vraie nature de son régime dont trois caractéristiques essentielles résument aujourd’hui, de l’avis de tous les observateurs, l’essence autocratique et mafieuse :

Une absence totale de repères moraux : En témoigne la série de scandales, très médiatisés, dans lesquels le Chef de l’Etat s’est trouvé personnellement empêtré et qui sont tout à fait étrangers aux mœurs de notre société et aux valeurs culturelles et pratiques politiques de notre  peuple. Il s’agit, entre autres affaires troubles, de la balle du 13 octobre, des graves accusations de trafic de drogue et de blanchiment d’argent et des doutes sérieux qui planent sur l’origine de la fortune faramineuse du général lui-même et de certains de ses proches.  A ce sujet, la grâce accordée à un narcotrafiquant notoire, la libération des trafiquants  arrêtés à Lemzereb, les relations confirmées avec des personnalités impliquées dans le trafic de drogue, l’affaire des valises de fausse monnaie reconnue par le chef de l’Etat lui-même ne constituent que la partie immergée du gigantesque iceberg de la délinquance morale prêtée au régime d’Ould Abdel Aziz à qui les affaires douteuses ont, en quelque sorte, personnellement « collé à la peau » et auraient dû le disqualifier pour l’exercice de la magistrature suprême ;

Un autoritarisme sans limite et un profond mépris de loi : Cela se manifeste par la concentration des pouvoirs entre les mains du général, la transformation des institutions de la République en coquilles vides et le recours systématique aux mascarades électorales dont la dernière fut celle du 21 juin 2014, largement boycottée par le peuple mauritanien, à l’appel du FNDU ;

Une propension maladive à l’enrichissement illicite : Ould Abdel Aziz a mis le pays en coupe réglée, afin d’assouvir son appétit démesuré d’accumulation d’argent à son profit personnel à celui de son clan familial. Cette propension maladive à l’enrichissement illicite et le refus obstiné de publier sa déclaration de patrimoine, comme l’exige clairement la Loi, trahissent le caractère mensonger des slogans « Le Président des Pauvres » et « La lutte contre la gabegie », brandis par le régime cleptomane pour abuser de la crédulité des citoyens de bonne foi.

C’est, justement, pour édifier le peuple mauritanien et ses partenaires au développement que le FNDU se propose  d’établir, dans ce qui suit, un recueil d’une partie des manifestations de la gabegie ahurissante à laquelle s’adonne le pouvoir du général Ould Abdel Aziz,. Cet éclairage aidera à faire la lumière sur l’énorme préjudice  occasionné par la gestion de Ould Abdel Aziz à la collectivité nationale; préjudice et pertes qui se chiffrent en certaines de milliards d’ouguiyas !

Cet inventaire portera, dans un premier temps, sur des dossiers se rapportant aux  secteurs des Mines, de l’Energie et du Pétrole, de l’Equipement et des Transports, des Finances, de la Banque Centrale et du CSA. Nous aborderons, dans une seconde étape, d’autres secteurs de l’économie nationale.









Ampleur de la gabegie sous Ould Abdel Aziz

Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie

La SNIM

La principale entreprise du pays , la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) qui exploite le minerai de fer est devenue , depuis l’avènement d u pouvoir actuel, une boite noire pour toutes les manœuvres frauduleuses. Nous donnerons, ici, des indications révélatrices de l’ampleur du pillage opéré dans cette entreprise qui constitue le fer de lance de notre économie dont l’importance stratégique pour le pays a toujours dissuadé les pouvoirs successifs de la « domestiquer ».

Au lieu de mener une gestion prudente de cette entreprise - qui a bénéficié d’une conjoncture très favorable entre 2008 et 2013 à cause du prix élevé de la tonne de fer (passée de 80 à 140 US $) et de la préparer à la compétition soutenue que connait le secteur et aux retournements de conjonctures dans un environnement international incertain, le régime s’est livré à un pillage systématique de ses ressources à des fins  personnelles et particulières.

Ainsi, et bien que la convention avec les bailleurs de fonds qui ont financé un projet d’avenir pour le pays, le projet Guelb II, prévoit des conditions restrictives sur les engagements majeurs et sur la gestion de la SNIM elle-même, la direction actuelle de la société continue à dilapider les ressources de celle-ci sans rendre compte, ni aux créanciers, ni aux actionnaires de l’entreprise, autres que le Gouvernement mauritanien ! Osons l’énumération de quelques uns des dossiers de gabegie qui pullulent à la SNIM, en demandant au lecteur d’apprécier de lui-même l’ampleur du gâchis et en exigeant l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour faire toute la lumière sur ces dossiers :

La SNIM a été mise au service des politiques populistes du pouvoir et détournée de sa propre mission pour servir les intérêts d’une poignée de proches du Président. A titre d’exemples, citons les opérations suivantes, où l’argent de la SNIM a été utilisé, en violation des procédures, pour financer des activités sans rapport avec la mission et les intérêts de la société : 

L’achat d’avions au profit de la compagnie des transports aériens pour plus de cinquante millions de dollars avec un appui permanant à la trésorerie de Mauritania Airlines, sans aucun lien avec l’activité de l’entreprise ;

L’acquisition de bus d’occasion (!) pour la société de transport public à Nouakchott ;

L’achat d’importantes quantités de vivres, d’aliments de bétail et de camions de transport au profit du CSA ;

La construction d’usines de poteaux en béton (22 millions d’euros) et de tuyaux (en béton également) à Aleg ;

La construction d’infrastructures au profit de l’armée dans plusieurs localités du pays ;

La création de plusieurs sociétés en association avec les membres de famille du Président dont les participations symboliques leur permettent de profiter des ressources de la SNIM tout en leurrant l’opinion publique en lui faisant croire qu’il s’agit de sociétés publiques, alors que ce ne sont que des sociétés privées (Chami Steel, une société faite pour faire main-basse sur la ferraille de la SNIM, une Société d’Assurance, les usines d’Aleg, l’usine de nitrate avec des partenaires « marocains », etc.) ;

Le recrutement abusif des membres de famille du général président pour remplacer les techniciens de la société à des postes stratégiques (direction commerciale) ;

La mise en place d’une organisation caritative au service de la politique du pouvoir dont l’objectif est de réaliser des actions « humanitaires » en dehors de toute procédure ;

Le financement de sociétés privées défaillantes en dehors de toutes les règles de l’art (prêt de 15 milliards d’ouguiyas à la société en charge de la construction de l’aéroport de Nouakchott);

Le financement d’hôpitaux qui n’ont rien à voir avec l’activité de la société ;

Le financement de routes à Nouakchott et à Nouadhibou ;

Le financement de travaux au niveau de la Présidence et des ranchs privés du président ;

Le décaissement de dizaines de millions de dollars pour des forages miniers de complaisance confiés, en dehors de tout cadre règlementaire, aux proches du Président, le plus souvent sans réalisation effective ;

Les procédures de gestion de l’entreprise ont été bafouées et le pouvoir discrétionnaire a pris la place de la règle ;

Le projet Guelb II connait un retard considérable ayant occasionné un surcoût que certains experts estiment à plus de 30%, en raison des marchés de complaisance (tous les appels d’offre qui n’ont pas été gagnés par les sociétés appartenant à l’entourage du général président ont été déclarés infructueux puis relancés et attribués aux hommes de celui-ci avec des avenants !) et de la démotivation de l’encadrement qui est dégouté par la gestion de l’entreprise (voir la lettre ouverte des cadres de la SNIM).

La construction d’un building au centre ville de Nouakchott qui ne correspond à aucun besoin identifié par la Société suivant des critères objectifs de bonne gouvernance.

L’emprise de la famille présidentielle sur la SNIM est connue de tout le monde et les points évoqués ci-dessus ne représentent que la partie visible de la gabegie au niveau du fleuron de l’économie nationale.

        

Nous attirons l’attention de l’opinion publique sur le fait qu’un retournement de la conjoncture, de plus en plus probable avec la baisse de 30% déjà observée au niveau des prix du minerais par rapport à décembre 2013, pourra conduire, s’il n’est pas mis fin à de telles pratiques délictueuses, à la faillite de la SNIM, avec toutes les conséquences imaginables pour l’économie du pays, dont la société minière représente le premier contributeur.

Nous sommes en droit de douter de la pertinence de ces dépenses engagées par la SNIM et de ces « filiales » privées qu’elle a créées. Si le gouvernement est convaincu de leur utilité, c’est sur les ressources budgétaires de l’Etat qu’elles devaient être réalisées, surtout qu’on parle d’excédent record dépassant les cent milliards d’ouguiyas et de réserves en devises de l’ordre du milliard de dollars !

En réalité, la seule explication est l’absence de procédures au niveau de la SNIM et son opacité, ce qui permet de garder cette gabegie hors des regards indiscrets.

        

TAZIAZET et MCM

         Ces deux entreprises, qui contribuent pour environ 40% du chiffre d’affaires du secteur minier, auraient dû voir leurs conditions contractuelles révisées afin de permettre à la communauté nationale d’en tirer le plus grand profit comme c’est l’usage dans tous les pays miniers ; le potentiel du pays en ressources minières étant devenu certain. Au lieu de cela, des parents et hommes de confiance du général Ould Abdel Aziz ont été placés au sein de leurs hautes instances dirigeantes, afin d’assurer à l’entourage familial du régnant et ses partenaires en affaires un monopole quasi absolu sur toutes les prestations réalisées par des nationaux au profit de Taziazet et MCM et de canaliser vers le même milieu tous les avantages qui peuvent être tirés de leurs activités. A cet effet, nombre de sociétés détenues par l’entourage présidentiel ont été créées.

En raison de la cupidité de cette camarilla, l’administration a perdu toute emprise sur ces entreprises qui continuent de licencier nos compatriotes, alors qu’elles recrutent des étrangers et de dégrader notre environnement sans aucune réaction des autorités.

Des informations concordantes font état d’un découragement des deux entreprises et d’une  constante révision à la baisse de leurs investissements, en raison des arnaques dont elles font l’objet de la part de personnalités influentes du régime.









Les permis miniers

         L’octroi des permis miniers a connu une augmentation exponentielle durant les six dernières années. Ainsi, depuis que la vocation minière du pays a été confirmée avec le début de l’exploitation de la mine d’or de Taziazet, le pouvoir a attribué un nombre impressionnant de permis (voir les communiqués du conseil des ministres) et particulièrement aux membres de l’entourage familial du chef de l’Etat. Des permis ont été retirés d’investisseurs étrangers pour les attribuer à certains proches du général, seuls ou en association avec des partenaires étrangers (Tamaghout, le quartz, le phosphate, etc.). Cette gabegie a retardé beaucoup d’entreprises qui auraient dû, dans une situation normale, avoir déjà commencé l’exploitation de leur permis. Elle a conduit d’autres à différer leurs explorations à cause de l’environnement exécrable des affaires. 

L’exploration pétrolière

         Depuis son accession au pouvoir, Ould Abdel Aziz a consacré la mainmise d’une compagnie pétrolière (Tullow) dirigée par un de ses hommes de main, alors qu’elle ne détenait qu’un infime pourcentage du puits de Chinguetti. C’est elle qui est désormais le leader de l’exploration, de la production et de la commercialisation du pétrole brut en off shore. C’est aussi elle qui a le monopole des champs gaziers et de leur exploitation avec des contrats d’achat de son produit par les centrales électriques de la Société de Production de l’Electricité à partir du Gaz (SPEG) à un prix fortement majoré, réduisant considérablement l’intérêt que devrait constituer la production de l’électricité à partir du gaz naturel pour notre économie !

Face au refus de lui renouveler ses permis et aux multiples problèmes qui lui auraient été créés, l’opérateur du projet Chinguetti (Pétronas) - qui était le chef de fil dans le secteur - a été obligé de céder sa place à la société de l’entourage du Président. Pétronas serait en instance de quitter le pays.

Les marchés de la SOMELEC

         La SOMELEC n’a pas échappé, elle aussi, à la main mise de l’entourage du Président, qui en est le fournisseur  principal. Tout le monde se souvient encore de la polémique autour de la centrale de 120 MW qui a été confiée au fournisseur le plus cher au grand dam du moins disant qui était représenté par une entreprise de la place bien connue. On se rappelle également la polémique autour des 60 MW que devait financer la Banque Islamique de Développement et qui devaient être confiés, par marché de gré à gré, à une entreprise de l’entourage présidentiel. Ce n’est un secret pour personne que ce même membre de la famille du Président est le représentant d’un grand fournisseur de matériel solaire ; ce qui explique que, depuis quelque temps, les grandes artères de Nouakchott et d’autres villes du pays ont été envahies par ses poteaux et que la part du solaire dans notre production électrique progresse à grande vitesse.  Une très bonne chose pour le pays n’eut été la surfacturation et le népotisme qui en sous-tendent l’octroi des marchés.

Les hydrocarbures liquides raffinés

         Dès son installation au pouvoir, l’actuel Chef de l’Etat a crée sa propre société de commercialisation des hydrocarbures (National Petroleum, NP, que certains appellent Notre Président) au mépris des textes légaux et réglementaires. En effet, les textes exigent des compétences techniques et des ressources financières que la nouvelle société n’avait pas, venant d’être créée de toutes pièces. Depuis lors, cette NP a eu tous les monopoles du marché public et est partenaire local, comme par hasard, de tous les fournisseurs du marché mauritanien en hydrocarbures raffinés !



Ministère de l’Equipement et des Transports

L’aéroport de Nouakchott

         La plupart des experts en la matière s’accordent à dire qu’à ce stade du volume de trafic aérien en Mauritanie, la construction d’un nouvel aéroport ne se justifie pas. La piste d’atterrissage et les installations techniques de l’actuel aéroport répondent aux critères techniques requis.  Le seul besoin essentiel pour permettre à l’aéroport actuel de satisfaire à tous les critères techniques est l’extension de l’actuelle aérogare ou la construction d’une deuxième.

         Indépendamment de l’impertinence de ce projet, c’est la nature même de la transaction qui montre l’essence mercantiliste et les méthodes mafieuses du régime qui ne recule devant rien pour transgresser toutes les règles, pourvu que cela procure à son chef et à son entourage des avantages matériels. L’accord prévoit la construction d’un aéroport d’une capacité de deux millions de passagers (le marché actuel n’atteint pas les deux cent mille passagers et les plus grands aéroports de la sous région, Dakar et Abidjan, n’atteignent pas le million de passagers) avec deux pistes (60% du coût pour les pistes et 40% pour le bâtiment) en contrepartie de quatre millions cinq cent dix mille (4.510.000) m2 dans les quartiers de Tevragh Zeina et du Ksar pour un délai d’exécution de 24 mois.   Il n’y a eu aucune étude pour estimer, ni les coûts de la construction de l’aéroport, ni la valeur des terrains inclus dans ce troc d’un autre âge ! Une  mission du FMI avait, en 2012, estimé la transaction à 200 à 300 millions de dollars US, soit à peu près 80 milliards d’ouguiyas. Il s’agit donc d’un gré à gré de 160 milliards - soit plus de deux fois l’investissement public financé sur ressources propres de Etat cette année là - hors budget et sans en référer au Parlement. Plus grave encore, l’entreprise à laquelle le marché a été attribué n’a à son actif aucun km de piste ; elle venait d’être créée pour l’occasion !

L’aéroport devait être réceptionné en octobre 2013, mais à quelques mois de la réception prévue, les autorités se rendent compte que l’entreprise n’a ni les ressources financières ni les compétences techniques pour réaliser l’aéroport dans les délais. Au lieu de prendre les mesures de sanctions et de pénalités définies par le code des marchés publics, le pouvoir a donné instruction à la SNIM et à la CDD de « prêter » cinquante millions de dollars chacune au maître d’œuvre en défaillance par rapport à ses engagements contractuels ! Une prime au manquement aux engagements contractuels. Du jamais vu ! La SNIM a effectivement transféré les cinquante millions demandés à l’entreprise en difficulté. Le tollé qu’a soulevé ce « prêt » de la SNIM a dissuadé la CDD d’en faire de même. Au moins officiellement, car certains estiment qu’elle a dû passer par des voies moins accessibles au public. D’aucuns expliquent cette générosité de l’Etat vis-à-vis de l’entreprise de l’un des hommes d’affaires du général président, par le fait qu’une grande partie des superficies octroyées à l’entreprise a été, en réalité, retrocédée au chef de l’état lui-même.  D’après nos informations le niveau d’exécution des travaux dans cet aéroport n’excède pas les 50% et ce malgré un an de retard !

Le secteur routier

         Le secteur routier constitue l’une des priorités de la politique des gouvernements successifs depuis de nombreuses années. Un programme important, initié depuis 2006, et qui approche les 2000 km, est en cours. Son coût global est proche de 2.000 milliards d’ouguiyas, déjà décaissés à 80%, pour un niveau de réalisation qui n’atteint pas les 50%. Tous les chantiers connaissent des retards considérables, pouvant parfois dépasser le double de la période prévue pour leur réalisation. Les exemples précis ne manquent pas : Kiffa-Tintane, Kiffa- Kankossa, Nouakchott-Nouadhibou, Atar-Tidjikja, Aweyvia-Keur Macen, Tiguend-Méderdra, etc.

Ces retards constituent des gaspillages considérables en raison des surcoûts qu’ils occasionnent. Les experts estiment qu’un retard de 12 mois, pour un projet dont la réalisation était prévue en 24, occasionne un surcoût de plus de 20% du budget initial. Le « génie » du général président a consisté à mettre en place un système qui lui permet de s’arroger le monopole de ce secteur à travers des institutions publiques qui deviennent des prête-noms pour lui et pour ses proches. Ces institutions s’appellent ENER, ATTM, SNAT et le Génie Militaire. Elles bénéficient à elles seules de plus 80% des marchés du secteur routier, mais aussi du secteur hydraulique, un autre secteur d’absorbsion prioritaire des investissements publics. L’ATTM est particulièrement engagée dans ce processus de gabegie. Le système fonctionne à travers l’attribution des marchés aux institutions  « publiques » précitées, lesquelles les sous-traitent intégralement aux proches du président ou les réalisent en faisant appel à la location du matériel des sociétés de celui-ci et de ses proches (ce n’est un secret pour personne que le Président est le premier propriétaire d’engins de travaux publics et de forages hydrauliques et miniers dans le pays).  La sous-traitance se fait à des prix parfois supérieurs aux prix du marché initial tout en permettant au sous-traitant, après avoir été payé plus de 50% des travaux sans avoir réalisé grand-chose, de se retirer avec un arrangement qui lui permet de ne pas rembourser les décaissements déjà reçus, en laissant à l’entreprise « publique » son projet sur les bras, occasionnant ainsi des retards considérables et des pertes que la SNIM ou le Trésor public devront prendre en charge. Tout le monde sait que l’ensemble des routes réalisées par ATTM à Nouakchott en 2010-2012 sont actuellement en reprise totale par l’ENER ! L’on peut donc imaginer l’ampleur de la gabegie dans ce secteur, combien elle coûte au pays et rapporte au Président et à son entourage.


Mauritanian Development Corporation (montage des avions)

         La Mauritanian Development Corporation (MDC), société écran qui n’a d’existence que le nom, a bénéficié d’un marché de plus de 7 milliards d’ouguiyas (23. 650. 000 USD) sans qu’aucune procédure de dépense de l’argent public n’ait été  respectée (pas d’appel d’offre) pour monter une usine d’assemblage d’avions à Nouakchott. Une avance de plus de deux milliards d’ouguiyas (7.095.000 USD) a été versée à cette société fictive avec une attribution d’un terrain de quelques hectares à proximité du fameux nouvel aéroport de Nouakchott. Le détournement de deniers publics que constitue cette affaire est doublé d’une opération de surfacturation manifeste. Jusqu’aujourd’hui, cinq mois avant la date de réception prévue de ces avions, aucune trace de cette société n’est visible à Nouakchott, encore moins de la fameuse usine de montage des avions !

La Société des Transports de Nouakchott

         La mauvaise expérience de la STPN n’a pas empêché Ould Abdel Aziz de créer, sans étude préalable, une société de transport public à Nouakchott. Des bus d’occasion (!) dont la durée de vie n’a pas atteint deux ans ont été acquis, à cet effet, auprès de l’Etat d’Iran dans des conditions d’opacité totale. D’autres bus, toujours d’occasion pour ceux d’entre eux qui circulent déjà, ont été acquis récemment sur financement de la SNIM. On ne sait pas encore combien de temps ils vont fonctionner. Nous ne disposons pas d’informations précises sur ces transactions pour le moins opaques, sinon que de fortes présomptions de malversations pèsent sur elles.





Le Programme de ISKAN (Chami et N’Beiket Lahouach)

         Au moment où des secteurs vitaux comme la santé et l’éducation font face à des difficultés considérables faute de moyens financiers, des dizaines de milliards d’ouguiyas ont été gaspillés pour construire et équiper des villes fantômes auxquelles on a donné les noms de Chami et de M’Beiket Lahouach. Tout au long des trois dernières années, ces deux villes  fantômes ont englouti près de 30 milliards d’ouguiyas ! L’examen des derniers appels d’offre lancés par la SOMELEC montre que l’électrification de la seule ville de Chami coûte plus de trois milliards d’ouguiyas au contribuable mauritanien.

Ministère des Finances

La douane et les impôts

         Depuis qu’il s’est emparé du pouvoir en 2008, le général Ould Abdel Aziz a mis les services de la douane et des impôts au service de son entourage en créant un monopole de fait au profit des sociétés de ses proches par le biais d’une fiscalité douanière préférentielle rendant impossible toute concurrence. Des centaines de milliards d’ouguiyas liés à des entrepôts fictifs n’ont jamais fait l’objet de régularisation, occasionnant des manque à gagner considérables pour le trésor public. Au niveau des impôts, les redressements fiscaux ciblés ont caractérisé cette période.

La distribution des terrains à Nouakchott et à Nouadhibou

         Si la volonté de Ould Abdel Aziz et de son clan réduit de piller le pays et de mettre la main sur ses richesses se manifeste au niveau de tous les secteurs économiques, elle atteint des proportions  inqualifiables dans le domaine foncier. Ici, le ravage a lieu au grand jour et sans vergogne. Qu’on en juge :

Distribution, sur la route de Nouadhibou, de terrains de plusieurs dizaines de milliers de m2 (on a pu constater des concessions d’un millions de m2 !) à des particuliers sous l’appellation de « concessions rurales » ou soit disant pour la construction de projets immobiliers. En réalité, ces terrains ne sont destinés qu’à la spéculation immobilière et à l’enrichissement rapide de la coterie de Ould Abdel Aziz ;

Distribution de toute la zone comprise entre la plage des Pêcheurs et le Port de Nouakchott, amputant parfois sur le domaine portuaire inaliénable, au profit de l’entourage du Président ;

Distribution des meilleurs terrains sur l’Avenue AL MOUQAWAMA à la parentèle proche du général régnant, soit disant pour construire une « zone industrielle ». Ces terrains sont en fait destinés à la construction de ranchs particuliers et de résidences secondaires ;

Distribution des meilleurs terrains de l’Avenue SOUKOUK aux mêmes personnes ;

Cession des terrains dits des « Blocs » au général Ould Adebl Aziz en personne et à ses proches avec obligation de mise en valeur en 24 mois, alors que depuis 5 ans rien n’a été encore réalisé et aucune sanction n’a été prise à l’encontre des bénéficiaires ;

Morcellement d’une partie des terrains abritant le Stade Olympique et l’Ecole de Police et cession des superficies prélevées à de proches parents du général pour construire des boutiques ou des centres commerciaux. Crime innommable que cette amputation d’édifices publics vitaux, pour en faire des boutiques privées ! Plus scandaleux encore, il semble que les attributaires ne sont en fait que des prête-noms ; les vrais propriétaires étant Ould Abdel Aziz lui-même et son clan familial.

Vente de plusieurs autres équipements collectifs aux proches du Président (siège des fanfares à l’ilot G, hôtel Marhaba, etc.).

Les 50 millions USD de l’Arabie Saoudite

         A la demande des autorités de l’époque, l’Arabie Saoudite avait accordé à notre pays un don de 50 millions de dollars USD pour renforcer les moyens de l’armée nationale suite aux attaques terroristes en 2007 et 2008. Le pouvoir issu du coup d’Etat de 2008 avait trouvé le montant dans son intégralité dans les comptes du Trésor public et avait immédiatement procédé à son utilisation sans se soucier des procédures, ni des règles en la matière. L’opposition continue depuis 2009 à réclamer toute la lumière sur le sort réservé à ce pactole dont l’utilisation n’a laissé aucune trace visible. Le Parlement, seule autorité habilitée à autoriser les dépenses publiques, n’a jamais été saisi au sujet de ce don !

Les 200 millions USD de la transaction SENOUSSI

         Dans une opération que seul un Etat voyou peut entreprendre, le pouvoir en place aurait, moyennant une forte rétribution, assuré à l’ancien directeur général de la sûreté de Kadhafi que sa famille et lui pourraient venir s’installer en toute sécurité en Mauritanie, avant de le livrer aux nouvelles autorités de Libye contre une rançon de 200 millions de dollars US ! Le Gouvernement libyen, qui a refusé de verser cet argent sur des comptes personnels, a effectué un transfert à la Banque Centrale de Mauritanie. Dans un pays comme le nôtre, connu pour son hospitalité et son respect des valeurs islamiques, toute la lumière doit être faite sur une telle opération et les différents acteurs qui y ont pris part doivent répondre de leurs actes devant les tribunaux de la république.



La BCM et le système bancaire

Les nouveaux agréments bancaires

         Les cinq dernières années ont connu la création d’une dizaine d’institutions financières, soit pratiquement le double de ce qui existait en 2008, dont six banques et quatre sociétés de crédit leasing. Ces institutions ont été créées au mépris des textes en vigueur. Au lieu d’étudier les besoins du marché et de prendre en compte les critères de l’expertise et de la disponibilité des ressources financières, les agréments ont été distribués à des individus, tous en association avec l’entourage présidentiel, sans compétences ni ressources, dans le seul but de les enrichir rapidement en leur donnant le pouvoir de création de la monnaie. La Banque Centrale a dû déroger à toutes les règles pour permettre la création de ces institutions financières. Elle a carrément ignoré les exigences des fonds propres (six milliards d’ouguiyas) et a, quelquefois, donné elle-même à de nouvelles banques les ressources nécessaires pour avoir les fonds propres requis. Les heureux bénéficiaires se sont retrouvés du jour au lendemain sur la liste  des milliardaires du pays.



L’allocation des devises
Malgré des réserves en devises dépassant le milliard de dollars, la Banque Centrale de Mauritanie n’accorde les devises qu’à un groupe de privilégiés appartenant à l’entourage immédiat du Président. Elle a instauré, avec la douane, un monopole de fait au profit d’un petit groupe de gens, en lui accordant des devises à des prix préférentiels et une fiscalité douanière préférentielle, sans aucun souci des conséquences pour les autres acteurs économiques et pour les consommateurs ainsi soumis à un marché monopolistique.
La manipulation du taux de change
         Des informations de plus en plus persistantes font état d’une manipulation fréquente des taux de change pour favoriser davantage le groupe réduit des bénéficiaires des devises de la Banque Centrale. Cette manipulation se fait de façon ponctuelle au moment des transferts de certains importateurs privilégiés. Plus que tous les crimes économiques commis par le pouvoir actuel, une telle pratique dépasse tous les entendements possibles et imaginables.  Certains estiment que la Banque Centrale est redevenue, elle aussi, une boite noire avec des pratiques beaucoup plus mafieuses et plus dangereuses pour notre économie que toutes les pratiques des temps les plus sombres.
Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire
         Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire est accaparé par les trois principaux hommes d’affaires les plus introduits auprès du Président. Ceux-ci bénéficient de l’exclusivité des ventes par le CSA de l’aide alimentaire (italienne, japonaise, etc.). C’est aussi auprès d’eux, presqu’exclusivement, que le CSA achète les produits destinés aux boutiques EMEL, dont la raison d’être semble-t-il, n’est autre que d’engraisser davantage les commerçants proches du pouvoir.
         Les différents dossiers évoqués dans ce mémorandum, ne représentent qu’une infime partie de la gabegie institutionnalisée par l’actuel pouvoir ; celle strictement limitée à l’entourage immédiat du Président. Nous ne pouvons pas être exhaustifs, tant la gabegie touche à tous les secteurs de l’économie. Nous n’avons pas parlé du secteur agricole et de ses marchés d’engrais, de grillage de protection, ni du crédit agricole, ni des équipements achetés par la SNAT pour une dizaine de milliards d’ouguiyas et dont une grande partie n’a, semble-t-il, jamais été livrée (voir le problème actuel de la moisson de la contre saison). Nous n’avons pas évoqué la santé et les scanners de seconde main qui n’ont fonctionné que quelques semaines, malgré le tapage médiatique que l’on sait, pas plus que la pêche, la défense, etc. 
         Nous envisageons, dans une étape ultérieure, de passer en revue l’ensemble des secteurs de l’économie pour mieux informer le peuple mauritanien sur le pillage méthodique par le pouvoir en place des ressources du pays, en essayant si possible de donner des estimations des pertes occasionnées par cette gestion chaotique sous forme de détournement et de gaspillage. Notre objectif pour le moment est d’attirer l’attention des mauritaniens sur la gravité de la situation et sur la vraie nature de la personne qui gouverne notre pays depuis six ans à son propre profit et s’obstine à continuer à le faire malgré la volonté de notre peuple. Nous lançons, ici, un appel à tous les patriotes pour ouvrir les yeux et regarder la situation du pays en face. Aux soutiens du régime, nous rappelons que quand il s’agit, comme c’est le cas aujourd’hui,  des intérêts supérieurs du pays, il est puéril de courir derrière de miettes ou se gargariser du confort d’être du côté  du « camp fort ». Il ne s’agit plus, désormais, d’une question de démocratie ou de pouvoir, ni de majorité ou d’opposition ; il s’agit de la survie de notre pays. Les pratiques instaurées par le pouvoir en place ne peuvent conduire qu’à l’explosion sociale et à l’effondrement de l’Etat. Il est de notre devoir de dépasser tous nos clivages et de dire ensemble que cela ne peut pas continuer. Il est de notre devoir de travailler ensemble pour jeter les bases d’une société démocratique basée sur la liberté, le respect de la chose publique, la justice sociale et la saine compétition dans un Etat de droit.
         Ce mémorandum s’adresse aussi à nos partenaires étrangers, avec lesquels nous avons des intérêts communs et qui sont concernés par notre sécurité et notre stabilité, pour qu’ils prennent conscience de la nature du pouvoir qui nous gouverne et des conséquences prévisibles de ce mode de gouvernement. Ils sont appelés à découvrir le vrai visage de l’homme qui tient la Mauritanie, de prendre conscience, eux aussi, des graves menaces que sa présence au pouvoir fait peser sur notre peuple et sur les relations bilatérales. Ould Abdel Aziz n’est pas un partenaire fiable, cela crève les yeux. Les partenaires au développement de notre pays doivent enfin le voir ! 

FNDU - fondements des diverses suspicions à l'endroit du président renouvelé





FORUM NATIONAL POUR LA DEMOCRATIE ET L’UNITE (FNDU)
 
SEPT QUESTIONS PREJUDICIELLES A TOUT NOUVEAU SERMENT PRESIDENTIEL







Nouakchott, le 30 Juillet 2014



Le Général MOAA se prépare à prêter serment ce 2 août 2014. Son investiture consacre les résultats d’une élection taillée sur mesure, mais clairement délégitimée par le boycott de l’opposition et de l’écrasante majorité du peuple mauritanien et qui ne constitue en  fait qu’une nouvelle usurpation du pouvoir. Quel crédit pourrait-on alors accorder à un serment destiné à ornementer une telle imposture ?



Déjà en 2009, après une élection contestée, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz avait prêté serment un certain 6 août,  jour anniversaire de son coup d’Etat de 2008 contre un président civil élu démocratiquement.

Reprenant les termes prévus par la constitution, il proclamait alors devant le Conseil Constitutionnel et tout le peuple mauritanien :

« Je jure par Allah l’Unique de bien et fidèlement remplir mes fonctions, dans le respect de la Constitution et des lois, de veiller à l'intérêt du Peuple mauritanien, de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays, l’unité de la patrie et l’intégrité du territoire national. »



Malheureusement, cinq années durant, il n’eut de cesse de fouler aux pieds constitution, lois, intérêts du peuple mauritanien, souveraineté et unité nationales. Les violations de son serment étaient d’autant plus graves qu’elles étaient délibérées, révélant un esprit putschiste réfractaire à toute norme démocratique ou simplement légale.



 Cette accusation nous la fondons, entre autres, sur les faits avérés, exposés ci-après et  que nul ne saurait contester. C’est un droit pour notre peuple de réclamer du Président Mohamed Ould Abdel Aziz des explications ou des excuses publiques, avant tout serment, en particulier par rapport aux sept questions suivantes.



1.    Le Président Mohamed O Abdel Aziz peut-il justifier son refus d’appliquer  loi sur la transparence financière ?



·       -Le président civil nouvellement élu Sidi O Cheikh Abdallahi, fit adopter par le Parlement la loi 2007-054  du 18 septembre 2007 relative à la transparence financière  de la vie publique qui institue une obligation  de déclaration du patrimoine pour le président de la république et certains hauts responsables de l’Etat. En son article 2 elle impose particulièrement au président de la République de faire après son investiture et à la fin de son mandat une déclaration de sa situation patrimoniale et celle de ses enfants mineurs. De surcroît, et à la différence des autres responsables de l’Etat, il lui est fait obligation de la rendre publique.



o      le Président MOAA refusa de se plier à cette loi au lendemain de son investiture le 6 août 2009. En réponse à la question d’un journaliste lors de la conférence de presse du ? , il déclara avec  désinvolture que cette loi « n’est pas importante ».



o      il fallut attendre une année plus tard pour que le Président se résignât à faire une déclaration de patrimoine hors délai devant la commission compétente. Toutefois il refusa de la rendre publique en violation flagrante de la loi 2007-054.



o      Ce mépris de la loi, et l’irrespect de son propre serment viennent d’être illustrés à nouveau par son refus, malgré l’interpellation de certain parlementaire, de renouveler et de publier sa déclaration de patrimoine à la fin de son mandat qui arrivait à son terme le 18 juillet 2014.



2.                                                                                                                                                                                                                                                                Et le tripatouillage de la constitution par un parlement dont le mandat avait expiré ?

                                                                                                    

o       -le mandat de l’assemblée nationale élue en novembre 2006  expirait en novembre 2011. Le tiers du Sénat devait aussi être renouvelé. Le Président MOAA, par calcul électoraliste, décida de ne pas respecter les échéances constitutionnelles et pour l’une et pour l’autre, et de reporter sine die les élections législatives en dehors de toute procédure légale et de toute situation de force majeure ou de consensus politique national.



o       -plus grave, en février 2012, il s’autorisa à utiliser une «  majorité » de députés dont le mandat avait expiré pour introduire illégalement d’importants amendements à la Constitution malgré la contestation de l’opposition démocratique et l’indignation de l’opinion. Comble de la forfaiture, ces ex-députés votèrent pour eux-mêmes une prolongation de mandat sans limite.





3.    Qu’est-t-il advenu des 50 millions de dollars du don saoudien ?



o      -Peu avant son coup d’Etat du 6 août 2008, l’Arabie Saoudite avait accordé au Gouvernement du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi un don de 50 millions de dollars pour l’équipement des forces armées et de sécurité.



o      -dans une conférence de presse à Nouadhibou en avril 2009,  le Général MOAA reconnut en avoir déjà utilisé en tant que chef de la junte militaire près de « 2 milliards d’ouguiyas » (environ 10 millions de dollars) ;



o      --la constitution prévoit en son article 68 que l’affectation des ressources publiques relève de la loi des finances votée par le Parlement. Les textes afférents stipulent de surcroît que toute dépense effectuée par le gouvernement en situation d’urgence en dehors du budget doit par la suite être impérativement soumise à l’approbation de la plus proche session parlementaire.



o      pourtant au lendemain de son « élection » de 2009, et face aux réclamations de parlementaires soucieux de connaître le sort de ce don saoudien, le Ministre des finances ne pu opposer qu’un silence embarrassé.



o      -il en fut de même chaque fois à toutes les sessions parlementaires des années  suivantes. La trace des 50 millions de dollars était belle et bien perdue depuis qu’elle avait quitté les comptes de la Banque Centrale de Mauritanie et du Trésor sur ordre du Général puis Président MOAA.



o      -les faits précités sont indéniables et ils sont constitutifs du crime de détournement  de fonds publics au regard des lois et règles régissant les dépenses publiques. Le Président le sait, mais il compte probablement sur l’impunité que lui garantit un pouvoir absolu.



4.    Qu’en est-il de l’obstruction au cours de la justice dans la scandaleuse affaire du 13 octobre 2012 



o      En début de soirée le 13 octobre 2012, le Président de la République est atteint par balle dans des circonstances obscures, sans la présence de gardes de corps ou de témoin et emmené grièvement blessé  à l’hôpital militaire par un inconnu.



o      Dès son réveil tôt le matin du 14 octobre, après une lourde intervention chirurgicale d’urgence durant la nuit, le Président MOAA,  tint avant son évacuation d’urgence en France, tôt le matin, à faire une surprenante déclaration à la TVM, où il qualifia l’événement de « simple bavure » qu’il « pardonne » et affirma que «  l’affaire est terminée ». Sa préoccupation primordiale était visiblement d’empêcher toute enquête et d’étouffer l’affaire pour des raisons inavouées.



o      Par la suite, l’opinion publique n’eut droit pour toute explication qu’à une mise en scène télévisée où un officier prétendument auteur du coup de feu « ami »,  présenta, le même jour, une version mal assimilée et incohérente de l’événement. Fait révélateur,  cet officier qui, soi-disant,  venait d’ouvrir le feu contre le Chef de l’Etat 24 heures auparavant bénéficiait de tous les égards et de toute la compréhension de ses supérieurs et conformément à la volonté du Président, ne sera soumis à aucune instruction judiciaire.



o       la justice a été effectivement empêchée de se saisir d’une affaire de tentative d’homicide et d’atteinte à la sécurité de l’Etat, en violation flagrante de son indépendance dont le Président devait être le garant  aux termes de la constitution.



o      Le Président MOAA ne veut pas que la justice se « mêle » de « ses affaires ». Il s’est placé,  lui et les siens au-dessus de la loi. L’opinion nationale en avait eut déjà une illustration édifiante quelques mois plus tôt lorsque son fils, ouvrit le feu à bout portant, le 22 janvier 2012, contre une jeune fille dénommée Raja mint Syadi. La pauvre fille après des semaines de lutte contre la mort s’en tirera avec une infirmité définitive. Le ministère publicquant à lui se chargera d’étouffer l’affaire : il n’y eu ni détention provisoire du coupable, ni une quelconque poursuite judiciaire.



5.    Pourquoi avoir dissimulé la vérité sur les relations suspectes dans l’affaire dite Ghana gâte ?



o      Le 28 mars 2013, le site Cridem, publie l’interview  de Hamed Oumar ressortissant malien établi à Bamako, ex-collaborateur des services mauritanien, qui révèle avec force détails que son ex-officier traitant Mohamed Ould Abdel Aziz «  l’avait mêlé »(en 2006-2007) pour son compte personnel dans des affaires plutôt « illégales ». Il cite en particulier l’établissement  du contact  avec un Irakien du nom d’Ousman Allawi, établi à Accra au Ghana et relatif à une transaction douteuse où il est question de blanchiment de faux dollars américains (4 malles) et même de proposition de coopération possible pour le transit de la drogue.



o      Il était difficile d’accorder crédit à ces allégations jusqu’au jour, quelques semaines plus tard, où des sites mauritaniens Taquadoumy.com et Essirage.net publient en même temps des enregistrements sonores relatifs à des conversations téléphoniques entre ledit Allawi et le Colonel MOAA à l’époque, chef de la garde présidentiel et relatif à une transaction portant sur « des malles d’argent ».

o      Le Président de la République observera un mutisme total pendant des mois, malgré la gravité des accusations et le choc qu’elles avaient provoqué dans l’opinion. Mais il finira un peu malgré lui et de façon furtive, embarrassé et confuse par faire comme un aveu sur la réalité des conversations en réponse à la question surprise d’un journaliste lors de la conférence de presse de Néma en août 2013.



6.    Comment expliquer et justifier la complaisance coupable envers des trafiquants de drogue internationaux ?



L’affaire du caïd de la drogue Mangane Eric Walter et compagnie



o      En juillet 2007 éclate l’affaire Ould Soudany –Sid’Ahmed Ould Taya- Eric Walter. Il s’agit d’un puissant réseau de trafic international de drogue. Le chef du réseau Walter, un franco-sénégalais, arrive à échapper aux arrestations. Recherché par la police mauritanienne et Interpol, il n’en passera pas moins un séjour tranquille à Nouakchott à visage découvert (cf. documentaire de Canal plus « africa-stup »2010) jusqu’au jour où il est repéré dans un café par des coopérants policiers français. Il choisit alors de quitter le pays mais finit par se faire arrêter au Sénégal en 2009. Il sera ensuite extradé vers la Mauritanie sur l’insistance de celle-ci. Jugé, il est alors condamné à 15 ans de prison.



o      A la surprise générale, alors que le dossier de l’affaire 0769/007 était encore pendant devant la cour d’appel, le Président de la République prend un décret de grâce, le 15 février 2011, accordant àWalter et ses acolytes une réduction de peine de 5 ans. Aveu de culpabilité : ledit décret pris en catimini ne fut jamais publié au journal officiel. Comment le Président de la République peut-il expliquer cette magnanimité envers un réseau criminel dans une sous-région menacée par le trafic de drogue ?



o      Pour une justice aux ordres le décret a fonctionné comme un signal et une pression. Sans entrer dans les péripéties et manœuvres judiciaires, le résultat en fut la libération de Walter et de ses complices, cinq mois après. Le Président se contentera de calmer l’indignation de l’opinion nationale et internationale en sacrifiant comme bouc émissaire, le président de la cour d’appel qui avait acquitté les prévenus.



L’affaire du convoi de drogue de Lemzereb



o      Le 26 février 2010, une unité de l’armée mauritanienne intercepte dans l’extrême nord-est des confins mauritano-maliens, au lieu-dit Lemzereb, un convoi de plusieurs véhicules transportant un chargement de 6 tonnes de drogue et escorté par une vingtaine d’hommes armés des tribus du nord malien. L’exploit de l’armée est alors salué par l’opinion, les prévenus pris en flagrant délit immédiatement déférés à la justice et la cargaison de drogue brulée à Nouakchott dans une grande cérémonie publique.



o      Puis à peine sept mois après, le 27 septembre 2010, le Président de la République décida, à la surprise générale et à l’insu de la justice, de libérer tous les trafiquants de Lemzereb.



o      L’indépendance de la justice était ainsi et comme d’habitude foulée aux pieds sans même un minimum de respect des formes. L’opinion publique quant à elle, tenue dans le mépris, n’eut droit à aucune explication sur cette ténébreuse affaire.



7.    Pourquoi le refus du Président d’ordonner toute enquête sur les nombreux scandales économiques divulgués régulièrement par la presse et impliquant son proche entourage ?



o      Les conditions douteuses et dommageables pour les intérêts de la Mauritanie de la convention avec la société chinoise de pêche Poly-Hondong



o      La gestion opaque de l’Agence chargée de l’Etat civil,

o      la fourniture d’aliment bétail avarié aux éleveurs dans le cadre du plan d’assistance 2012,



o      le marché pour une usine « d’assemblage d’avions » de la Mauritanian development corporation (MDC) la prétendue  société américano-mauritanienne,



o      les conditions douteuses du marché de gré à gré du nouvel aéroport international,



o      le prêt de 15 milliards d’ouguiya de l’entreprise minière SNIM au profit de la société privée Najah, chargée de la réalisation du nouvel aéroport international



o      les transferts de propriété foncière du secteur public au secteur privé sans autorisation préalable du Parlement : aéroport actuel, stade olympique, école de police et cela généralement au profit du proche entourage du Président.



En conclusion :



Sur la base des faits  avérés énumérés ci-dessus un constat s’impose : la violation répétée et délibérée du serment proclamé le 6 août 2009 par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Pour toutes les lois humaines le parjure est passible de lourde peine ou tout au moins disqualifie son auteur pour toute fonction qui requiert la confiance de la collectivité et invalide d’avance son nouveau serment.



Circonstances aggravantes les faits énumérés plus haut illustrent la nature chaotique de la gouvernance qu’exerce le Président Mohamed Ould Abdel Aziz sur  notre pays. Une gouvernance marquée par la prise en otage de l’Etat, une gestion personnelle et privative des richesses du pays, une connivence coupable avec les milieux douteux, un mépris et une violation constante de la Constitution et des lois de la République. En outre, il vient de proclamer sa réélection à l’issu d’un scrutin boycotté par l’ensemble de l’opposition démocratique. Un scrutin marqué par une implication  outrancière de l’Etat et de ses moyens au profit du candidat Aziz. Un scrutin marqué par une abstention record avec un taux réel de participation très en deçà des chiffres officiels. Que cherche Ould Abdel Aziz à travers l’organisation en grandes pompes d’une cérémonie de prestation de serment ? Il cherche précisément, d’une part, à maquiller la véritable nature de sa gestion, et d’autre part, à compenser par des artifices le déficit de légitimité de sa réélection, et ce, à la veille de la tenue du sommet Afrique-Amérique à Washington.



Le FNDU tient, par la publication du présent document, à édifier l’opinion publique nationale et internationale sur la réalité tant en ce qui concerne la réélection de Ould Abdel Aziz que sur son comportement et ses actes au cours des années qu’il a passées à la tête de l’Etat Mauritanien.