mercredi 2 juillet 2014

chronique d'Ould Kaige - déjà publié par Le Calame . 5 Août 2008



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Le coup du10 Juillet 1978

Une analyse personnelle



Avertissement – affecté à l’ambassade de France au Portugal à l’automne de 1975, je n’étais pas retourné en Mauritanie depuis le congrès extraordinaire du Parti en Août et le quinzième anniversaire de l’Indépendance en Décembre, et je n’avais pas non plus revu le Président, quand – à ma stupéfaction – le lundi 10 Juillet 1978, à Rome où je me trouvais en mission, je vois la manchette du journal Le Monde. Je n’ai ensuite aucune nouvelle directe de la Mauritanie, sauf les nouvelles de la presse française, jusqu’en Juillet 2001, époque à laquelle je raccompagne Moktar Ould Daddah et Mariem, pour leur retour d’exil à Nouakchott. Le Président, dès son arrivée en Octobre 1979 en France, m’avait entretenu de ce qu’il avait vêcu du coup, dans des termes analogues quant au fond à ce que donnent ses mémoires [1], mais sur un ton beaucoup plus vif. A propos notamment de la légitimité. J’ai depuis enquêté, auprès des anciens ministres et collaborateurs du père-fondateur, dans les dossiers de presse en France me mettant à jour des éphémérides jusqu’à aujourd’hui, et enfin auprès des pustchistes eux-mêmes. Le colonel Mustapha Ould Mohamed Saleck a accepté d’être publié dans ces colonnes les 8 . 15 et 22 Juillet. J’espère que le colonel Mohamed Khouna Ould Haïdalla consentira aussi à la publicité de notre conversation. – Il me reste encore à rencontrer certains acteurs. Mais les colonels Ahmed Ould Abdallah ou Cheikh Ould Boïda sont morts, et aussi les exemplaires colonels Ahmed Salem Ould Sidi et Mohamed Ould Abdel Kader dit Kader, fusillés en Mars 1981. Et je n’ai pas les moyens d’aller au Qatar. L’exilé, qui a presque égalé le père-fondateur en longévité au pouvoir, tentera-t-il de l’approcher ? en rédigeant, lui-même aussi, ses mémoires ? – Je donne ce que je crois avoir compris.

Trois séries d’observations : la crise, le coup, les conséquences

I – La crise

Au début de Juillet 1978, la Mauritanie est en crise, mais ce n’est pas la première fois et les différents fronts que doivent tenir ses dirigeants et son peuple, sont loin d’être enfoncés.

La guerre du Sahara [2], rétrospectivement et surtout pour l’extérieur, est présentée comme la cause décisive de la chute de Moktar Ould Daddah et de son régime. Ce n’est pourtant pas le seul motif, ni même le principal, que se donnent les putschistes par leur communiqué de l’époque et selon ce qu’ils confient maintenant. Pour eux, l’évolution de la Mauritanie était bloquée à tous égards, le pays allait mal, le pouvoir en place n’en répondait plus.

Pourtant…

Le front militaire tenait – après les alertes terribles de la si difficile prise de la Guerra en Décembre 1975 et les coups de main au seuil de la capitale, le premier opéré par le secrétaire général fondateur du Polisario, le 8 Juin 1976 et le second, le 3 Juillet 1977, ainsi que la prise d’otages à Zoueratte, le 1er Mai 1977. Le concours aérien de la France y était pour beaucoup plus que la présence des troupes marocaines, notamment à Akjoujt, peu mobiles et pas très bien « vues » des Mauritaniens. L’armée nationale faisait l’essentiel, sa combativité était diverse, mais n’a jamais été mise en cause. Il y a eu beaucoup d’héroïsme. A ma surprise, la Mauritanie n’a jamais élaboré une stratégie de contre-offensive ou d’exercice du droit de suite. Le si regretté commandant Soueïdatt Ould Wedade eût excellé en coups de main, notamment vers les sites pétroliers de l’Algérie, et eût déstabilisé les mouvements de repli vers Tindouf des agresseurs, et peut-être menacé certains de leurs camps, là-bas. Moktar Ould Daddah était, en fait, moralement et intellectuellement, tenu par son analyse de la guerre : un conflit imposé du dehors par l’Algérie, selon un plan cyniquement exposé par Boumedienne recevant le président mauritanien à Béchar le 10 Novembre 1975. A l’agression, la Mauritanie ne répondrait pas par l’agression.

L’économie était physiquement fragile puisque l’essentiel des ressources venait à l’époque des mines de fer, que leur site et le chemin de leur exploitation étaient particulièrement exposés. On ne comptait pas les sabotages et la production en 1977-1978 était loin des records de 1974, mais le déficit commercial – important – était dû bien davantage à la conjoncture et aux prix sur les marchés internationaux qu’à la baisse de la production. Le crédit mauritanien, essentiellement fonction de la diplomatie incarnée par Moktar Ould Daddah, restait intact, à preuve la négociation du financement des guelbs aboutissant à la veille du putsch et la réunion à Paris des 27 et 28 Janvier 1978 avec les bailleurs de fonds conduits par la Banque mondiale. Les rapports de celle-ci et ceux du Fonds monétaire international ont une période de revue qui coincide avec le changement de régime : ils montrent que ressources et crédit existaient [3]. Les militaires en ont profité à leurs débuts, Moktar Ould Daddah leur rappela même des engagements personnels qu’avaient pris certains de ses homlologues envers lui et dont bénéficièrent, à sa demande, ses « successeurs ». Sans doute, la trésorerie était périlleuse. Ce n’était pas la première fois, et ce n’a pas été la dernière.

Le front diplomatique tenait aussi puisque la conclusion du sommet de l’O.U.A. à Khartoum (19 au 21 Juillet) pendant que les militaires prenaient le pouvoir à Nouakchott, n’est pas du tout favorable ni au Polisario ni à l’Algérie, malgré la présence dans les couloirs d’une délégation saharouie que l’Angola demande formellement de recevoir. Un comité des sages pour le Sahara occidental, est au contraire institué selon la demande d’Ahmed Osman, Premier ministre marocain et à l’initiative du Mali. La République arabe sahraouie démocratique n’est pas reconnue, et l’Organisation continentale refuse son dessaisissement au profit des Nations unies, que demandait le colonel Boumedienne.

Les causes réelles me paraissent à chercher du côté du pouvoir, ce qui est délicat à dire et demeure des suppositions qui me sont personnelles. Mais je dois aussitôt affirmer que toutes les chances d’une évolution positive demeuraient – l’effet irréversible du coup militaire a été d’empêcher cette évolution. La chance ne s’en est pas représentée, contrairement à ce qui a été cru par beaucoup en 1985-1986 et peut-être à ce qui était unanimement espéré en 2005-2007.

En Juillet 1978, le pouvoir gardait tous les moyens de ramener le pays vers des temps calmes et même vers une conclusion très constructive, notamment en matière institutionnelle, que n’aurait pas empêchée le conflit saharien. De ce conflit, je reste convaincu que Moktar Ould Daddah était le plus à même de trouver, à la longue, les solutions de manière à ce que personne ne perde la face. C’était d’ailleurs l’opinion de la plupart des Mauritaniens, alors. La mort de Houari Boumedienne – le 27 Décembre 1978 – si peu après le coup militaire à Nouakchott, aurait été une opportunité décisive. Le roi du Maroc – témoignage de Mustapha Ould Mohamed Saleck (Le Calame – 22 Juillet 2008) – était ouvert alors à des solutions qu’il n’a plus envisagées ensuite. La Libye n’avait pas reconnu la République sahraouie, ni évidemment la Tunisie.

Les haines et jalousies de personnes n’ont jamais cessé envers Moktar Ould Daddah depuis 1957 (et même avant, puisqu’il manqua l’investiture pour l’Assemblée de l’Union française, au bénéfice de Souleymane Ould Cheikh Sidya, et selon ce que j’ai entendu d’Ahmed Baba Ould Ahmed Miske, haines et jalousie de jeunesse, de famille – comme dans les tragédies antiques). Il semble qu’elles s’étaient avivées à proportion d’une véritable apogée politique du Président en 1975, qu’elles gardaient un fond tribal : l’Est et le Nord contestant le Trarza et le Trarza, comme toujours, divisé contre lui-même, sinon même la propre famille de Moktar Ould Daddah, et les militaires en usèrent… En sus, était apparue une jeune classe de civils, pourtant honorés et placés déjà aux postes de décision – c’est l’énigme du parcours de Sid’Ahmed Ould Bneijara, voire d’Ismaël Ould Amar – à ne pas confondre avec les universitaires ralliés entre 1969 et 1971. Je pense que le Président aurait pu les intégrer d’âme sans trop de difficultés, comme il avait su le faire à tant de reprises depuis 1957. D’ailleurs, des ennemis tenaces comme Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf (son attitude au moment de la négociation à Paris des accords de coopération, son opposition explicite et motivée – que j’ai d’ailleurs considérée salubre – au Parlement, son retour au gouvernement comme ministre des Affaires étrangères du comité militaire) a fini par revenir au fondateur : il était en 2001 à la tête du comité réunissant les signatures et pétitions pour le retour d’exil de Moktar Ould Daddah.

Deux  circonstances me paraissent avoir été décisives, mais elles n’étaient ni durables ni irréversibles.

La première est une indéniable fatigue physique – et sans doute morale – du Président. Les proches l’attestent. Ce qui rendait moindre son rayonnement et faisait paraître plus crispées sans doute ses attitudes. La réunion du 3 Juillet [4] avec les militaires – que lui-même ne « sentait » pas – a été certainement désastreuse parce qu’elle a ruiné pour les auditeurs, pourtant de bonne volonté, malgré leur propre fatigue et ce qu’ils vivaient d’expérience au front, une crédibilité jusques-là intacte. On croyait à des perspectives, à des solutions, à des négociations. Moktar Ould Daddah traita les officiers en adultes. Sa propre angoisse était sans doute que sur le dos des combattants et d’un pays qui souffrait – évidemment – d’une guerre disproportionnée, il y avait l’agiotage, les carrières, les enrichissements. Son combat n’était pas militaire mais moral. La corruption l’accablait. Sa fatigue fut là.

La seconde est qu’à l’heure du danger – aussi bien à la veille de l’échéance saharienne, l’été et l’automne de 1975, qu’en pleine guerre, au début de 1978 – il n’existait plus l’outil et l’équipe qui avaient fait la force du pouvoir pendant si longtemps. Le comité permanent du Bureau politique national, cinq ou six personnes, ne fut plus reconduit en 1975. Les camarades de la première heure étaient rétrogradés même s’ils continuèrent de jouer des rôles décisifs : Ahmed Ould Mohamed Salah, à la veille du coup, était encore chargé de l’intérim présidentiel à chaque absence du chef de l’Etat et tenir l’Assemblée nationale (tâche dévolue à Abdoul Aziz Sall) n’était pas secondaire. Il manquait – selon moi, et selon beaucoup – Mohamed Ould Cheikh, estimé autant des officiers nationaux que des compagnons français. La crise de « gouvernance » était évidente et le congrès de 1978 ne fut pas celui d’un renouveau. Le Président en avait conscience, qui modifiait d’année en année, l’organigramme : le système aventuré, a priori, des ministres d’Etat supervisant mais frustrant les ministres du rang (en réalité, Moktar Ould Daddah commençait d’essayer la formule d’un Premier ministre d’abord pluriel), la place qui se cherchait du Conseil national et donc d’un contrôle et d’un organisme de proposition, propre au Parti, mais plus simple que le Congrès plénier.

Et je reste étonné qu’il n’y ait pas eu un comité de guerre propre à la Mauritanie et qui, probablement, eut fonctionné comme une extension à trois ou quatre officiers de l’état-major, du comité permanent du Parti. Car, rétrospectivement, la séparation mentale entre les responsables politiques et les responsables militaires avant le coup, est choquante. On ne communiquait pas, on ne se parlait guère. Deux clans de « promotionnaires » que n’unissait pas la gestion commune des périls… les futurs putschistes, au contraire, pratiquaient cet échange et c’est sans doute ce qui les amena à envisager le coup. Quelques civils, analysant à leur manière les situations financière et diplomatique, donnèrent aux militaires, en manque de moyens et frappés des souffrances et des pertes humaines, les arguments qu’ils ne savaient pas se formuler pour eux-mêmes. Moktar Ould Daddah, confiant dans le patriotisme des uns et des autres, se projetant sur ses compatriotes, se battant pour la dignité nationale de chacun, n’imagina pas alors le contre-discours.

Mais ses compatriotes – et moi, l’ayant écouté de 1965 à sa mort – nous savons bien que le fondateur avançait par étapes, pouvait sembler quelque temps enfermé dans ce qui n’était pas une immobilité mais une réflexion. Je crois que l’on était à la veille d’une révolution et de propositions, de politique intérieure, qui auraient changé toute l’ambiance, tandis que le front diplomatique – infranchissable pour le Polisario et l’Algérie – aurait progressivement révélé d’autres périmètres, avec le temps. Les solutions étaient de nouveaux chemins démocratiques, mais à la mauritanienne. Le jeudi 6 Juillet, soit le surlendemain ou le lendemain de la réunion avec les militaires, et ce ne fut pas une coincidence, mais un effet… Moktar Ould Daddah s’ouvrit à Ahmed Ould Mohamed Salah d’une mûe à laquelle il songeait depuis quelque temps – même processus de maturation que pour la réforme régionale ou la nationalisation de MIFERMA. Introduire la pluralité de candidatures aux élections, mais dans le cadre du Parti, et n’aller au multipartisme qu’en aboutissement d’un processus, d’abord essayé à l’Assemblée nationale.


II – Le coup


Le Président n’a jamais varié sur le cheminement de sa pensée entre le moment où il apprit – pour une énième fois – qu’un coup se préparait et celui de son arrestation.  « Je préfère me sacrifier moi-même et subir les conséquences prévisibles de la perte du pouvoir plutôt que de provoquer des heurts meurtriers et des divisions irréparables entre mes compatriotes et, en même temps, d’affaiblir nos combattants qui affrontent l’ennemi dans des conditions déjà difficiles. Etait-ce la meilleure décision ? L’Histoire la jugera peut-être. Objectivement, j’espère. Mais, ce qui compte avant tout pour moi, c’est le jugement divin. Que ce jugement me soit favorable dans l’au-delà.
Près de vingt quatre ans après, au moment de terminer l’ultime révision de ces Mémoires, je demeure encore dans la même manière de penser.
Je pouvais comprendre d’être devenu un obstacle aux yeux de certains, dont les militaires. Je pouvais donc être tenté de m’effacer volontairement, pourvu que continue notre lutte pour la réunification, peut-être de meilleure manière encore. En revanche, je ne pouvais imaginer que des nationaux mauritaniens, des officiers, laisseraient en quelques jours, semaines ou mois, tomber tout l’acquis de vingt ans de notre effort. Je ne pouvais imaginer qu’ils capituleraient. Ce manque d’imagination, que mes compatriotes veuillent bien me le pardonner. » [5]

La responsabilité du père-fondateur devant l’Histoire et devant ses compatriotes est, sans doute, là. La confiance… Moktar Ould Daddah ne pouvait envisager, avant Béchar, que Boumedienne avait continuellement caché sa pensée et l’avait pu parce que l’Espagne en se maintenant au Sahara, le dispensait de la dire. Il ne pouvait envisager que les militaires – qui se divisèrent d’ailleurs à ce sujet – abandonneraient le Sahara comme ils le firent. Ils le regrettèrent d’ailleurs. Ce n’était pas l’idée de Mustapha Ould Mohamed Saleck, le signataire de l’accord d’Alger quitta le comité et tenta de le renverser, enfin Mohamed Khouna Ould Haïdalla estime maintenant qu’il fut trompé à l’époque par le Polisario et par les Algériens [6]. D’ailleurs, pendant les cinq ou six ans qui suivirent, la Mauritanie resta, de fait, partie au conflit et soumise aux incursions autant des Marocains que du Polisario, et aujourd’hui elle reste concernée, au premier chef, par tout règlement et je n’ai pas rencontré ni dans les années 1970-1975, ni aujourd’hui, un seul Mauritanien qui doute que les Sahraouis sont des Mauritaniens. Quant aux vingt ans de dictature après lui et à la période qui commence peut-être ces semaines-ci, qui les aurait imaginés ?

Mustapha Ould Mohamed Saleck (Le Calame, 15 Juillet 2008) estime que le Président ne pouvait rien faire – et que celui-ci en fut conscient –  puisqu’il n’y avait plus à Nouakchott, les samedi 8 et dimanche 9 Juillet 1978, d’unités que celles sous le commandement de son neveu Djibril Ould Abdallah.

Je suis d’un avis contraire. L’aviation et la gendarmerie n’étaient pas dans le coup, cela fait du monde et cela fait des moyens. Ahmed Salem Ould Sidi et Abdel Kader, nommément, n’en font pas partie. Surtout, ce qu’envisagea le Président, me paraît, aujourd’hui plus encore, faisable : changer les responsables selon une annonce à la radio [7]. Les récits et témoignages concordent, les conjurés, surtout les militaires, n’étaient pas réunis ni physiquement ni mentalement, chacun était vulnérable, à commencer par le lieutenant-colonel Ahmedou Ould Abdallah, fer de lance. Celui-ci, dans l’après-midi du samedi, avait manifestement renoncé et les autres se terrèrent. Ils ne relancèrent les dés qu’en constatant qu’ils n’avaient pas été arrêtés dans la nuit du samedi au dimanche… Mustapha Ould Mohamed Saleck donne aujourd’hui tous les éléments pour donner rétrospectivement l’impression qu’il était gagnant dans les deux cas de figure. Et surtout, il était encore disponible pour le pouvoir en place quand commença la réunion du 3 Juillet des militaires autour du Président. A la tête des putschistes, si le coup finalement se faisait, mais légaliste si le coup avait été empêché. Sur qui – nommément – le Président se serait-il appuyé ? probablement sur les deux légitimistes qui, le 26 Mars 1981, ont payé de leur vie une telle atitude de fond, même s’ils avaient rallié – après coup – le comité. Il y avait aussi M’Bareck Ould Bouna Moktar, à plusieurs reprises chef d’état-major (il avait inauguré le poste) et même ministre.



III – Les conséquences


Elles sont avérées et indiscutées. Même les événements les plus actuels, me paraissent découler de 1978.

Sans doute la nationalisation de MIFERMA et la guerre du Sahara avaient entamé la confiance des investisseurs étrangers, mais, avant 1978, la Mauritanie était souveraine économiquement. Les divers plans de financement du pays et de sa dette, après 1978, ont domestiqué la Mauritanie, l’ont abonné aux revues périodiques des clubs de bailleurs de fond, et des décisions névralgiques – rejetées par l’opinion nationale – ont été prises en fonction de ces bailleurs dont les Etats-Unis : l’établissement des relations avec Israël. La corruption était avant 1978 le chantier permanent de Moktar Ould Daddah. Intrégrité personnelle sans équivalent sur le continent et sans suite : le crédit d’un pays se fonde là-dessus. Qu’au contraire il soit notoire que les représentants à Nouakchott des grands organismes internationaux se partagent les concours avec les dirigeants du moment, que la Banque centrale a une double comptabilité et que le produit des licences de pêche est hors budget pendant des années : alors, aucune politique n’est plus possible tant vis-à-vis de l’extérieur que des nationaux. L’affaire des avenants pétroliers au printemps de 2006, en pleine transition démocratique, l’a montré. La crise actuelle semble nourrie de soupçons du même genre. Le Président se sépara de plusieurs ministres des Finances ou de l’Economie : Bocar Alpha Ba, Birane Mamadou Wane, Moktar Ould Haïba, pour des enjeux qui n’ont pas la moindre mesure avec ce qui s’est constaté après 1978 et surtout à partir de 1985. Avec d’ailleurs un véritable jeu faisant que le garant ultime de la corruption qui se généralisait, usait de ce prétexte – surtout s’il était infondé – pour se débarrasser de ministres ou de collaborateurs un moment séduits. Le lecteur a les noms plus à l’esprit que moi, pour la période précédant la Constitution de 1991, ou pour éliminer un candidat à l’élection présidentielle de 1997.

Le second dérèglement majeur a été celui de la politique extérieure. La Mauritanie n’est jamais sortie du conflit saharien et elle en demeure une des issues possibles [8]. Elle était, malgré sa faible population, en position d’intermédiaire et pratiquement d’arbitre politique entre les quatre autres Etats du Maghreb arabe. A quelques semaines du coup, Moktar Ould Daddah était requis entre Habib Bourguiba et Mouammar Khadaffi. Sachant tout des deux adversaires Hassan II et Houari Boumedienne, leurs caractères respcetifs et le fond du contentieux politique, le Président était le seul capable de les concilier, et le Sahara a été bien moins que la Mauritanie – elle-même et la personne de celui qui l’incarnait avec tant d’évidence – le véritable enjeu de la guerre entre Algérie et Maroc, latente dès la décolonisation française [9]. Les relations bilatérales avec le Sénégal étaient difficiles du fait de l’origine et de la nature des deux Etats, mais le drame de 1989-1990 n’a été possible que par la fragilité du pouvoir politique de part et d’autre du Fleuve et que par la dégradation de l’unité nationale inter-ethnique en Mauritanie. Zélateur, parmi les premiers, de l’unité africaine, pèlerin de l’entente inter-Etats pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, unificateur économique de l’Afrique de l’Ouest [10], avocat de l’Afrique noire auprès des monarchies pétrolières du Golfe, Moktar Ould Daddah et l’exemplaire Mauritanie qu’il érigeait, ont manqué pour que soit poursuivie la construction. Le rythme a été beaucoup plus lent après 1978 et sortir de la Communauté ouest-africaine a été un contre-exemple. Que l’image et la pratique d’un pays « trait d’union entre l’Afrique noire et l’Afrique blanche » aient été brocardées, au plus haut niveau, après le coup d’Août 2005, montre combien les militaires avaient perdu de vue les éléments constitutifs du pays et de son image [11].

Le troisième dérèglement est aujourd’hui payé avec usure par les Mauritaniens. Le régime du parti unique de l’Etat – animé par Moktar Ould Daddah – n’a rien à voir avec le système qui a prévalu de 1991 à 2005 [12]. D’abord parce qu’il s’était établi consensuellement et qu’il avait montré sa capacité de rallier constamment les nouvelles générations sans perdre les anciennes. Ensuite parce qu’il était – en son sein et à tous ses niveaux – la transposition de la démocratie traditionnelle et des processus de décision dans les collectivités de toujours et selon l’Islam : la choura. Cela ne se met pas en constitution. Le texte de 1991, bâclé et à huis-clos, amendé superficiellement en 2006, n’était pas appliqué par ses rédacteurs et s’avère inapplicable aujourd’hui. Pour la raison simple que ce type de régime est importé et qu’il ne peut fonctionner qu’à deux conditions : la non-contestation des élections, une organisation des partis équilibrant à peu près majorité et opposition et apte à une alternance au pouvoir. La proposition de Moktar Ould Daddah depuis 1957 était de maintenir, quelles que soient les formes, un régime de consensus où l’élection et le vote ratifient mais ne décident pas. La décision se prend par contagion d’une conviction : au Bureau politique du Parti du peuple mauritanien, on n’a plus voté depuis l’automne de 1963, ainsi le secrétaire général pouvait, sans risque politique ni personnel, se rallier à une idée majoritaire qui n’était pas à l’origine la sienne. Ce régime fut d’ailleurs tel qu’il pouvait conduire à une certaine solitude du Président – notamment dans la conduite diplomatique de l’affaire saharienne – mais le génie mauritanien, d’une génération à l’autre, inspirait une vie politique sans modèle étranger. L’Afrique cherche une démocratie « occidentale » au moment où celle-ci, dans ses pays d’origine, est de moins en moins réelle vis-à-vis des intérêts économiques et financiers, et l’Afrique oublie qu’elle a eu son type de démocratie à elle. La Mauritanie, telle que je la vois encore aujourd’hui, ne peut fonctionner qu’ainsi. Les journées d’Octobre 2005 [13] l’ont montré. Ces semaines-ci le confirment a contrario. La censure parlementaire, la dissolution n’ont pas de prise sur les esprits. Depuis 1992, les élections – de type européen ou américain – sont contestées et ne produisent pas la légitimité de celui qui, nominalement, les emporte. Celles d’avant 1978 devaient au contraire leur sens à la légitimité préexistante de celui qui s’y présentait, et cette légitmité était construite par consensus bien antérieur au scrutin. Evidemment, oser être soi-même – comme la Mauritanie des années 1950, 1960 et même 1970, osa le faire – sans permission ni référence, n’est possible aujourd’hui que si les fondements de la légitimité sont clairs.

Or, depuis 1978, une donnée structure le champ politique et domine toutes les institutions : l’intervention des militaires, s’arrogeant la légitimité, quand Moktar Ould Daddah fut arrêté. Les tentatives successives de Mustapaha Ould Mohamed Saleck [14] puis de Mohamed Khouna Ould Haidalla [15] d’instaurer la démocratie furent interdites par leurs pairs, et quand ceux-ci abdiquèrent au profit de l’un d’entre eux, ce fut pour vingt ans d’une dictature trompeuse, sauf pour ses victimes. Les Portugais surent conclure la « révolution des œillets », militaire s’il en fût, par cette disposition constitutionnelle : « Les forces armées obéissent aux organes de souveraineté compétents, conformément à la Constitution et à la loi. Les forces armées sont au service du peuple portugais. Elles sont rigoureusement non partisanes et leurs éléments ne peuvent profiter de leur arme, de leur poste ou de leurs fonctions pour toute intervention politique. » article 275 de la Constitution du 2 Avril 1976.

Enfin, une des manières les plus continues du Président était l’amalgame. Celui des générations, celui des métiers pour une ouverture et une compréhension mutuelles. Des militaires, gouverneurs de région et secrétaires fédéraux du Parti, voire directeurs de sociétés publiques. Un enseignant puis un médecin, ministres successifs de la Défense et par temps de guerre. Un Bureau politique élargi jusqu’au patronat et en fait aux opposants, sinon aux comploteurs.  A partir de 1978, au contraire, les militaires excluent les civils, les Maures leurs compatriotes du Fleuve, les gens du nord fraternisent avec le Polisario au risque de la sécession du sud, les F.L.A.M. ravivent des analyses plus fondées vingt ans après leur énoncé, qu’à leur origine. Ce qui aboutit à l’obsession de putschs et contre-putschs entre militaires de 1981 à 1987 et aux massacres d’Octobre 1987 et de Novembre 1990, aux drames de Mai 1989 à Nouakchott et à Nouadhibou, à des mépris mutuels tellement répandus que j’eus le choc, au retour d’exil du Président, de constater que beaucoup de Mauritaniens avaient contracté une maladie inimaginable avant 1978 : la honte.

Pour la réunification comme pour la vie politique nationale, Moktar Ould Daddah était un pacifique. Il n’avait d’intransigeance que pour les principes : l’Etat-nation mauritanien, la rigueur personnelle de ses responsables.



[1] - Moktar Ould Daddah, commence ses mémoires (La Mauritanie contre vents et marées Karthala . Octobre 2003 . 669 pages – disponible en arabe et en français) par le récit de ce qu’il a vêcu du putsch pp. 20 et ss.

[2] - ibid. pp. 639 & ss.

[3] - Moktar Ould Daddah l’établit minutieusement , ibid. op. cit. pp. 611 notamment - et nous en avons ensemble constitué la documentation – elle est publique. Les séries statistiques ne montrent pas une dégradation sensible en 1977 et 1978 par rapport aux années de paix. Voir notamment Fonds monétaire international . SM 78 172 du 3 Juillet 1978 & Banque mondiale – Mauritanie : développements économiques récents . Rapport MAU 2479 du 4 Juin 1979
[4] - un compte-rendu doit en exister, qu’il sera intéressant de publier. La date du 3 n’est pas certaine. Le Président l’a établie avec moi. La réunion n’était pas connue par les politiques à l’avance et sa tenue ne fut pas publiée. 3 ou 5. C’est par erreur qu’interrogeant Mustapha ould Mohamed Saleck, j’ai dit 5 Juin.

[5] - Moktar Ould Daddah, op. cit., p. 19

[6] - conversation du 2 Décembre 2005

[7] -  « La première idée qui me vient à l’esprit est, tout naturellement, de chercher à déjouer le plan des putschistes. Comment ? En réunissant le jour-même un Conseil des Ministres extraordinaire pour y procéder, conformément à la procédure légale en vigueur, au remplacement de ceux des responsables militaires dont la nomination en relève : le ministre de la Défense Nationale se chargeant du cas de ceux qui relèvent de sa compétence. La diffusion à la radio de la liste des officiers relevés et de celle de leurs remplaçants aurait probablement suffi à prendre de vitesse les putschistes et donc à déjouer leur plan. De prime abord, une telle solution me tente » .  ibid. op. cit. p. 18
[8] - ainsi, à l’automne de 1998, la rumeur d’une proposition de James Baker, entré dans le dossier pour les Nations Unies : rétrocéder à la Mauritanie la Tiris El Gharbia pour qu’elle s’en débrouille avec le Polisario

[9] - les chapitres 16 et 17 des mémoires de Moktar Ould Daddah sont un récit – sans équivalent dans les ouvrages de diplomatie interafricaine ou interarabe, et même dans les souvenirs de chefs d’Etat « occidentaux » – des relations de personne à personne entre Hassan II et Boumedienne, op. cit. pp. 451 à 500

[10] -  la CDEAO est fondée par les chefs d’Etat les 21-22 Avril 1978 à Lagos

[11] - Jeune Afrique – L’intelligent n° 2334 du 2 au 8 Octobre 2005

[12] - contrairement à ce qu’a prétendu obstinément Ely Ould Mohamed Vall, président du C.M.J.D. : Jeune Afrique – L’intelligent n° 2376 du 23 au 29 Juillet 2006

[13] - principalement organisées par Habib Ould Hemet, ministre secrétaire général de la présidence du Conseil militaire pour la justice et la démocratie, les journées des 25 au 29 Octobre 2005 sont un modèle de travail consensuel  transcendant les partis et les institutions constitutionnelles – elles ont fait de leur zélateur un expert recherché depuis un an pour les retours à la démocratie et à la légitimité en Afrique et dans la nation arabe

[14] - installation d’un Conseil national consultatif prévu pour le 5 Avril 1979

[15] - projet de Constitution publié le 19 Décembre 1980 après adoption le 16 par le Comité militaire

journal de maintenant - mercredi 2 juillet 2014

----- Original Message -----
From: 
Sent: Thursday, July 03, 2014 2:35 AM
Subject: Du mépris de MOAA pour tous

Bonsoir,
MOAA vient d'annoncer qu'il va se faire "investir" le 2 août prochain. Le lendemain, 3 août, sera l'anniversaire de son coup de force contre Maaouya. Il le "commémore" donc, ostentatoirement, exactement comme en 2009; il avait  marqué l'anniversaire de son putsch abject contre le premier président démocratiquement élu(qui l'avait limogé le plus légalement du monde), en se faisant "investir" le 5 août, la veille de ce triste anniversaire.
L'homme exprime ainsi tout le mépris qu'il affiche vis-à-vis de la démocratie en général, des démocrates mauritaniens et, naturellement, des grandes nations démocratiques qui ont accepté qu'il foule la démocratie du pied, contre une lutte contre le terrorisme qui reste, somme toute, fort hypothétique.

mardi 1 juillet 2014

chronique d'Ould Kaïge - déjà publié par Le Calame . 29 Juillet 2008



30 .



10 . 20 . 28 Juillet 1978

Les militaires prennent le pouvoir, sans coup férir à l’intérieur
& sont reconnus internationalement



Avertissement – avant de proposer une analyse personnelle du putsch du 10 juillet 1978 et de ses conséquences pour la Mauritanie et pour les Mauritaniens, il me semble que la simple présentation des faits, dans leur déroulement chronologique, et surtout les déclarations de l’époque – à rapporter aux indications rétrospectives des principaux acteurs du coup, dont Le Calame a commencé la publication – sont nécessaires pour la mémoire collective.



Le lundi 10 Juillet 1978, à l’aube, les membres du Bureau politique national et du gouvernement sont arrêtés à leur domicile respectif. Premier d’entre eux – à quatre heures du matin –, le président de la République, secrétaire général du Parti unique de l’Etat, à qui son propre aide-de-camp signifie que les forces armées lui retirent leur confiance (sic [1]) : il est mené au camp du Génie, où l’ « accueille » le capitaine Athié. Moktar Ould Daddah allait s’envoler dans la journée pour Khartoum, où va se tenir le sommet de l’Organisation de l’Unité africaine. Mariem, son épouse, est à Dakar depuis trois jours, pour un congrès de juristes. Les enfants dorment encore à la résidence.
Les communiqués se succèdent dans la matinée : « les forces armées, dépositaires en dernier recours de la légitimité nationale, conscientes de leurs responsabilités ont pris le pouvoir, ou plutôt ont repris le pouvoir à ceux qui l’ont lâchement spolié pour sauver le pays et la nation de la ruine et du démembrement, pour sauvegarder l’unité nationale et défendre l’existence de l’Etat » - « dissolution » de la Constitution, du Gouvernement, du Parlement, du Parti du peuple. « Le Comité assume tous les pouvoirs jusqu’à la mise en place d’institutions démocratiques » et demande «  à la population d’observer le calme et la discipline et d’obéir aux consignes qui seront données par la radio ». Il est assuré que  la Mauritanie aura un gouvernement civil qui appliquera la loi islamique et qu’elle respectera ses engagements islamiques, arabes et internationaux.
Le couvre-feu est instauré de 18 heures à 6 heures du matin
Dans la soirée, publication par Radio-Mauritanie [2] de la composition du « comité militaire de redressement national » C.M.R.N. (orthographe publiée – souvent incorrecte) : président lieutenant-colonel Mustapha Ould Mohamed Salek – membres  : les lieutenants-colonels Ahmed Salem Ould Sidy, Mohamed Mahmoud Louli, Mohamed Khouna Ould Haïdalla, Maaouya Ould Sid Ahmed Taya, Cheikh Ould Baida, Ahmed Ould Abdallah, les commandants Dia Amadou, Thiam El Hadj, Soumare Silman, Moulay Ould Boukhriss, Jeddi Ould Salek, Hann Amadou, les capitaines Athier Amath et Mohamed Mahmoud Ould Dey [3], les lieutenants Ahmed Ould Aida et Moulay Hachem Ould Moulay Ahmed (c’est ce dernier, qui a arrêté le président de la République, en sa qualité d’aide-de-camp), enfin le commissaire de police Ly Mamadou.
Le directeur général de la Société nationale industrielle et minière (S.N.I.M. successeur pour l’essentiel de Miferma), Ismaël Ould Amar, déclare à l’AFP qu’il se félicite de l’action entreprise  par le Comité militaire de redressement national. Le président du C.M.R.N. reçoit l’ambassadeur de Libye, doyen du corps diplomatique depuis 1975 ; l’audience antérieure de l’ambassadeur de France n’est pas rendue publique.
Il se trouve que, ce jour-là, séjournent en même temps, à Paris, le président Bourguiba, le commandant Jalloud, chef du gouvernement libyen et Abdelaziz Bouteflika, le ministre algérien des Affaires étrangères.


Le 11 Juillet, Reda Guedira, conseiller du roi Hassan II, et le colonel Dlimi, directeur des aides de camp du roi, se rendent à Nouakchott pour  « s’informer de la situation en Mauritanie ».
Radio Mauritanie annonce, en fin de matinée, la formation d’un gouvernement. Président du gouvernement, lieutenant colonel Moustapha Ould Mohamed Salek - Affaires étrangères, Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf -Intérieur, commandant Jiddou Ould Salek - Justice et Affaires religieuses, Ba Ould Ne (ancien ministre et président de l’Assemblée nationale avec Moktar Ould Daddah) - Finances et commerce, Sid Ahmed Ould  B’Neijara (qui avait succédé le 31 Mai à Ahmed Ould Daddah pour diriger la Banque centrale) – Equipement, lieutenant-colonel Ahmed Salem Ould Sidi - Transports, postes et télécommunications, artisanat et tourisme, colonel Viah Ould Mayouf - Plan et Mines, Mohamed el Moktar Ould Zamel - Industrie et Pêche, lieutenant-colonel Ahmed Ould Bouceif (qui ne fait pas encore partie du Comité militaire) - Développement rural, Dr. Ba Oumar - Education nationale, Sek Mame N’Diack -Culture et Information, Mohamed Yehdih Ould Breideleil - Santé et affaires sociales, Dr. Diagana - Contrôle et enquêtes, lieutenant-colonel Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Louli - Secrétaire permanent du comité, chargé de l’administration du ministère de la Défense, lieutenant-colonel Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya.
Sur Radio France, Edouard Sablier assure que « contrairement à ce que semblent souhaiter les autorités algériennes, les nouveaux dirigeants de Nouakchott paraissent décidés à défendre, avec peut-être plus de vigueur qu’auparavant l’indépendance et à renforcer leurs liens d’amitié avec le Maroc ». L’AFP à Dakar confirme que les vols militaires français vers la Mauritanie ont eu leur fréquence habituelle depuis le début du coup d’Etat. A Paris-CDG,  arrivée de Hamdi Ould Mouknass, ministre des Affaires étrangères depuis Avril 1970, venant du conseil des ministres de l’O.U.A. à Khartoum
Radio Mauritanie diffuse un entretien de Mustapha Ould Mohamed Saleck à Visnews. Les raisons du coup sont « le marasme économique », « le danger quotidien de révolte et de soulèvement populaire entrainés par la banqueroute qui menace le pays ». « Cette situation, et à défaut de toute tentative de solution menée par l’ancien régime, a fait que les Forces armées ont décidé de mettre fin au désordre et à l’anarchie politique et économique de l’ancien régime »
A Saumur, l’AFP confirme que Salek a suivi le peloton des élèves officiers de l’école d’application de l’armée blindée de cavalerie du 4 Avril au 5 Septembre 1960


Le 12 Juillet : cessez-le-feu unilatéral du Polisario vis-à-vis de la Mauritanie. « La guerre expansionniste contre le peuple sahraoui est la cause de tous les problèmes dans notre région, les peuples sahraoui, marocain et mauritanien ont lourdement souffert de ses conséquences injustes et criminelles. Le redressement qui s’opère en Mauritanie est le signe que les peuples ne peuvent pas rester longtemps dans la résignation et faire les frais de l’entêtement des responsables anti-nationaux. Nous sommes sûrs aussi qu’une situation plus grave prévaut au Maroc et qu’il n’est pas impossibke aux patriotes marocains de la dépasser. Ainsi face aux derniers événements en Mauritanie des iunstructions ont ét donées à l’armée de libération polulaire sahraouie poiur cesser momentanément les opérations militaires en territoire mauritanien, comme geste de bonne volonté et par désir de e pas augmenter la tension. L’occasion est ainsi offerte aux nouveaux dirigeants de la Mauritanie de réviser la position criminelle du chef déposé, car c’est l’unique condition à tout redressement en Mauritanie » . Aussitôt, l’Aosario, qui défend la légitimité du Maroc et de la Mauritanie au Sahara occidental, communique l’« existence d’un plan insurrectionnel, conçu et téléguidé à partir d’Alger et de Tripoli ».
Le pape Paul VI télégraphie à Mgr. Pierre de Chevigny, premier évêque de Nouakchott : la Mauritanie, je me rappelle l’avoir autrefois vue d’avion. Sollicitude inquiète pour le pays.
En conférence de presse, Mustapha Ould Mohamed Saleck souhaite consolider les liens particuliers existant avec la France et le maintien des Jaguar en Mauritanie « aussi longtemps que pèsera sur elle la menace d’une agression ». Il assure que « les institutions républicaines étaient bafouées, le pays était arrivé à la banqueroute. L’ancien gouvernement s’était montré incapable de faire face à cette situation. Notre entreprise répond fidèlement à la volonté profonde du peuple de voir ériger des nouvelles institutions démocratiques librement choisies par lui. Nous respecterons la volonté populaire » et que « le redressement du pays est probablement conditionné par l’évolution du conflit. Avec le Maroc, nous allons sûrement établir un calendrier de travail pour engager un processus qui mène à la paix ». A France Inter, il confirme qu’il « souhaite naturellement » le maintien de l’assistance technique française.
Chaab reparaît, après deux jours d’interruption : « les forces armées ont repris le pouvoir à ceux qui l’ont spolié », et publie un entretien avec le président du Comité militaire : « nous avons repris le pouvoir à un moment où notre peuple avait plus que jamais besoin d’être sauvé ». Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf, le nouveau ministre des Affaires étrangères : « nous sommes disposés à étudier toute initiative de paix d’où qu’elle vienne ».
A Nouakchott, première manifestation de soutien aux nouveaux dirigeants. A Rabat, il est dit que Hassan II, dès qu’il fut informé du coup, « a donné des instructions très fermes au contingent marocain stationné dans le pays de n’intervenir sous aucun prétexte ». A Khartoum, en conseil des ministres de l’O.U.A., Mhamed Boucetta, ministre des Affaires étrangères marocain assure que  « les engagements du Maroc à l’égard de la Mauritanie restent inchangés ». A Paris, Abdelaziz Bouteflika, ministre algérien des Affaires étrangères, est reçu par le président Giscard d’Estaing dans l’après-midi : « il manquait aux rapports franco-algériens la dimension de la concertation politique que je suis venu inaugurer aujourd’hui ».


Le 13 Juillet,  Paris Match  publie un entretien avec Hassan II : « le Maroc ne peut que continuer à apporter son soutien et sa solidarité au nouveau gouvernement mauritanien ». Il voit en  Mustapaha Ould Mohamed Saleck : « un homme pondéré, calme, ayant le sens de ses responsabilités, et un homme extrêmement courtois » et pense que les raisons du coup sont liées à des « problèmes d’ordre économique et financier, et je le crois aussi une crise d’autorité particulièrement gênante dans cette période où la Mauritanie a besoin de décisions fermes et rapides, et non contradictoires ». Mais il redit « toute son estime » pour Moktar Ould Daddah et assure que « même ceux qui ont fait le coup d’Etat, ont pour lui la plus grande estime et le plus grand respect »
Dans un discours radiodiffusé, le président du Comité analyse que « le pouvoir personnel a réduit à néant les institutions en vigueur depuis 1960 ». « L’armée reprend le pouvoir qui vous avait été confisqué pour vous le remettre dans les plus brefs délais, elle n’est pas une armée de coup d’Etat », le multipartisme est promis, et comme « le pouvoir personnel avait réduit le pays à la ruine », l’économie libérale sera instaurée. Au Sahara, continue-t-il, « nous sommes déterminés à lui trouver une solution conforme aux intérêts du peuple mauritanien et en accord avec le Royaume frère du Maroc qui est concerné au même degré que nous ». Enfin, il s’agit de restaurer la « morale islamique dans sa pureté, sa générosité, son don de soi, son ouverture et sa rigueur morale »
Le gouvernement tient sa première réunion depuis « sa constitution à la suite de l’action héroïque du 10 Juillet »
Chaab publie l’intégralité de l’entretien de Mustapha Ould Mohamed Saleck à France Inter :  « nous voulons que notre pays puisse renaître et refaire des institutions véritablement démocratiques consenties et librement choisies par le peuple » et des photographies de la veille : «  premier bain de foule pour le président et les membres du comité militaire de redressement national ».


Le 14 Juillet, Michel Removille, l’ambassadeur de France, reçoit trois des nouveaux ministres pour la réception traditionnelle : Mohamed el Moktar Ould Zamel, Seck Mame Diack, Sid’Ahmed Ould Bneïjara.  Un nouvel ambassadeur du Maroc est nommé : Ahmed Snoussi, précédemment ambassadeur en Algérie (antérieurement ministre de l’Information de 1967 à 1971 puis président de Lafarge-Maroc).
Accompagné par Habib Ould Souleymane, émir du Trarza -, Bocar Alpha Ba, ancien ministre des Finances -, Cheikh Ould Aimine, ancien secrétaire général de l’U.T.M. -, Ahmed Ould Ouafi, directeur de la société arabo-mauritanienne de métallurgie -, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf, se rend à Rabat avec un message personnel  pour le roi Hassan II  :  « nous sommes venus à Rabat afin d’assurer le roi du Maroc et les autorités de ce pays qu’entre nous il n’est pas possible qu’il puisse exister le moindre nuage. Notre coopération ne peut que se renforcer avec le Maroc » . En réponse, le roi souhaite « plein succès à l’expérience entreprise par le Comité militaire de redressement national ». Le ministre se rend ensuite à Khartoum où il représentera la Mauritanie. Pour la première fois, depuis la fondation de l’O.U.A., Moktar Ould Daddah n’assiste pas à son sommet : par force.
Le 15, à la nuit encore noire [4] et secrètement, Moktar Ould Daddah est emmené de Nouakchott à Oualata, via Aïoun et Nema. Chaab indique que «  la reprise du pouvoir par nos forces armées à l’aube de la journée historique du 10 juillet continue de susciter d’importantes manifestations de joie et de soutien chez notre peuple qui a longtemps souffert de la politique de corruption et de trahison nationale du gouvernement déchu ». Dès qu’il est libéré, Tijani Ould Kerim, président du Conseil supérieur des jeunes du Parti du Peuple,  déclare  que « sous le précédent régime, la situation était devenue bloquée, les perspectives de solution étaient quasi inexistantes. Il fallait de nouveaux hommes, de nouvelles forces pour réaliser la paix »
A Dakar, le président Senghor reçoit dans la soirée le lieutenant-colonel Ahmed Salem Ould Sidi, membre du Comité et ministre de l’Equipement.


Le 16 , une « gigantesque marche pour soutenir le programme du C.M.R.N. » est organisée par la C.E.A.M. (confédération des employeurs et artisans de Mauritanie, le patronat).
Robert Galley, le ministre français de la Coopération dément les propos que Reuter lui a prêtés le 14 : « M. Robert Galley, ministre français de la Coopération, a demandé à ce qu’on fasse part de sa stupéfaction devant l’interprêtation erronnée donnée à certains de ses propos par une agence de preesse. Il a tenu à faire savoir aux autorités mauritaniennes qu’il n’a jamais, ni par communication publique, ni en privé, porté de jugement de quelque nature que ce soit sur le nouveau gouvernement mauritanien. Il en veut pour preuve l’intérêt qu’il porte à la venue prochaine à Paris d’une mission conduite par le ministre de l’Equipement, mission qui sera reçue aussi bien à la présidence de la République, qu’au ministère des Affaires Etrangères et à celui de la Coopération ».

De fait, les 18 et 19 Juillet,         à Paris, le lieutenant-colonel Ahmed Salem Ould Sidi, est reçu par René Journiac, chargé des affaires africaines à l’Elysée, puis par Louis de Guiringaud et Robert Galley, respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de la Coopération. Il entend « apporter un certain nombre d’informations au nom du gouvernement mauritanien au gouvernement français. Ces entretiens se sont déroulés dans un climat empreint de chaleur, d’amitié et de franchise à l’image des liens de toute sortes qui nous unissent à la France et que nous voulons voir se développer et se renforcer toujours davantage ». A Dakar, le bureau de la fédération internationale des femmes de carrière juridique, demande que les enfants de Moktar Ould Daddah puissent rejoindre leur mère, Mariem.

Le 20, quoique datée du jour-même du putsch, la Charte constitutionnelle du C.M.R.N. est rendue publique. Mohamed Khouna Ould Haidalla, qui commandait la 1ère région = Tiris El Gharbia, est nommé chef d’état-major national en succession à Mustapha Ould Mohamed Saleck, avec le maintien en  second du lieutenant-colonel Ahmedou Ould Abdallah, commandant de la  6ème région militaire = Nouakchott. De Koweit, parvient la rumeur que le président sénégalais a demandé aux militaires – secrètement – la libération du président Moktar Ould Daddah.


Le 23, une « délégation de travailleurs » se rend chez le président du Comité militaire pour lui réclamer l’ « arrêt de la guerre fratricide et (des) initiatives rapides de paix juste et négociée entre toutes les parties concernées ».

Le 24, pour raisons de santé, Abdallahi Ould Boyé, responsable de la permanence du Parti, est libéré, et Le Monde fait état de l’attente de ses enfants par Mariem à Dakar.

Enfin, le 27 Juillet, le président Giscard d’Estaing reçoit le lieutenant-colonel Ahmed Salem Ould Sidi et Sid’Ahmed Ould Bneijara, le nouveau ministre des Finances. Il n’est pas question pour la Mauritanie de réintégrer la zone franc, qu’elle a quittée depuis plus de cinq ans. Les deux confirment à l’Elysée que Moktar Ould Daddah « est toujours en résidence surveillée et est bien traité ». Le fort de Oualata, résidence ? les malheureuses victimes des purges de 1987 à 1990 l’attestent…

Et le lendemain, 28,  le porte-parole français, Pierre Hunt, communique que « après la visite des ministres mauritaniens à l’Elysée, le Président de la République a indiqué que la France est favorable à un processus de retour à la paix au Sahara occidental et que les circonstances nouvelles permettent aujourd’hui de progresser dans la recherche d’une solution acceptable par toutes les parties intéressées ».



[1] - Moktar Ould Daddah, commence ses mémoires (La Mauritanie contre vents et marées Karthala . Octobre 2003 . 669 pages – disponible en arabe et en français) par le récit de ce qu’il a vêcu du putsch pp. 20 et ss.

[2] - le père-fondateur – il a obtenu dans la journée un Coran et un poste de radio à piles – , apprend ainsi la liste de ceux qui l’ont renversé : « la même radio Nouakchott commence à ‘taper’ sur ‘le régime déchu’. Le plus naturellement du monde elle se fait la griotte zélée des putschistes qui, à len croire, allaient faire vivre au pays une ère paradisi aque. En écoutant les listes – vraies ou fausses – de ceux qui soutiennent les putschistes, alors que la veille ils rivalisaient d’ardeur militante au sein du PPM, je ne peux m’empêcher de sourire. Et de méditer, plus profondément encore, sur la fragilité, le caractère volage des sentiments et des comportements humains.  Lieux communs, diraient certains… Il est vrai que je ne suis pas du tout surpris : j’ai souvent dit qu’en tant qu’homme politique, je m’attendais à tout, de la part de tous. Sans être sceptique et, tout en faisant foncièrement confiance à l’homme, j’ai souvent douté de la sincérité de ceux qui déclarent à qui veut les entendre leur attachement et leur dévouement aux puissants du moment. C’est pourquoi, dans mes relations personnelles, seules les  amitiés antérieures à 1957 me paraissent avoir pu être sincères et désintéressées : elles ont existé entre Moktar et untel et non entre untel et le Président Moktar. Il y a bien sûr – et heureusement – des exceptions, mais des exceptions qui confirment la règle. L’opportunisme des auteurs des messages de soutien lus à la radio me fait penser au prototype de l’opportuniste évoqué par gave  qui pourrait approximativement se traduire ainsi : ‘Sidi qui est maintenant avec vous, était auparavant avec nous. A présent, peu importe qu’il soit avec vous ou qu’il soit avec nous… » op. cit. p. 23 & 24

[3] - le premier, gardien du président Moktar Ould Daddah au Génie, et le second, le convoyant de Nouakchott à Néma
[4] - « Cap sur l’aéroport de Nouakchott. En bout de piste, ‘la familale’ stoppe tout près d’u  petoi  Defenderj à l’arrêt. Tout le monde descend. Je fais seul quelques pas dans la fraîcheur de la nuit finissante de Nouakchott. Nouakchott endormie sous ses lumières publiques éparses et souvent pâles. Rien alentour ne m’indique que quelque chose a changé en République Islamique de Mauritanie : le même ciel encore constellé d’étoiles dont certaines sont scintillantes, le même silence profond de la nuit que je voyais et sentais lorsqu’il m’arrivait de décoller vers la même heure matinale pour effectuer des tournées à l’intérieur du pays ou des voyages à l’étranger », Moktar Ould Daddah, op. cit. p.25

journal de maintenant - mardi 1er juillet 2014




----- Original Message -----
From:
Sent: Tuesday, July 01, 2014 2:17 PM
Subject: L'avertissement de FH

FH a finalement reconnu la "réélection" de MOAA (http://cridem.org/C_Info.php?article=657851). Même si aux yeux des démocrates mauritaniens il aurait pu se passer de le faire si vite après la publication par le Conseil Constitutionnel aux ordres du général putschiste des résultats de cette élection(changés, qui plus est), il y a lieu de noter deux passages du message du Président de la France qui paraissent importants en langage diplomatique :
(1) La tenue de l'élection présidentielle est une étape dans la démocratisation de la Mauritanie, que la poursuite du dialogue entre les différentes forces politiques permettra encore d'approfondir.
"Démocratisation" signifie que le processus n'est pas achevé et donc, implicitement, que cette réélection n'est pas un couronnement, et "poursuite du dialogue entre les différentes forces politiques", est une allusion claire à la crise et, implicitement aussi, une invitation du général à revoir sa copie en la matière. Avertissement, donc?
(2) Je salue l'action déterminée que vous menez dans la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité de la Mauritanie comme de la région, dans le cadre notamment de votre Présidence de l'Union Africaine.
La France continuera à vous apporter tout son soutien en ce domaine. Elle sera également à vos côtés pour accompagner le développement économique et social de la Mauritanie, qui est, comme vous le savez, un des pays prioritaires de notre aide publique au développement.
Dans ce passage, par contre, FH confirme que rien, cependant, ne changera dans l'idée que le gouvernement français se fait du général putschiste, dont l'action déterminée que vous menez dans la lutte contre le terrorisme"  absout toujours, aux yeux de l'ancienne métropole, les péchés démocratiques de ce régime, nonobstant leur gravité. C'est ce qu'on appelle "couper la poire en deux". N'est-ce pas?


----- Original Message -----
From:
Sent: Tuesday, July 01, 2014 2:36 PM
Subject: Débauchage

 
A ce lien, l'information qui défraie la chronique des sites mauritaniens en ce début de Ramadan : http://cridem.org/C_Info.php?article=657887.
Ould Borboss est, l'homme d'affaires avec lequel Borboss frayerait dans le dos de ses camarades transfuges de l'APP(parti de Messaoud Ould Boulkheir) est Ould Marrakchi, un cousin de MOAA longtemps infiltré au Rassemblement des forces démocratiques (Ahemd Ould Daddah).
Il semble que M. Borboss percevrait, depuis quelques mois, un "salaire" de 400 000 UM/mois (environ 1000 euros) de la part du Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie.
La crise qui secoue actuellement al mostaqbal vient après celle du Parti Adil de YOAW (Yahya Ould Ahmed Waghf, le second et dernier chronologiquement des Premiers ministres du président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi), dont plusieurs figures ont rejoint le camp du général quelques jours avant le lancement de la campagne, poursuivant ainsi le processus de débauchage d'opposants, seule réponse que MOAA a trouvée pour faire face à l'impasse politique où se débat le pays.

----- Original Message -----
From:
To: b.fdef
Sent: Tuesday, July 01, 2014 3:50 PM
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2. Le rideau est tombé sur le scrutin du 21 Juin enveloppant dans ses
plis la honteuse mascarade électorale du rebelle MOAA (son dernier
coup de force n’est en effet pas un putsch, mais une rébellion et une
félonie, la suite de son parcours étant parsemée de forfaitures qui
toutes, dans un pays de droit, auraient conduit le chef de l’Etat
qu’il s’est fait, devant la haute cour de justice.)

. . .

4. L’image de la France ici, ne cesse de se dégrader malheureusement
et ce que les décideurs français ne semblent pas mesurer, c’est que
cette dégradation risque de devenir irréversible puisque, outre la
grande masse des populations qui ne s’intéresse pas à la diplomatie,
les élites, dans leur totalité, en son  affectées qu’il s’agisse de
celles qui s’opposent à MOAA ou de celles qui, seulement pour un
temps, l’applaudissent, tout en le détestant dans leur for intérieur.

Hier, lors du match France/Nigeria, et alors que, d’habitude, le
soutien instructif des téléspectateurs se porte sur la France, la
plupart de ceux qui ont suivi le match (exception faite de votre
serviteur  qui en est lui-même très surpris) et surtout les jeunes,
depuis  le début du mondial, appellent de tous leurs vœux la défaite
des français. Ce n’est pas si important en soi, mais reste, pour
moi, très significatif.

5. MOAA, pendant la campagne, a mis à nu, son fond de caractère fait
de vulgarité, d’ignorance et d’allergie à toute forme de liberté,
poussant le ridicule jusqu’à tirer gloire de ses trahisons et de ses
félonies. Du jamais vu ou entendu et qui, pourtant, ne semble pas
avoir choqué ou même interpellé l’attention des occidentaux en général
et de la France et de son ambassadeur en particulier.

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