vendredi 1 août 2014

lettre ouverte d'un Congolais au président Obama, dans la perspective du sommet Etats-Unis Afrique




 Mouvement pour l’Unité et
le Développement du Congo
M.U.D.C
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Le Secrétaire Général

190B, rue des Landes
78400 Chatou
France
Monsieur OBAMA Barack Hussein, Président des Etats Unis d’Amérique,
1600 Pennsylvania, Ave NW Washington, DC 20500

Paris, le 30 juillet 2014


Objet : Avez-vous bien compris le rôle historique qui vous
attend pour que les choses changent en Afrique ?

Monsieur le Président,

Les 5 et 6 août prochains, vous allez accueillir, à Washington, les chefs d’Etat africains à l’occasion du premier sommet Etats Unis / Afrique. Il s’agit d’un grand moment historique, qui ouvre une nouvelle ère dans les relations entre les Etats Unis d’Amérique et l’Afrique. Mais c’est surtout pour nous, Jeunes et Démocrates Africains, l’opportunité de vous poser cette question fondamentale : Avez-vous bien compris le rôle historique qui vous attend pour que les choses changent en Afrique ?

Cette question devrait interpeller votre conscience, en tant que démocrate mais aussi en tant que le fils de votre père, Barack OBAMA Sr, qui s’était beaucoup battu en son temps pour cette problématique cruciale de la démocratie dans son pays, le Kenya. Aujourd’hui vous êtes face à l’Histoire et c’est tous les peuples opprimés d’Afrique qui ont placé leurs espoirs en vous et qui attendent de ce sommet des mesures concrètes et non pas de simples postures diplomatiques sur cette problématique cruciale de la Démocratie et du respect des Constitutions en Afrique. Ce sommet USA / Afrique est le sommet de tous les espoirs et c’est tout un continent qui retient son souffle et attend ses conclusions. Ne les décevez pas.

Aussi, compte tenu de l’importance et du caractère historique de ce sommet, et pour que chacun prenne bien conscience des enjeux historiques qui se jouent actuellement sur le continent africain, nous avons pensé qu’il était de notre devoir de vous apporter un certain éclairage, en mettant en exergue quelques éléments d’appréciation avant la tenue de cette rencontre tant attendue de Washington.

Vous avez dit, à Accra, au Ghana, que l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts, et parmi les Institutions fortes, il y a la Constitution. Pourtant, comme vous le savez, ils sont un certain nombre de chefs d’Etat africains qui sont concernés par la limitation du nombre de mandats et qui sont tentés par des modifications constitutionnelles. Nous pouvons citer, pêle-mêle : le Béninois Thomas Boni YAYI, le Burkinabè Blaise COMPAORE, les Congolais Denis SASSOU N’GUESSO (Congo Brazzaville) et Joseph KABILA (République Démocratique du Congo), le Rwandais Paul KAGAME, etc.
Parmi eux, certains affichent à leur compteur 27 voire 30 années d’exercice de pouvoir sans partage, une longévité au pouvoir hors norme. Et d’ailleurs, nous ne vous apprendrons rien si nous vous disons que Denis SASSOU N’GUESSO par exemple, qui est aujourd’hui âgé de 72 ans dont la moitié passée au pouvoir, était déjà Président, en 1979, quand vous n’étiez vous-même encore qu’un jeune garçon de 18 ans, loin, très loin même, d’imaginer que vous deviendriez un jour le premier Président Noir des Etats Unis d’Amérique.

Nul doute qu’ils seront tous présents à Washington les 5 et 6 août. Ils vous écouteront sagement mais au final, ils vous rétorqueront que chaque Etat est souverain et que par conséquent, ce qui est important, c’est ce que pense le peuple.

Leur stratégie est simple et c’est une stratégie commune. Il s’agit d’utiliser l’arme constitutionnelle du référendum pour abroger le verrou constitutionnel de la limitation du nombre de mandats. Nul besoin donc de s’appeler Cassandre ou Protée pour deviner qu’ils se concertent régulièrement et en parlent entre eux. De toute façon en Afrique c’est bien connu, dès qu’un chef d’Etat ouvre la marche, tous les autres suivent comme par reflexe. C’est un vrai club d’amis et ils agissent par mimétisme.

Le principal argument avancé pour défendre leur projet de référendum sur la modification ou le changement de Constitution, c’est de dire que le peuple est souverain et c’est à lui de décider. Or, cela suppose que le vote soit totalement libre, honnête et transparent ; ce qui, chacun conviendra, est très loin d’être le cas dans tous ces pays aujourd’hui. Il s’agirait en réalité d’organiser de pseudo-référendums en trompe-l’oeil pour masquer leur passage en force. Et d’ailleurs, ils disent tous, « je vais gagner car le peuple est avec moi ».

Et puisque leurs peuples sont avec eux, seraient-ils donc prêts à accepter que, dans un souci d’équité, de sincérité et de transparence, le référendum que chacun d’eux appelle de ses voeux soit organisé, en amont et en aval, par un organe véritablement indépendant, sous le contrôle strict et la supervision totale des Nations-Unies ? Si tel n’est pas le cas, il s’agit donc bien là d’un argument purement fallacieux. En vérité, chacun sait que s’ils envisagent tous d’organiser des référendums pour abroger le verrou constitutionnel sur la limitation du nombre de mandats destiné à limiter la durée de vie au pouvoir de chefs d’Etat, c’est tout simplement parce qu’ils savent qu’ils vont en truquer les résultats.

Quant à l’idée selon laquelle la limitation du nombre de mandats serait anti-démocratique, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne tient pas la route non plus car cela reviendrait à mettre en question la réalité même de la démocratie aux Etats Unis, qui est la plus grande démocratie du monde, et où la limitation, au nombre de deux maximum, des mandats présidentiels est pourtant la règle admise par tous et incontestée.

C’est autant dire que le véritable enjeu est là. Il faut donc à tout prix maintenir ce verrou constitutionnel sur la limitation du nombre de mandats, seul gage de l’alternance à la tête de l’Etat dans ces pays où l’histoire des élections prouve à chaque scrutin que les gens ne peuvent pas faire leur choix librement et en toute sincérité.

L’autre argument tout aussi fallacieux qui est également avancé c’est de dire que ces chefs d’Etat sont indispensables notamment pour la paix et la stabilité de leur pays mais aussi plus généralement pour le reste du continent. Véritables artisans infatigables de paix dans l’espace continental, que deviendrait donc l’Afrique sans eux ?

Ce genre d’argument montre à quel point ces chefs d’Etat manquent cruellement de sagesse et d’humilité. Ils se considèrent comme étant irremplaçables. C’est à se demander qu’en serait-il advenu du peuple de l’Inde sans le Grand GANDHI, du peule Noir-Américain sans le Grand Martin LUTER KING ou du peuple Sud-Africain sans le Grand Nelson MANDELA ? C’est dire que notre Humanité a connu bien de Grands Hommes d’exception mais qui pourtant ont bien fini tous par partir un jour sans pour autant que cela n’interrompe la marche de l’Humanité. Nul n’est éternel et il faudra donc bien partir un jour. Ainsi va le cycle de la vie.

On voit bien qu’il s’agit là encore d’une insulte à l’intelligence collective des peuples africains. La vraie question ne serait-elle pas de savoir si ces chefs d’Etat qui passent pour d’incontournables négociateurs, médiateurs et pacificateurs, souvent autoproclamés, de la plupart des conflits sociopolitiques sur le continent et qui en ont fait leur assurance-vie et leur fonds de commerce pour se rendre indispensables, notamment aux yeux de la France, ne seraient-ils pas tout simplement de véritables « pompiers pyromanes » ? Et puis, faudrait-il croire par ailleurs en l’existence d’une corrélation intrinsèque entre le fait d’être un grand négociateur, un médiateur et un pacificateur des conflits sociopolitiques et le fait d’être chef de l’Etat, en ce sens que l’un n’irait pas sans l’autre ?

Si l’on s’intéresse d’un peu plus près au cas particulier de Denis SASSOU N’GUESSO, l’homme qui fait feu de tout bois, médiateur autoproclamé dans les crises sociopolitiques en Centrafrique et en République Démocratique du Congo, qui, selon sa propagande officielle, serait devenu semble-t-il l’infatigable et l’incontournable artisan de la paix dans cette partie du continent, eh bien, hormis la fanfaronnade et le spectacle qu’il fait en organisant chez lui, à Oyo ou à Brazzaville, des rencontres à coups de millions de pétrodollars dont son peuple est privé, est-ce qu’il peut énumérer les francs succès qu’il aurait déjà obtenus dans le cadre de ces médiations et qui pourraient par conséquent être unanimement reconnus et salués par l’ensemble de la communauté africaine et internationale ?

Quant à l’argument qui consisterait à faire croire au monde entier que ces chefs d’Etat seraient les seuls hommes forts capables de garantir la stabilité dans leur pays, il faut tout simplement souligner que la véritable stabilité d’un Etat ce sont des Institutions fortes, l’indépendance de la justice et le respect du droit et de la Constitution. Ceux qui oppriment leur peuple, qui privent leur peuple de liberté et musellent leur peuple, sont ni plus ni moins que des dictateurs et certainement pas des garants de la paix et de la stabilité.

Un argument qui est également utilisé par ces chefs d’Etat africains pour justifier les bilans de leurs longs règnes à la tête de leur pays, qui sont largement négatifs à tout point de vue, c’est de dire qu’on a trop tendance à appliquer un peu facilement à l’Afrique les concepts occidentaux de gouvernance et de démocratie. Selon eux, être à la tête d’Etats africains, cela n’a rien à avoir avec être Président de la France ou des Etats Unis.

Il s’agit là encore, d’une insulte inacceptable faite à l’Afrique et aux Africains. Car cela reviendrait à dire que les pays et les peuples d’Afrique seraient un monde à part. De quoi accréditer cette théorie méprisante et insultante chère à l’ancien Président français Nicolas SARKOZY selon laquelle l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire, ou donner raison à un autre ancien Président français, Jacques CHIRAC, lequel affirmait que l’Afrique n’est pas prête pour la démocratie. C’est dire combien de telles assertions émanant de surcroit de chefs d’Etat africains, dans ce monde mondialisé et interconnecté du 21ème siècle, sont tout simplement insultantes et inacceptables. Cela ne peut que témoigner de l’indignité de ces chefs d’Etat.

Pire, alors qu’ils ont déjà passé 10, 15, 20, 25 voire 30 ans au pouvoir, ils disent tous qu’ils ont encore besoin de plus de temps pour obtenir des résultats.

Par exemple, à 72 ans dont la moitié passée à la tête d’un petit pays riche en pétrole, avec une faible population d’à peine 3,5 millions d’habitants, Denis SASSOU N’GUESSO ne se gêne guère de dire haut et fort, au mépris total du principe élémentaire de la continuité de l’Etat, qu’il a besoin de plus de temps pour mener jusqu’à leur terme les « grands travaux » d’infrastructures qu’il aurait engagés et qui feraient, selon lui, du Congo un pays émergent en 2025. Autrement dit, il ne veut pas quitter le pouvoir avant 2025, au moins.

Or, tous les Congolais savent que Denis SASSOU N’GUESSO est le seul Président du Congo qui a eu et l’argent et le temps et la stabilité politique qui auraient pu lui permettre de faire beaucoup de choses pour ce pays mais il n’a rien fait.

Faudrait-il lui rappeler que la production pétrolière journalière du Congo s’élève à pas moins de 300 000 barils/jour et le prix du baril de pétrole est en moyenne de 100 dollars depuis 2008, avec des pics allant jusqu’à 150 dollars/baril ? Et qu’a-t-il donc fait de toute cette manne pétrolière pendant toutes ces années ?

En 30 ans de pouvoir sans partage et couronnés de booms pétroliers ayant généré des flux financières colossaux dans le pays, est-il parvenu à améliorer significativement le niveau de vie des Congolais ? Eh bien, pas du tout. Et pour cause, dans son rapport 2014, la Banque Mondiale note que la moitié des Congolais vivent toujours sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1 dollar US par jour et le Congo est classé 136ème sur 182 à l’Indicateur de développement humain (IDH) du PNUD. Et que dire de la situation sanitaire du pays, de l’école, de la couverture du pays en électricité et en eau potable…

Quand il n’a pas servi à acheter des armes en Chine, en Russie ou en Corée du Nord (en violation de l’embargo international) destinées à massacrer le peuple en cas de révolte populaire, l’argent du pétrole congolais est utilisé à des fins purement personnelles de Denis SASSOU N’GUESSO et sa famille, qui le détournent et le placent dans leurs comptes bancaires privés, en Chine, au Maroc et dans des paradis fiscaux ; ou achètent des biens mobiliers et immobiliers de luxe en France (cf. Affaire des Biens Mal Acquis), à Dubaï et un peu partout ailleurs dans le monde ; ou organisent de somptueuses fêtes d’anniversaires à Saint-Tropez ou encore de pseudo-forums à Brazzaville, qui ne sont en réalité que des opérations de communication à la gloire de Denis SASSOU N’GUESSO lui-même, à l’instar des forums Build Africa et du fameux Forbes Africa.
Ces messes à sa gloire sont des moments qu’il affectionne particulièrement car cela lui permet surtout d’affirmer sa grandeur et d’afficher ostensiblement sa puissance financière devant des personnalités venues du monde entier et qui pour la plupart sont devenues ses obligés, et dont il ne boude même plus son plaisir de les voir à ses pieds et de les cadeauter à sa guise. C’est le cas notamment de l’ancien Président français Nicolas SARKOZY, lequel rêve pourtant de retrouver son fauteuil présidentiel en 2017 mais qui n’a pas hésité le moins du monde d’interrompre ses vacances, le 25 juillet, pour aller faire honneur au tout puissant Denis SASSOU N’GUESSO en échange de 100 000 euros. Et avant lui, le désormais ex-président de l’UMP, Jean-François COPE, s’était lui aussi plié à cet exercice, en 2013, et avait empoché 30 000 euros. Denis SASSOU N’GUESSO est donc devenu le maître du jeu. Pas sûr que si Nicolas SARKOZY redevenait Président de la France, il ait encore le courage de monter sur ses grands chevaux face à ce dernier.

Et, pendant que Denis SASSOU N’GUESSO s’amuse et dépense sans compter l’argent du pétrole congolais, les Congolais eux, broient du noir. A titre d’exemple, plus de deux ans après la catastrophe des explosions d’armes de guerre du 4 mars 2012, les milliers de sinistrés vivent toujours dans des abris de fortune et ne sont toujours pas indemnisés, tout comme les parents des victimes de cette catastrophe. Idem pour d’anciens salariés des entreprises étatiques ou multinationales qui ont été dissoutes (Office National des Postes et Télécommunications, Banque Commerciale du Congo, Compagnie Minière de Logoué, AIR AFRIQUE…). Le chômage est endémique et dépasse les 30% au niveau national, plus de 48% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique…

Bref, partout dans le pays la situation devient intenable et le ressentissement est grandissant, à cause notamment de toutes ses frasques financières et de son mépris évident pour le peuple. Pourtant, Denis SASSOU N’GUESSO continue d’affirmer, avec le cynisme quasi-diabolique qu’on lui connaît, que s’il veut modifier ou changer la Constitution c’est parce que le peuple le réclame. Qui peut croire à cela surtout quand on sait que dans l’histoire de ce pays, d’autres Présidents avant lui comme Fulbert YOULOU ou Joachin YHOMBI-OPANGAULT ont été vilipendés pour avoir été accusés, à tort ou à raison, de détournement des deniers publics ? Comme tout le monde entier, tous les Congolais connaissent l’affaire des Biens Mal Acquis et l’affaire des 350 Disparus du Beach ; quel peuple au monde voudrait avoir à la tête de son pays des dirigeants véreux, qui le tuent et qui détournent à grande échelle l’argent public ?

A la lumière de ce qui précède, chacun peut comprendre aisément ce qui anime réellement Denis SASSOU N’GUESSO dans sa volonté de vouloir modifier ou changer la Constitution et rester au pouvoir à vie : c’est tout simplement la volonté de s’accrocher à ses privilèges. A moins qu’il ait tout simplement peur de se retrouver à la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’humanité (cf. Affaire des 350 Disparus du Beach dont l’instruction est toujours ouverte en France)

chronique d'Ould Kaïge - publié déjà dans le Calame . 11 Mai 2010



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17 Mai 1959   &  13 Mai 1977 


Premières élections à l’Assemblée nationale
&
Accord de défense mutuelle entre la Mauritanie et le Maroc




Le 17 Mai 1959, ont lieu les premières élections à une Assemblée nationale en Mauritanie. Dix jours après en Conseil de gouvernement, le président Moktar Ould Daddah en fait le bilan :  " les électeurs, malgré l'époque défavorable, ont participé d'une manière massive au scrutin, et en ont fait le test de l'unanimité nationale ". Le communiqué remplace l'appellation de Conseil de gouvernement par celle de Conseil des ministres : la Mauritanie nouvelle a commencé.

Sans doute, sous l’administration française, le Territoire avait-il une assemblée, dite territoriale et instituée par une loi métropolitaine du 6 Février 1952 [1]. Des élections avaient suivi le 30 Mars 1952 [2], puis le 31 Mars 1957 [3]. Celles de 1959 ont des résultats apparemment analogues [4] :  les Mauritaniens plébiscitent les deux listes du PRM, qui enlèvent la totalité des 40 sièges, répartis en deux circonscriptions, mais les statistiques ne doivent pas tromper. Il se produit de grands changements par rapport aux élections sous administration française. La participation a été massive malgré les consignes d'abstention des partis d’opposition. L’enjeu politique a été clairement défini par l’existence de ces deux oppositions et le droit public applicable est proprement mauritanien : l’administration française ne « fait » plus les élections.
Le Parti du Regroupement mauritanien est le parti gouvernemental, résultant de la fusion, au congrès d’Aleg tenu du 2 au 5 Mai 1958 1948 (Le Calame du 6 Mai 2008 – chronique aniversaire), des deux partis existant pendant les dernières années de l’administration française : l’Entente mauritanienne, fondée par Horma Ould Babana, le 17 Juin 1950 et l’Union progressiste de Mauritanie fondée le 20 Février 1948 (Le Calame du 12 Février 2008 – chronique aniversaire des 16-20 Février 1948).

Le premier mouvement d’opposition au gouvernement du P.R.M. présidé par Moktar Ould Daddah, selon la chronologie : la Nahda, s’est fondée les 25 et 26 Août 1958, à Kaédi, sans aucun lien avec Horma Ould Babana [5] mais selon des thèmes proches. Il s’agit " … de mener le pays dans la voie rapide de la décolonisation " (en rejetant) " le principe de charte octroyée " (et en se prononçant) " pour l'auto-détermination ". Le nouveau parti " met en garde la France contre l'habitude de se choisir des interlocuteurs … et dénie à ces créatures préfabriquées le droit d'engager l'avenir de la Mauritanie ". Autorisé seulement le 8 Octobre 1958, il n’a pu prendre à la campagne référendaire aboutissant au statut d’Etat membre de la Communauté : il préconisait le non, tandis que le P.R.M. avait pris position pour le oui [6] . Ahmed Baba Ould Ahmed Miske en est le chef et l’expression. A la suite de l’option gouvernementale pour l’autonomie interne, la Nahda, stigmatisée pour ses sympathies envers le Maroc, précise son identité [7] et des pourparlers ont lieu avec le pouvoir. Le 28 Janvier 1959, le bureau exécutif du P.R.M. est mis au courant de ces contacts avec la Nahda par Moktar Ould Daddah et Sidi el Moktar N'Diaye ensemble et il en est de nouveau débattu le 27 Février : Moktar Ould Daddah doit s’incliner : l'offre d'unité d'action de la Nahda est repoussée [8] et le congrès restreint du Comité exécutif du PRM (86 délégués représentant 22 sections) réuni du  17 au 21 Mars 1959, le confirme. Il " rejette purement et simplement les offres d'unité d'action faites par les dirigeants de la Nahda … et demande au Gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour pallier aux activités de tout mouvement subversif qu'il se dénomme Nahda ou autre ".

L’Union nationale mauritanienne, à sa naissance , n’affiche pas particulièrement sa sympathie fédéraliste et l’option souhaitable pour la Mauritanie d’adhérer au Mali que constituent au moins le Sénégal et le Soudan ex-français. C’est au contraire au sein-même du P.R.M. qu’est discutée et souvent préférée cette adhésion [9]. c’est une contestation des investitures données par le parti gouvernemental pour les premières législatives mauritaniennes : le 21 Avril 1959, le comité exécutif a dressé la liste des candidats du parti aux prochaines élections, et dans les huit jours le P.R.M. éclate. L'Union nationale mauritanienne se fonde le 28 [10], elle est de direction et d’inspiration très plurielle, sans programme au début. Une telle dissidence politique est aussitôt combattue par le gouvernement-même : du 2 au 4 Mai, Ahmed Saloum Ould Haiba, ministre de l'Intérieur, arpente le Trarza et discute devant Abdallahi Ould Cheik Sidya.  Souleymane Ould Cheikh Sidya et Mohamed Abdallahi Ould el Hassen déclarent se retirer du parti naissant, puis Hbib Ould Ahmed Saloum, le nouvel émir du Trarza [11], et Souleymane Ould Cheikh Sidya reviennent sur leur démission de la liste du P.R.M. aux prochaines élections (ce dernier y gagnera d’être sénateur de la Communauté). Finalement autorisée le 13 Mai [12], l’U.NM. avait jeté l’éponge, le 4 Mai précédent, par une consigne d'abstention. L’épilogue ultime – comme pour la Nahda – sera la table ronde de 1961 aboutissant au Congrès de l’Unité, mais dans l’immédiat, le 31 Mai, le bureau exécutif du P.R.M. exclut "pour travail fractionnel et néfaste au parti" deux de ses membres : Hadrami Ould Khattri et Hassane Ould Salah, ainsi que les cinq délégués de la section de Dakar au comité exécutif. Réunie le 17 Juin, cette dernière instance remplace au bureau exécutif les trois membres exclus du parti : Doullah Ould Moktar Lahi remplace Hadrami Ould Khattri comme secrétaire général adjoint ; Khattri Ould Dahoud remplace Hassane Ould Salah comme secrétaire administratif adjoint. A Dakar, l’avant-veille, la section P.R.M. communique sous la signature des représentants du Brakna, du Gorgol et du Guidimaka – et dont le "responsable provisoire" est Abdoul Aziz Sall : " la voie empruntée par leurs ex-délégués risque de compromettre en Mauritanie l'évolution de l'idée fédéraliste, en inoculant à celle-ci le virus du racisme et du régionalisme ". Commencement d’un clivage national et aussi d’un parcours de co-équipier du père fondateur…

Le droit applicable est, pour la première fois, proprement national et mauritanien. Ces élections, très anticipées, puisque le mandat des assemblées sous l’administration française était de cinq ans et que le précédent scrutin datait de deux ans seulement, n’ont pas été prévues dès l’option pour le statut  d'Etat membre de la Communauté, le 28 Novembre 1958. L’assemblée élue sous le précédent régime " décide de s'ériger en Assemblée Constituante et délibérante jusqu'à la mise en place des nouvelles institutions (et) charge le Gouvernement de la Mauritanie … de faire ratifier la Constitution par voie de référendum ". Ce n’est que le 14 Mars 1959, que le groupe parlementaire du P.R.M. propose la dissolution de l'Assemblée constituante et, le surlendemain, décide des élections pour Avril. La tournée du 11 au 23 Février précédents, pour présenter le projet de Constitution, n’a pas confirmé l’idée première d’une ratification par referendum. C’est encore l’assemblée de 1957 qui y procèdera et c’est le congrès restreint du PR.M. (celui tenu du 17 au 21 Mars) qui fixe la date des élections au 17 Mai, porte à quarante le nombre des députés, découpe en deux circonscriptions le territoire national et – surtout – confie l'investiture au bureau exécutif des candidats du parti. Le 2 Avril, le corps électoral est convoqué pour cette date. La veille, une ordonnance – premier texte adopté en vertu de la première Constitution mauritanienne, celle du 22 Mars – a entériné les décisions du parti gouvernementale : quarante sièges pourvus pour cinq ans au scrutin de liste majoritaire. C’est cette assemblée qui adoptera le régime présidentiel le 20 Mai 1961 et décidera la constitutionnalisation d’un parti unique de l’Etat, le 12 Janvier 1965 : au contraire de celle élue en 1957 dont le mandat avait été écourté de plus de moitié, elle verra ses pouvoirs prorogés d’un an, à la suite du congrès « historique » de Kaédi [13]. Dans l’immédiat, sa première session commence par la réélection (16 Juin) Sidi Moktar N'Diaye comme son Président puis l’investiture de Moktar Ould Daddah, comme Premier ministre, sur proposition le 23 Juin, de 25 députés et par un vote secret de 36 sur 37 présents : l'intéressé ne votant pas.





Le 13 Mai 1977, un accord de défense mutuelle entre la Mauritanie et le Maroc, est signé à Nouakchott par Ahmed Laraki, ministre d’Etat marocain aux Affaires étrangères et Ahmed Ould Mohamed Salah, ministre d’Etat à la souveraineté interne [14]. Il prévoit l’installation de 1.200 à 1.500 militaires marocains en territoire mauritanien [15] et a été très préparé.

Déjà, depuis le début de l’année, avaient lieu des opérations conjointes, telle le 3 Janvier un « ratissage » entre Metlani, Bou Craa, Smara, Amgala et Guleta. Mais la concertation s’institutionnalise, à partir du 28 Mars, quand Ahmed Ould Mohamed Salah se rend à Marrakech, accompagné du colonel M’Barek Ould Bouna Moktar, ministre de la Défense et du lieutenant colonel Ahmed Ould Bouceïf, chef d’état-major national. Le 10 Mai, Ahmed Ould Mohmaed Salah et Mohamed Ali Cherif, secrétaire général de la présidence de la République reviennent à Rabat et font le bilan de la coopération militaire : l’assistance marocaine ne peut suffire à tout, et notamment n’empêche pas le départ de l’assistance technique française à la S.N.I.M. sur le site de Zouératte [16] et la veille de la signature, le colonel M’Barek Ould Bouna Moktar, ministre de la Défense les relayait auprès d’Hassan II.        Six semaines plus tard (les 20 et 21 Juin), se tient à Nouakchott, la première réunion du Haut comité de défense maroco-mauritanien [17], sous la présidence de Moktar Ould Daddah. La délégation marocaine est imposante : le Premier ministre Ahmed Osman, Ahmed Laraki, ainsi que les ministres des Finances, des Travaux publics, le secrétaire d’Etat à l’ Intérieur, et le secrétaire général de la Défense nationale.

L’accord mauritano-marocain a été directement provoqué par l’attaque de Zoueratte par le Polisario, le 1er Mai. Six Français ont été enlevés et un couple de médecins tués. Dès le lendemain, un DC8 affrêté par la SNIM rapatrie en France 157 femmes et enfants (sur un effectif total de 187 femmes et 262 enfants). Le ministre français des Affaires étrangères, Louis de Guiringaud, met en cause des  forces d’agression qui viennent d’un pays voisin, mais le voyage prévu de Robert Galley, ministre de la Coopération n’est pas remis. Le Monde titre « la Mauritanie en danger » et donne un entretien avec le président Moktar Ould Daddah. L’ambassadeur de France à Nouakchott, Michel Removille, est reçu par le Président de la République : «  cette épreuve commune ne peut que contribuer à renforcer l’amitié qui existe entre les deux pays ». Le 4 Mai, plus de 1.500 soldats mauritaniens s’établissent pour barrer la route d’Atar à une colonne de 400 Polisario venant de Zouératte. Ceux-ci se retirent mais avec de nouveaux otages. Le surlendemain, le 6 Mai, Robert Galley est en Mauritanie. Le président Moktar Ould Ddah lui précise ne pas souhaiter d’aide militaire en personnel, mais des instructeurs et des ventes de matériels et d’armements. Ce qui est aussitôt entendu, tandis que de son côté, le roi Hassan II reçoit Ahmed Ould Mohamed Salah et Mohamed Ali Cherif et que la France demande officiellement à Kurt Waldheim, secrétaire général des Nations Unies, d’intervenir pour la libération des otages. Sa réponse ne peut qu’irriter la Mauritanie, il aurait assuré, le 11, à l’Algérie « sa totale disponbilité pour rechercher les conditions d’une solution pacifique et juste du problème du Sahara occidental ».

Co-président du « Club des amis du Sahel », Moktar Ould Daddah est à Montréal les 31 Mai et 1er Juin pour ensuite déjeuner avec le président Giscard d’Estaing à Paris. Questionné sur une aide sénégalaise, il élude [18], puis s’entretient le lendemain avec le Roi à Rabat. Se succèdent à Nouakchott les fidèles voisins : les 16 et 17 Juin, Moussa Traoré en visite d‘amitié de Moussa Traoré [19], puis les 18 et 19, le Premier ministre sénégalais, Abdou Diouf en visite privée.

 Le 9 Juin, «  dans la simplicité et le recueillement, fête des forces armées et de sécurité » : Chaab titre sur  «  une armée qui a mérité la confiance ». Le 22, le Président de la République procède à l’Ecole inter-armes d’Atar au baptême de la promotion « colonel-Soueïdatt ». L’Ecole est dirigée par le colonel Ahmed Salem Ould Sidi. Est-ce la dernière rencontre entre le fondateur de la légitimité mauritanienne et l’un des martyrs de celle-ci ? (Le Calame du 11 Mars 2008 – chronique aniversaire de la tentative du 16 Mars 1981). Le lendemain, à Paris, Robert Galley déclare à l’Association française des journalistes que  «  la situation en Mauritanie est dangereuse ». De fait, le 3 Juillet, juste après une visite du colonel Dlimi, homme de confiance du Roi, nouvelle attaque du Front Polisario contre Zoueratte coordonnée avec une nouvelle tentative contre Nouakchott. Celle-ci avat été déjouée dans la nuit, le commando étant connu mais non repéré depuis l’avant-veille. Le Front Polisario communique : « maître du terrain et attaquant où et quand elle veut, l’armée populaire de libération sahraouie s’oppose à l’agression maroco-mauritanienne » mais la République sahraouie essuie un nouvel et spectaculaire échec diplomatique au sommet de l’Organisation de l’Unité africaine à Libreville, qu’elle avait cherché à impressionner. Une troisième attaque contre Zoueratte est lancée les 15 et 16 Juillet : sept heures de combat, cinq tués côté mauritanien, trente-sept côté sahraoui. Le 17, un avion Défender piloté par le lieutenant-colonel Abdelkader est abattu par le Polisario au nord-est de Zoueratte ; il peut se poser en catastrophe et cet autre futur martyr de la légitimité (Le Calame du 11 Mars 2008 – chronique aniversaire de la tentative du 16 Mars 1981), peut être recueilli par l’armée.

Pendant la bataille-même, d’importants changements sont effectués à la tête de l’armée mauritanienne « pour améliorer la qualité de l’encadrement supérieur par souci d’efficacité ». Le colonel M’Barek Ould Mohamed Bouna Moktar, ministre de la  Défense cumule sa respoonsabilité gouvernementale avec la fonction  de chef de l’état-major national. Le colonel Viah Oud Mayouf, jusques-là ministre de la Construction, reprend le commandement de la Tiris el Gharbia. Le colonel Ahmed Ould Bouceïf quitte la position de chef d’état-major pour la région militaire du Nord, et le colonel Mustapha Ould Mohamed Saleck quitte la direction de SONIMEX pour le commandement de la région d’Atar.

Ainsi l’accord de défense conclu avec le Maroc n’est nullement une inféodation mauritanienne [20] ; tout au contraire, la Mauritanie y gagne davantage d’initiative stratégique sans rien perdre d’un jeu diplomatique supérieur [21] à celui de Rabat où l’on pâtit des vieux antécédents de la revendication sur l’ensemble du Sahara jusqu’au fleuve Sénégal et à Saint-Louis et de la non-ratification du traité de Tlemcen signé en 1972 avec l’Algérie. La Mauritanie, un an avant le pustch du 10 Juillet 1978 – qui peut être considéré comme une « anti-fondation » – est encore intacte. Clôturant, le même 15 Juillet 1977, la session ordinaire de l’Assemblée Nationale, son président, Abdoul Aziz Sall déclare qu’ «  il existe un Etat mauritanien et un état d’esprit mauritanien. La guerre, que nous ne souhaitons pas, ne fait que renforcer l’un et l’autre ».

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[1] - il avait auparavant existé, dans chacune des colonies françaises d’Afrique occidentale, un conseil général, équivalant d’une « assemblée représentative territoriale », institué par décret du 25 Octobre 1946, mais un décret, antérieur de trois jours, avait imposé la condition de savoir lire et écrire en français pour être candidat à cette institution élective

[2] - l’UPM confirme la défaite du premier député de Mauritanie, l’année précédente : Horma Ould Babana en obtienant 17 sièges tandis que l’Entente, le parti de celui-ci n’en emporte que 4 et les indépendants 3

[3] - les abstentions passent de 42% en 1956 (pour la réélection de Sidi El Moktar N’Diaye comme député à l’Assemblée nationale française) à 28, 60% et l’U.P.M. emporte 33 sur les 34 sièges (le dernier allant à un indépendant) par 250,000 voix contre 13,000 à des listes d’opposition (Bloc démocratique du Gorgol, Union pour la défense des intérêts du Guidimaka, Indépendants)

[4] - première circonscription (nord du pays) -- tête de liste : Moktar Ould Daddah ; 19 sièges à pourvoir - inscrits 178.146 - votants 165.554 soit 92,2%, dont 164.871 voix pour le PRM
deuxième circonscription (sud du pays) -- tête de liste : Sidi el Moktar N'Diaye ; 21 sièges à pourvoir - inscrits 299.683 - votants 187.297 soit 88,4%, dont 185.255 voix pour le PRM
[5] - constitution d'un bureau exécutif : Bouyagui Ould Abidine, président - Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, secrétaire général - Yahya Ould Menkouss, secrétaire à la presse - Bamba Ould Yezid, organisation des femmes - Yahya oul Abdi, travail et jeunesse - Douahi Ould Mohamed Saleck, organisation du parti - Sidi Mohamed Ould Biya, trésorier général - Heiba Ould Hamody, trésorier adjoint

[6] - 9 Septembre 1958 - circulaire du secrétaire général du PRM, Moktar Ould Daddah : "faire voter partout et par tous oui et rien que oui"

[7] - du 6 au 8 Février 1959,   à Nouakchott se réunit le Comité directeur. Il préconise l’indépendance mauritanienne assortie de relations économiques avec le Sénégal et le Soudan, des élections générales avant l'adoption de toute Constitution, et décide d’attaquer en diffamation toute personne qui proclamerait que la Nahda est un parti marocain – un congrès du parti aura lieu à Aioun-el-Atrouss (lieu également élu par le comité exécutif du PRM le 17 Juin suivant, pour y tenir le congrès du parti gouvernemental au début de 1960…)

[8] - 28 Février 1959, circulaire du secrétaire général du PRM sur les "contacts politiques" avec la Nahda
 
[9] - le 20 Mai 1959, soit trois jours après le scrutin, Radio-Dakar diffuse un communiqué de la section PRM de Dakar favorable à la Fédération du Mali, communiqué émanant de ses cinq délégués eu Comité exécutif du parti – à quoi réplique dès le lendemain et par écrit, Moktar Ould Daddah en tant que secrétaire général du PRM :  " votre communiqué constitue un appel public à la dissidence du Parti … des membres du Comité exécutif jugent utile de faire rebondir une affaire que nous pensions avoir clarifiée et résolue pour de bon, et cela parce que d'aucuns se croient lésés lors des dernières investitures "


[10] - avec pour bureau provisoire : Souleymane Ould Cheikh Sidya, président - Hadrami Ould Khattri, secrétaire général - Mohamed Ould Abass, secrétaire général adjoint - Hassane Ould Salah, secrétaire administratif -Abdallahi Ould Dimam, trésorier général - Mohamed Abdallahi Ould El Hassen, propagande - Ahmed Ould Ely el Kory - Yacoub Ould Boumediana - Ba Abdoul Aziz, délégué à la presse

[11] - depuis le départ au Maroc de Fall Ould Oumeïr – ce dernier " absent pendant deux sessions consécutives ", a même été considéré, le 2 Décembre 1958 comme démissionnaire de l'Assemblée
 
[12] - avec pour bureau provisoire : Hadrami Ould Khattri, président - Hassane Ould Salah, secrétaire général - Abdallahi Ould Limam, trésorier général - Mohamed Ghali, presse et propagande


[13] - session extraordinaire du 6 au 13 Avril 1964, entérinant les décisions de ce congrès, lui aussi extraordinaire par rapport aux statuts initiaux du Parti du Peuple mauritanien
 
[14] - il ne sera confirmé à Rabat et à Nouakchott que le 18 Juin sous l’appellation d’ « accord d’assistance mutuelle en matière de défense »   

[15] - ce ne sera que les 18 et 19 Juillet, que transporté par 3 Hercules 130, arrivera à Zoueratte le premier bataillon marocain à Zoueratte : 600 hommes. Les troupes marocaines sont présentes désormais à Dakhla, Bir Oum Greïne, Aïn Ben Tili et Nouadhibou mais le nouveau commandant de la région nord, le colonel Ahmed Ould Bouceïf indique qu’ « aucune tâche particulière ne leur a encore été assignée »

[16] - évaluée à 276 agents pour la S.N.I.M., auxquels ajouter ceux employés par COMINOR, soit au total 320 Français

[17] - créé le 13 Mars précédent, il n’existait jusques-là que sur le papier


[18] - le 30 Avril précédent, l’Algérie avait qualifié de très dangereux l’éventuel soutien militaire sénégalais à la Mauritanie – le 26, en effet, des propos d’Assane Seck, ministre sénégalais des Affaires étrangères, avaient présenté le renforcement militaire de son pays comme une aide possible aux troupes mauritaniennes à la frontière nord

[19] - ce qui est suivi, le 18 Juillet, à Nara au Mali), d’une rencontre d’Ahmed Ould Mohamed Salah avec le ministre malien de la Défense au sujet des infiltrations du Polisario

[1] - Moktar Ould Daddah révèle dans ses mémoires : La Mauritanie contre vents et marées (Karthala . Octobre 2003 . 669 pages), p. 477  qu’« il s’est agi d’abord d’une disposition spéciale de l’accord de défense signé  à Nouakchott, entre nos deux pays, le 3 Mai 1977. Il s’agit de la disposition selon laquelle si l’autorité légale de l’une des parties est dans l’impossibilité d’agir normalement pour requérir l’intervention de l’autre, cette dernière interviendrait automatiquement. Voyant dans cette disposition un abandon de souveraineté, je l’ai refusée contre l’avis de tous mes collaborateurs. Pour me convaincre, le Roi m’a cité son propre exemple à Skhirat où, pendant plusieurs heures, il lui était impossible de donner le moindre ordre.  “... Si j’avais eu un allié auquel j’aurai été lié par la clause que je vous propose, il m’aurait automatiquement secouru et délivré ...”.              Par fidélité aux principes et par jalousie de l’indépendance et de la dignité de mon pays, j’ai maintenu mon refus et la clause en question n’a pas été incluse dans l’accord. »

[1] - Moktar Ould Daddah le fait remarquer, op. cit. p. 476 : « Je dois à la vérité de dire que, durant cette période, combien cruciale pour nos deux pays, le comportement du Roi à notre égard futest irréprochable. Bien sûr nous sommes alliés, mais deux alliés dont l’un est faible, menacé dans son existence même puisque l’ennemi concentre ses attaques contre lui pour l’abattre en tant que maillon faible de l’alliance. Donc, un allié faible qui, pour résister, est obligé de faire constamment appel à l’autre allié, le plus fort, pour lui demander son aide en moyens humains et matériels.
                Durant cette période - combien pénible pour nous -, le Roi ne cessa de faire preuve de délicatesse, de finesse psychologique. Il comprenait parfaitement ma grande gêne d’être sur le plan militaire toujours en position de demandeur. Aussi, avec beaucoup de savoir faire, s’employa-t-il à me mettre à l’aise. C’est ainsi qu’à chaque rencontre, il me répétait : “... en aidant la Mauritanie à se défendre, j’assure la défense éloignée du Maroc. En vous aidant à défendre Zoueratte ou Nouadhibou, je défends Agadir, Marrakech ou même Rabat... » Ce leitmotiv revient constamment, non seulement dans nos tête-à-tête, mais aussi en présence de nos collaborateurs civils et militaires.
                Mais, si nous étions plus faibles militairement que nos alliés, il n’en était est pas de même sur le plan diplomatique. En effet, grâce à la crédibilité dont jouit notre pays à l’extérieur et, particulièrement en Afrique, crédibilité sans commune mesure avec son poids spécifique, grâce aussi aux solides liens d’amitié qui me liaient à un grand nombre de collègues pour plaider le dossier saharien devant les instances et les gouvernements africains. La République Islamique de Mauritanie était beaucoup mieux placée que le Maroc pour plaider le dossier saharien devant les instances internationales et les gouvernements africains.  Ainsi, par exemple, à l’Ile Maurice, en 1976, c’est grâce à la délégation de la République Islamique de Mauritanie fermement soutenue par des délégations amies - celle du Maroc étant absente - que le sommet a rejeté le projet de résolution proposé par le Conseil des Ministres, projet qui condamnait la politique saharienne du Maroc et de la Mauritanie. Le Président Senghor joua un rôle déterminant dans la discussion de la question.
                Ce rôle diplomatique de la Mauritanie, Hassan II le reconnaissaitt sans complexe et le mettait en exergue. Il en faisait un second leitmotiv qu’il répètait aussi souvent que le précédent, toujours dans le but de me mettre à l’aise. Fréquemment, il rappellait le que la guerre qui nous est imposée par l’Algérie comporte deux volets complémentaires aussi importants l’un que l’autre : le volet militaire et le volet diplomatique. Le Roi précisait en effet que “... si le Maroc a plus de moyens humains et matériels, la République Islamique de Mauritanie a une diplomatie particulièrement dynamique et efficace ... Donc, chacun des deux alliés supporte bien sa part du fardeau commun...”.
 

journal de maintenant - vendredi 1er août 2014

jeudi 31 juillet 2014

Israël-Palestine - appel d'une très grande israëlienne

Appel d’une grande dame israélienne pour des sanctions contre son pays
27 juillet 2014


Nurit Peled-Elhanan, professeur de littérature à Jérusalem, a perdu sa fille de 14 ans dans un attentat Palestinien. Elle milite pour la paix. Lauréate du prix Sakharov et du prix Paul K Feyerabend (http://pkfeyerabend.org/2013/05/20/dr-nurit-peled-elhanan-israel-laureat-du-prix-paul-k-feyerabend-2007) elle fait un appel vibrant à sanctionner son pays jusqu’à ce qu’il cesse d’opprimer les Palestiniens:

« S’il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu’à ce qu’il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d’apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes »
par Nurit Peled-Elhanan*

Chers amis et militants de la paix 
Je vous écris depuis la bouche de l’enfer. Génocide à Gaza, pogroms et massacres en Cisjordanie et la panique des roquettes sur Israël. Trois colons israéliens enlevés et tués, et la police qui a été informée immédiatement n’a rien fait. Leur mort a été utilisée comme un prétexte pour mener l’assaut planifié à l’avance sur la Cisjordanie et Gaza. Un garçon palestinien de Jérusalem enlevé et brûlé vif et la police, immédiatement informée, ne fait rien. Plus de 200 victimes dans le raid sur Gaza. Des familles entières tuées par les pilotes israéliens, et pour résultat, des bombardements de roquettes sur tout Israël . Le racisme dangereux et violent contre des citoyens israéliens arabes, encouragé avec enthousiasme par les ministres israéliens et des membres du Parlement, conduit à des émeutes dans les rues, engendre l’agressivité et de graves discriminations contre les Palestiniens, avec une violence renouvelée qui éclate contre les militants de la paix juifs. 
Malgré les accords, les résolutions internationales et les promesses israéliennes, les colonies se développent – tandis que les maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont constamment détruites. L’eau coule sans limitation dans les piscines des colonies, tandis que les enfants palestiniens sont assoiffés et que des villages et des villes entières vivent sous un régime cruel de distribution d’eau, comme cela a été récemment souligné par le président Schultz. Des routes de ségrégation réservées pour les Juifs seulement et de nombreux points de contrôle rendent la vie et les déplacements des Palestiniens impossibles. Le caractère non démocratique de l’Etat d’Israël est de plus en plus en train de se transformer en un Etat d’apartheid dangereux. Toutes ces atrocités ont été conçues par le même esprit diabolique et criminel – l’esprit de l’occupant raciste et impitoyable de la Palestine. 
Par conséquent, la responsabilité de tous ces crimes contre l’humanité doit être imputé à qui de droit : sur les mains sanglantes des dirigeants politiques racistes d’Israël , des généraux, des soldats et des pilotes, des hooligans de la rue et des membres de la Knesset. Tous sont coupables de l’effusion de sang et devraient être traduits devant la Cour pénale internationale de justice. 
A ce jour, la communauté internationale n’a pas fait assez pour arrêter le régime d’occupation israélien. Les pays européens l’ont sévèrement critiqué alors que dans le même temps , ils continuaient à coopérer pleinement avec Israël, économiquement, politiquement et militairement. En conséquence, Israël ne paie pas de prix pour ses graves violations du droit international et des valeurs humaines. 
Au contraire, c’est l’Europe qui paie pour la plupart des dommages humanitaires de l’occupation, ce qui rend encore plus facile pour Israël de la maintenir. Bien que les directives aient été émises interdisant aux institutions de l’UE de sponsoriser ou de financer les organismes de recherche et les activités dans les colonies et que 20 pays européens aient publié des avertissements officiels à leurs citoyens et aux entreprises, à l’encontre des relations commerciales et financières avec les colonies, ce n’est pas suffisant. 
Ces mesures ne remettent pas sérieusement en cause la politique israélienne en Palestine occupée. L’Europe pourrait faire beaucoup mieux, ainsi que l’illustre sa réponse dure à l’annexion par la Russie de la Crimée. En quelques semaines, l’Union européenne a imposé des sanctions ciblées sur les responsables russes et ukrainiens et entreprises commerciales en activité en Crimée. L’UE est allée encore plus loin et a élargi les sanctions en interdisant l’importation de marchandises de Crimée. 
Nous, les citoyens d’Israël et les apatrides de la Palestine, ne pouvons pas réaliser la fin de l’occupation et arrêter le bain de sang par nous-mêmes. Nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier. Nous avons besoin de vous pour poursuivre en justice le gouvernement et l’armée israélienne, nous avons besoin de vous pour boycotter l’économie et la culture israélienne, nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement à cesser de tirer profit de l’occupation et nous avons besoin d’appeler à un embargo des armes contre Israël et à lever le siège de Gaza. 
Israël est la plus grande et la plus dangereuse organisation terroriste existant aujourd’hui. Toutes ses munitions sont utilisées pour tuer des civils innocents, femmes et enfants. Ce n’est rien de moins qu’un génocide. Comme lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen pour les Droits de l’Homme, en tant que mère et en tant qu’être humain, je demande à l’UE d’utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour aider à sauver mon pays de cet abîme de mort et de désespoir dans lequel nous vivons. 
S’il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu’à ce qu’il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d’apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes. 

Nurit Peled-Elhanan

commune humanité - Irak un incident mineur ??? selon ceux qui ont déjà vécu une telle dépossesssion


IRAK. "APPEL A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE POUR SAUVER LES CHRETIENS D'IRAK", A L'INITIATIVE DE PERSONNALITES ET DE MILITANTS ASSOCIATIFS DE L'EMIGRATION EN FRANCE.
nous sommes tous des humains, ce n'est pas notre religion ou notre origine qui nous fait exister, mais notre humanité commune

Depuis quelques semaines – et particulièrement ces derniers jours – , une population entière de chrétiens d’Irak fait l’objet d’une extermination ethnique et religieuse déclarée, au nom de l’islam, de la part des troupes barbares de l’EIIL (Da‘ich). Femmes, hommes, enfants, civils et religieux sont expropriés, dépossédés de leurs biens, pourchassés de leurs maisons, de leur terre, ou tout simplement lâchement assassinés. A Mossoul, des églises et des bibliothèques sont brûlées. Et le monde entier ne semble pas s’en émouvoir outre mesure, comme s’il s’agissait d’un incident mineur, d’un dommage collatéral ! Le massacre impuni prend de l’ampleur, s’approche de Bagdad et s’étend à la Syrie, et personne ne semble en mesurer la gravité ni se soucier de l’arrêter !

Au nom des hautes valeurs de la liberté de culte, des droits fondamentaux de l’humain, au nom du droit à la vie, au nom du droit inaliénable à une terre et à une nationalité :

Nous, citoyen(ne)s maghrebin(e)s, associations et organisations signataires de cet appel, conscients que l’injustice et la barbarie doivent être combattues au Maghreb, à Gaza, comme ailleurs, interpellent les gouvernements des pays arabes, la communauté mondiale, musulmans, juifs, chrétiens, croyants, non-croyants, libres penseurs…, ainsi que les institutions et les instances internationales (ONU, Ligue arabe…), et les pressent à réagir vivement, à condamner énergiquement ce qui se passe sous nos yeux et à intervenir concrètement pour mettre fin aux souffrances d’une communauté entière dont le seul tort est d’être chrétienne, en la rétablissant dans son droit.

Paris le : 28/07/2014.
Pour tout contact : cherbib@gmail.com

Premiers signataires :

Associations / Organisations
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie – CRLDHT
Association des Travailleurs Maghrébins en France – ATMF
Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR
Association des Marocains en France – AMF
Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT
Association des Tunisiens du Nord de la France – ATNF
Association Vérité et Justice pour Farhat Hached - AVJFH
Association Femmes plurielles

Personnalités :
Hichem Abdessamad, Traducteur
Chérif Ferjani, Universitaire
Mohammed Khénissi, ancien directeur de centre de Formation
Sophie Bessis, Historienne
Abdallah Zniber, ancien Président de l’association Immigration Droit et Démocratie – IDD
Tarek Benhiba, Conseiller Régional – Ile de France
Alima Boumedienne Thiery, Avocate ancienne Parlementaire
Mourad Allal, Directeur d’Organisme de Formation
Souad Chaoui, Présidente de l’AMF
Driss El Kherchi, Président de l’ATMF
Tewfik Allal, Militant associatif
Fathi Tlili, Conseiller Municipal – Aubervilliers
Adel Ltifi, Historien
Mohamed Bensaid, Médecin, Militant des droits de l’Homme
Nacer Jalloul, Militant associatif
Mouhieddine Cherbib, Militant des droits Humains
Claudette Scemama-Ferjani