lundi 17 mai 2010
dimanche 16 mai 2010
samedi 15 mai 2010
manifestations à Nouadhibou - dépêches de l'Agence Mauritanienne d'Information AMI & communiqué de la Coordination de l'Opposition Démocratique COD
منسقية المعارضة الديمقراطية
Coordination de l’Opposition Démocratique
Flash Info
Les leaders de la COD réaffirment leur détermination à faire partir le régime
La Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) a organisé samedi 15 Mai un grand meeting populaire à Nouadhibou auquel ont participé des milliers de citoyens venus, malgré les pressions et les intimidations de toute sortes, et malgré les longs contours que leur a imposé l’administration qui a fermé plusieurs routes menant à la place du meeting. Le défi lancé par l’opposition au pouvoir de Ould Abdel Aziz a été relevé haut la main, transformant le meeting de l’UPR en un non événement, boycotté par les populations de la ville, et même par ses organisateurs eux-mêmes, si l’on en juge par le niveau des intervenants.
Prenant la parole à cette occasion, les présidents de la COD ont tour à tour fustigé le régime despotique de Mohamed Ould Abdel Aziz et mis en garde contre le danger qu’il constitue désormais pour le pays. C’est un pouvoir dictatorial, sans vision ni projet pour le pays et, pire encore, qui ne respecte pas ses engagements et dévaste notre économie en abreuvant le peuple de mensonges et de promesses démagogiques. Les Présidents de la COD ont rassuré les habitants de la capitale économique sur l’unité de l’opposition et sa détermination à poursuivre son combat démocratique pour précipiter la chute de Mohamed Ould Abdel Aziz et libérer le pays de son emprise.
Ce régime n’a aucun sens de la conduite des affaires de l’Etat et notre économie, par sa faute, connaît un effondrement sans précédent a dit Monsieur Ahmed Ould Daddah, président en exercice de la COD, poursuivant que nous devons tout faire pour le faire partir. La démocratie s’arrache et ne se donne pas, a-t-il martelé devant les populations de Nouadhibou, dont il a déploré les conditions et compati avec les souffrances entretenues par Mohamed Ould Abdel Aziz et son pouvoir.
Auparavant, le Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Messaoud Ould Boulkheir avait pris la parole et mis en exergue les carences évidentes et contradictions (diplomatiques surtout)du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, appelant les populations de Nouadhibou à contribuer activement au départ de ce régime qui constitue une catastrophe pour notre pays et qui, inéluctablement, devra tomber.
Mauritanie / Partis / Meeting La coordination des partis de l'opposition organise un meeting dans la ville de Nouadhibou
Nouadhibou, 15 mai (AMI)- La coordination des partis d'opposition a organisé samedi soir, à la place de la tribune officielle à Nouadhibou un meeting auquel ont assisté ses sympathisans dans la ville.
Au cours du meeting, des responsables de la coordination ont pris la parole.
Dans ce cadre, le président du parti Adil, M. Yahya Ould Ahmed El Waghf a parlé de ce qu'il a appelé " la situation économique déplorable que connaît le secteur de la pêche, malgré le fait qu'il est l'un des plus importants piliers de l'économie dans la ville", expliquant cette situation par "l'absence d'une vision claire dans ce domaine".
Pour sa part, le président du parti "la Convergence démocratique", M. Mahfoudh ould Boutah a dit que " les citoyens souffrent de soif et de faim au moment où le régime s'intéresse aux infrastructures et à la construction des routes", relevant que "cela constitue un mépris pour le peuple mauritanien".
Il a ajouté que tous les secteurs vitaux dans la ville de Nouadhibou "vivent une situation déplorable marquée par une mort clinique des pêches artisanale et industrielle au même moment où les produits de la SNIM sont devenus exposés à la perte", faisant supporter la responsabilité de cela au régime.
Pour sa part, le président du parti "la Convergence démocratique", M. Mahfoudh ould Boutah a dit que " les citoyens souffrent de soif et de faim au moment où le régime s'intéresse aux infrastructures et à la construction des routes", relevant que "cela constitue un mépris pour le peuple mauritanien".
Il a ajouté que tous les secteurs vitaux dans la ville de Nouadhibou "vivent une situation déplorable marquée par une mort clinique des pêches artisanale et industrielle au même moment où les produits de la SNIM sont devenus exposés à la perte", faisant supporter la responsabilité de cela au régime.
De son côté, M. Isselmou Ould Abdel Kader a indiqué qu'il " présente ses condoléances aux populations de la ville de Nouadhibou, du fait de la catastrophe dont elles souffrent à savoir que leurs consciences sont désormais exposées à la vente contre une petite quantité de poisson".
l'intervenant au nom du parti "Taliaa (l'Avant garde), Abderrahmane Ould Cheikh a, lui, souligné que le meeting s'inscrit dans le cadre de la campagne de contact, de concertation et de renforcement des piliers de ce projet, se contentant d'insister sur ce qu'il a appelé " une crise dans la situation économique du pays".
l'intervenant au nom du parti "Taliaa (l'Avant garde), Abderrahmane Ould Cheikh a, lui, souligné que le meeting s'inscrit dans le cadre de la campagne de contact, de concertation et de renforcement des piliers de ce projet, se contentant d'insister sur ce qu'il a appelé " une crise dans la situation économique du pays".
Quant à M. Messaoud ould Boulkhaire, président de l'Alliance populaire progressiste, il a salué les populations de la ville de Nouadhibou qu'il a qualifiée de citadelle de la lutte et de la résistance, soulignant que leur présence au meeting "malgré tous les moyens utilisés pour les en dissuader reflète leur attachement au discours de l'opposition".
Il a ajouté en disant: " notre objectif dans l'opposition est de développer la Mauritanie, contrairement à l'objectif du régime qui disparaîtra, qui utilise la propagande tendancieuse telles que la protection du pays et l'éradication de la gabegie... pour cacher son échec, ce qui ne s'est pas réalisé".
M. Messaoud Ould Boulkhaire a critiqué le wali de Dakhlet Nouadhibou qu'il a accusé d'avoir utilisé les moyens de l'Etat pour faire échouer le meeting de l'opposition, soulignant que la démocratie n'existe pas et que celui qui n'a pas une chose ne peut pas la donner.
Il a ajouté en disant: " notre objectif dans l'opposition est de développer la Mauritanie, contrairement à l'objectif du régime qui disparaîtra, qui utilise la propagande tendancieuse telles que la protection du pays et l'éradication de la gabegie... pour cacher son échec, ce qui ne s'est pas réalisé".
M. Messaoud Ould Boulkhaire a critiqué le wali de Dakhlet Nouadhibou qu'il a accusé d'avoir utilisé les moyens de l'Etat pour faire échouer le meeting de l'opposition, soulignant que la démocratie n'existe pas et que celui qui n'a pas une chose ne peut pas la donner.
Enfin, M. Ahmed Ould Daddah, président du RFD s'est contenté de relever ce qu'il a qualifié de situation déplorable que vit la ville de Nouadhibou, malgré les richesses dont elle dispose (mine, pêche, climat) avant de critiquer le rendement du gouvernement qui, a-t-il dit, " gâte les coeurs et l'unité nationale et sape les relations avec les voisins " .
Il a enfin appelé les citoyens à bannir la mentalité d'assistés et à lutter pour obtenir leurs droits, soulignant que la Nation vit une crise aiguë.
Il a enfin appelé les citoyens à bannir la mentalité d'assistés et à lutter pour obtenir leurs droits, soulignant que la Nation vit une crise aiguë.
Mauritanie / Partis / MeetingL'Union pour la République organise un meeting populaire dans la ville de Nouadhibou
Nouadhibou, 15 mai (AMI)- Le parti "l'Union pour la République (UPR) a organisé samedi soir dans la ville de Nouadhibou un meeting populaire à l'occasion de la clôture de sa campagne d'adhésion qui a duré près d'un mois et qui a enregistré environ 32000 adhésions, selon les estimations du parti.
Le meeting s'est déroulé en présence des cadres et des notables du parti, à leur tête le vice-président du parti, M. Oumar ould Mataala, Sidi Mohamed Ould Maham, Mohamed Yahya Ould El Kharchi, le coordinateur de la campagne au niveau de Dakhlet Nouadhibou, M. Bouya Ahmed Ould Chrif, député de la moughtaaa de Tichit, M. Mohamed El Hacen Ould Mohamed Saad, coordinateur de la campagne au niveau de la ville de Nouadhibou, le sénateur de la moughataa de Nouadhibou, M. Mohamed ould Beibou, le maire de la commune de Nouadhibou, M. Mohamed Fadel ould Tmane, les maires de Boulenour, Tmeimichat, Inal et Nouamghar.
Le vice-président du parti, M. Oumar ould Maatala a remercié la coordination régionale de la campagne pour l'organisation de ce meeting, soulignant qu'"elle a pu réussir en un laps de temps très court et mettre en place des structures du parti de façon honnête et transparente", remerciant pour la circonstance, toutes les coordinations qui ont mené le même travail au niveau national.
Il a précisé que "ce qui distingue le parti des autres c'est le travail", soulignant que "les autres partis ne font que parler alors que l'UPR a pu enrichir la scène nationale par les marches, les conférences, les colloques et diverses autres activités auxquels le public a répondu positivement".
Le vice-président a aussi indiqué que " le parti a pu préparer un congrès national ordinaire qui se tiendra au cours des prochaines semaines", exprimant la disponibilité du parti à toutes les confrontations.
Il a ajouté que les responsables de la base doivent avoir la même conception qu'a la direction du parti en ce qui concerne l'intérêt accordé aux citoyens et à la résolution de leurs problèmes.
Le vice-président a souligné que l'opposition devrait avoir déjà tiré les leçons des messages qui lui ont été adressés à travers les deux meetings du 2 juin et du 8 juillet qui ont montré le soutien des populations de Nouadhibou au président de la république comme l'ont confirmé les élections du 18 juillet où il a obtenu 19 000 voix, ce qui constitue le plus grand nombre de suffrage qu'un candidat ait jamais obtenu dans l'histoire de la ville. Il a précisé que le meeting d'aujourd'hui représente un autre message à l'opposition pour qu'elle comprenne le changement intervenu au niveau de la ville.
Il a précisé que "ce qui distingue le parti des autres c'est le travail", soulignant que "les autres partis ne font que parler alors que l'UPR a pu enrichir la scène nationale par les marches, les conférences, les colloques et diverses autres activités auxquels le public a répondu positivement".
Le vice-président a aussi indiqué que " le parti a pu préparer un congrès national ordinaire qui se tiendra au cours des prochaines semaines", exprimant la disponibilité du parti à toutes les confrontations.
Il a ajouté que les responsables de la base doivent avoir la même conception qu'a la direction du parti en ce qui concerne l'intérêt accordé aux citoyens et à la résolution de leurs problèmes.
Le vice-président a souligné que l'opposition devrait avoir déjà tiré les leçons des messages qui lui ont été adressés à travers les deux meetings du 2 juin et du 8 juillet qui ont montré le soutien des populations de Nouadhibou au président de la république comme l'ont confirmé les élections du 18 juillet où il a obtenu 19 000 voix, ce qui constitue le plus grand nombre de suffrage qu'un candidat ait jamais obtenu dans l'histoire de la ville. Il a précisé que le meeting d'aujourd'hui représente un autre message à l'opposition pour qu'elle comprenne le changement intervenu au niveau de la ville.
M. Oumar ould Maatala a indiqué "que Nouadhibou accueillait le samedi 15 mai à six heures deux visiteurs, l'un dans sa partie sud (l'opposition) que les gens ont boudé, et l'autre dans sa partie nord (le parti), et partant du fait que les populations de Nouadhibou voient sur le terrain de la réalité les réalisations accomplies en faveur de la ville, conformément aux engagements de Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, elles ont été au rendez-vous avec le visiteur de la partie nord de la ville".
Le vice- président de l'UPR a précisé que parmi les plus importantes réalisations accomplies sur le terrain de la réalité figurent la lutte contre la gabegie et les prévaricateurs, le règlement des problèmes des quartiers précaires et le bond qualitatif accompli au niveau des services de base comme la santé, l'enseignement, les infrastructures et autres services, attirant l'attention que ceux qui sont à la recherche d'une popularité après les réalisations accomplies dans la ville par Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, savent qu'ils se trompent eux-mêmes et que l'opposition qui a perdu le nord comme elle a déjà perdu le sud (la vallée) n'existe plus.
Pour sa part le coordinateur de la campagne au niveau de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, M. Ahmed bouya Ould Chrif, député de Tichit a affirmé que l'affluence qu'a connu le meeting " montre l'attachement des populations de Dakhlet Nouadhibou, qu'elles ont exprimé au cours des élections du 18 juillet 2009, à la voie de la réforme suivie par le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et qui vise à mettre le pays sur les rails de la réforme, loin de toutes les anciennes pratiques qui ont toujours miné le corps de ce pays".
Il a ajouté en disant qu'"en exécution des engagements du président de la république contenus dans son programme électoral visant à donner à chacun ce auquel il a droit, et d'assurer au citoyen sa dignité dans son pays, le gouvernement s'est attelé, au cours de la dernière période, à l'exécution d'importants projets visant à rehausser le niveau de vie du citoyen sur toute l'étendue du territoire national, d'une manière générale et à Nouadhibou d'une façon particulière, précisant dans ce cadre que la majeure partie des populations qui vivaient dans des quartiers précaires de la ville, restés longtemps oubliés, ont été transférés dans une zone aménagée disposant des services indispensables à une vie digne (eau, électricité, enseignement, moyens de transport avec des prix tenant en considération le pouvoir d'achat des populations).
Il a ajouté que "les pratiques auxquelles se livre l'opposition après l'échec de son programme électoral démasquent le visage réel de ce groupe", ajoutant que cette " opposition n'a ménagé aucun effort pour étouffer le citoyen à l'intérieur et à l'extérieur mais que ces tentatives n'ont pas réussi", précisant que la confiance des bailleurs de fonds dans le pays s'est accru à travers le financement de grands projets en Mauritanie et que notre position auprès des institutions internationales s'est renforcée comme le montre l'élection de la Mauritanie en tant que membre dans le conseil de paix et de sécurité et membre au conseil des droits de l'homme relevant des Nations Unies.
vendredi 14 mai 2010
journal de maintenant - vendredi 14 mai 2010
----- Original Message -----
From: Bertrand Fessard de Foucault
To: UE - DG Développement - Stefano Manservisi
Sent: Friday, May 14, 2010 4:03 PM
Subject: Mauritanie - vers la confrontation violente
Je me permets, cher Directeur général, de revenir vers vous alors que mon message du 11 Mai avait sa réponse en bonne partie dans la mise en garde publique du délégué de la Commission à Nouakchott, ce jour-là.
La situation se tend de plus en plus.
L’opposition, bien coordonnée entre ses principales composantes et surtout ses principaux chefs, organise demain, samedi 15, à Nouadhibou une manifestation – à la tête de laquelle vont marcher Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir, respectivement président du plus important des partis d’opposition, et président de l’Assemblée nationale, ainsi que Yahya Ould Waghef, dernier des Premiers ministres du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi (en fait le Premier ministre de son esprit avec une composition gouvernementale d’union nationale en Avril-Mai 2008).
Le pouvoir contre-attaque sur les lieux en organisant même heure et même jour une manifestation des siens - en pratique en faisant tout pour matériellement obliger les opposants soit à se déclarer tel soit à se terrer soit à retourner. Selon des témoins...
Depuis hier, le pouvoir met le paquet à Nouadhibou pour faire échouer le meeting de l’opposition démocratique. Ainsi, la Wilaya et la Commune de la Capitale économique ont mis tous leurs moyens matériels, logistiques (engins de terrassement, camions, véhicules), humains et financiers à la disposition de l’UPR pour préparer son meeting. De même, les autorités régionales ont décidé que les fonctionnaires et employés des sociétés d’Etat seront pointés demain dans leur lieu de travail, avec leurs familles, et directement vers le meeting du pouvoir, encadrés par leurs administrations réciproques, comme gage de leur non appartenance à l’opposition.
Une distribution de poisson a lieu actuellement sous la supervision du sénateur de la ville pour appâter les citoyens, dont les domiciles sont systématiquement violés pour leur ordonner d’assister au meeting de l’UPR s’ils ne veulent pas être taxés d’opposition.
Les coordinateurs régionaux de l’opposition ont demandé à rencontrer les wali à ce sujet. Mais celui-ci a refusé de les recevoir.
Tout cela à quelques jets de pierre de la frontière, au contact du conflit saharien et là où passent circuits de la drogue et des « immigrations clandestines ». Dans une agglomération qui a été particulièrement défavorisée par Maaouyia Ould Sid'Ahmed Ould Taya à la fin des années 1990 et ne s'en remet pas vraiment, malgré la liaison routière avec Nouakchott, fonctionnant au détriment du port marchand du nord.
La manifestation pacifique des dockers de Nouakchott, hier jeudi, a été l’occasion d’une démonstration des manières actuelles de la police : tabassages en règle comme réponse à des demandes fermes mais polies d’une augmentation des rémunérations à la tonne. Cette répression qui a débordé dans la capitale laisse pressentir ce qu’il peut se passer demain à Nouadhibou.
Dans le même temps, les intimidations - au niveau politique - continuent. L’ancien Premier ministre Ould Waghef a été convoqué en justice pour hier, et cela ne s’est décommandé qu’à la dernière minute, toujours les circonstances de la faillite d’Air Mauritanie – à quoi il a été amplement répondu, sans compter les répliques aux vices de procédure. Le président Messaoud Ould Boulkheir verrait les comptes de l’Assemblée nationale « épluchés » - rumeur et soi-disant menace qui pèsent sur lui depuis le putsch du 6 Août 2008 qu’il avait aussitôt et vivement condamné. La tentation d'une nouvelle comédie électorale - pour ravauder déjà la façade vis-à-vis de la "communauté internationale" - grandit : dissoudre l'Assemblée nationale qui n'est en principe pas renouvelable avant un an et demi.
Dans ce contexte, les besoins d’argent que devrait exposer sous peu Mohamed Ould Abdel Aziz à l’Elysée pour y trouver avocat auprès de vous et de la Commission, semblent complètement décalés.
Le régime donne la sensation aux Mauritaniens d’être bloqué, autiste. Dès l’ouverture du nouveau cours – sans reposer la question de légitimité qui à mon sens demeure la clé de toute interprétation du système politique mauritanien actuel – il était prévisible que la psychologie du putschiste ne donnerait aucune perspective ni visibilité au pays. Nous avons aujourd’hui affaire 1° à l’accentuation des régimes autoritaires que le pays subit depuis trente ans, 2° à une question de personne.
Il me semble que s’en remettre à un hypothétique nouveau coup militaire pour sortir de l’impasse, est dangereux aussi bien pour nos amis mauritaniens que pour le décisif partenaire que nous sommes. Nous ne pouvons rester passif et regarder opérer le hasard. Déjà, demain est très dangereux. Et nous avons cautionné (pour ne pas écrire plus nettement) l'accord de Dakar.
Sentiments que vous savez attentifs et déférents. Confiants, surtout.
From: Bertrand Fessard de Foucault
To: UE - DG Développement - Stefano Manservisi
Sent: Friday, May 14, 2010 4:03 PM
Subject: Mauritanie - vers la confrontation violente
Je me permets, cher Directeur général, de revenir vers vous alors que mon message du 11 Mai avait sa réponse en bonne partie dans la mise en garde publique du délégué de la Commission à Nouakchott, ce jour-là.
La situation se tend de plus en plus.
L’opposition, bien coordonnée entre ses principales composantes et surtout ses principaux chefs, organise demain, samedi 15, à Nouadhibou une manifestation – à la tête de laquelle vont marcher Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir, respectivement président du plus important des partis d’opposition, et président de l’Assemblée nationale, ainsi que Yahya Ould Waghef, dernier des Premiers ministres du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi (en fait le Premier ministre de son esprit avec une composition gouvernementale d’union nationale en Avril-Mai 2008).
Le pouvoir contre-attaque sur les lieux en organisant même heure et même jour une manifestation des siens - en pratique en faisant tout pour matériellement obliger les opposants soit à se déclarer tel soit à se terrer soit à retourner. Selon des témoins...
Depuis hier, le pouvoir met le paquet à Nouadhibou pour faire échouer le meeting de l’opposition démocratique. Ainsi, la Wilaya et la Commune de la Capitale économique ont mis tous leurs moyens matériels, logistiques (engins de terrassement, camions, véhicules), humains et financiers à la disposition de l’UPR pour préparer son meeting. De même, les autorités régionales ont décidé que les fonctionnaires et employés des sociétés d’Etat seront pointés demain dans leur lieu de travail, avec leurs familles, et directement vers le meeting du pouvoir, encadrés par leurs administrations réciproques, comme gage de leur non appartenance à l’opposition.
Une distribution de poisson a lieu actuellement sous la supervision du sénateur de la ville pour appâter les citoyens, dont les domiciles sont systématiquement violés pour leur ordonner d’assister au meeting de l’UPR s’ils ne veulent pas être taxés d’opposition.
Les coordinateurs régionaux de l’opposition ont demandé à rencontrer les wali à ce sujet. Mais celui-ci a refusé de les recevoir.
Tout cela à quelques jets de pierre de la frontière, au contact du conflit saharien et là où passent circuits de la drogue et des « immigrations clandestines ». Dans une agglomération qui a été particulièrement défavorisée par Maaouyia Ould Sid'Ahmed Ould Taya à la fin des années 1990 et ne s'en remet pas vraiment, malgré la liaison routière avec Nouakchott, fonctionnant au détriment du port marchand du nord.
La manifestation pacifique des dockers de Nouakchott, hier jeudi, a été l’occasion d’une démonstration des manières actuelles de la police : tabassages en règle comme réponse à des demandes fermes mais polies d’une augmentation des rémunérations à la tonne. Cette répression qui a débordé dans la capitale laisse pressentir ce qu’il peut se passer demain à Nouadhibou.
Dans le même temps, les intimidations - au niveau politique - continuent. L’ancien Premier ministre Ould Waghef a été convoqué en justice pour hier, et cela ne s’est décommandé qu’à la dernière minute, toujours les circonstances de la faillite d’Air Mauritanie – à quoi il a été amplement répondu, sans compter les répliques aux vices de procédure. Le président Messaoud Ould Boulkheir verrait les comptes de l’Assemblée nationale « épluchés » - rumeur et soi-disant menace qui pèsent sur lui depuis le putsch du 6 Août 2008 qu’il avait aussitôt et vivement condamné. La tentation d'une nouvelle comédie électorale - pour ravauder déjà la façade vis-à-vis de la "communauté internationale" - grandit : dissoudre l'Assemblée nationale qui n'est en principe pas renouvelable avant un an et demi.
Dans ce contexte, les besoins d’argent que devrait exposer sous peu Mohamed Ould Abdel Aziz à l’Elysée pour y trouver avocat auprès de vous et de la Commission, semblent complètement décalés.
Le régime donne la sensation aux Mauritaniens d’être bloqué, autiste. Dès l’ouverture du nouveau cours – sans reposer la question de légitimité qui à mon sens demeure la clé de toute interprétation du système politique mauritanien actuel – il était prévisible que la psychologie du putschiste ne donnerait aucune perspective ni visibilité au pays. Nous avons aujourd’hui affaire 1° à l’accentuation des régimes autoritaires que le pays subit depuis trente ans, 2° à une question de personne.
Il me semble que s’en remettre à un hypothétique nouveau coup militaire pour sortir de l’impasse, est dangereux aussi bien pour nos amis mauritaniens que pour le décisif partenaire que nous sommes. Nous ne pouvons rester passif et regarder opérer le hasard. Déjà, demain est très dangereux. Et nous avons cautionné (pour ne pas écrire plus nettement) l'accord de Dakar.
Sentiments que vous savez attentifs et déférents. Confiants, surtout.
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D'un Européen, ayant vêcu à Nouadhibou au milieu des années 1960 et qui y séjourne de nouveau pour quelques mois, je reçois ce témoignage :
Je vais essayer de donner qq éléments de la situation qui bouge énormément. Bien sûr, demain sera une journée peut-être cruciale à NDBOU. Pour le moment, les affrontements sévères entre police, garde nationale d'un côté et 'dockers' de l'autre sont inquiétants. Hier à la messe du soir, je voyais des religieuses un peu effrayées qui venaient de passer non loin de zones d'affrontements avec le parfum âcre des grenades lacrymogènes. Quand on parle de 'dockers', il faut comprendre qu'il s'agit plutôt de 'porteurs' pour le compte des grands (ou petits) commerçants qui forment une population - peut-être devrais-je dire une caste dans la mesure où l'on trouve à la fois des 'harratines', des 'noirs'mauritaniens ou d'autres pays subsahariens- trés précaire. Ils gagneraient aux environs de 500 ougiyas la tonne transportée et veulent 1000 mais on ne voit guère de dialogue dans cette affaire qui peut vite dégenéreren conflit 'racial'...
Concernant la situation générale, je serai prudent: il faut toujours se méfier des 'chitaris' que l'usage du téléphone portable n'a fait qu'augmenter. A court terme, les politiques ne semblent pas trés lisibles et on a la curieuse impression d'un régime à la fois peu démocratique dans ses manières mais en même temps d'une certaine agitation ou faiblesse dans la conduite des affaires dont on pourrait donner bien des exemples. Peut-il continuer ainsi trés longtemps?
A moyen ou long terme, la Mauritanie aprés 50 ans d'indépendance, ne semble pas encore avoir trouvé sa place...
Hier matin, dans le journal de Nenni 'NKT-INFO' en général favorable au pouvoir en place, le billet habituel du colonel Mbareck o/ Bouna Moctar ancien chef d'état-major bien connu. Il se fait l'écho d'une blague entendue par un député de la majorité: une voiture vide s'arrête devant la Présidence de la République, le président de l'Assemblée Nationale en descend. L'auteur se demande l'origine de cette blague sans savoir que son auteur était Churchill qui, furieux que l'électorat de l'aprés-guerre l'ait renvoyé à ses chères études et méprisant à l'égard de son successeur travailliste, avait dit " une voiture vide s'arrête devant le 10 de Downing Street. Mr Attlee en descend..." Ce qui me paraît intéressant, c'est l'appréciation qu'en fait notre colonel sous le couvert de propos sybillins et en se demandant si le Pdt Messaoud mérite une telle appréciation aprés son discours en début de session parlementaire. Tenant du pouvoir actuel, l'auteur le pense sans doute mais comme on dit "in cauda venenum" et le billet se termine en affirmant que les discours de certains citoyens "laissent entrevoir les affres de leur éducation primitive" car "on est toujours fidèle à sa filiation... et rien ne pourra changer la nature d'un individu ni sa modernité ni le titre qu'il porte ni les honneurs qu'on lui fait, il sera toujours le fils de son père"...Je crois comprendre par là qq chose du genre: hartani tu étais, hartani tu resteras.
Concernant la situation générale, je serai prudent: il faut toujours se méfier des 'chitaris' que l'usage du téléphone portable n'a fait qu'augmenter. A court terme, les politiques ne semblent pas trés lisibles et on a la curieuse impression d'un régime à la fois peu démocratique dans ses manières mais en même temps d'une certaine agitation ou faiblesse dans la conduite des affaires dont on pourrait donner bien des exemples. Peut-il continuer ainsi trés longtemps?
A moyen ou long terme, la Mauritanie aprés 50 ans d'indépendance, ne semble pas encore avoir trouvé sa place...
Hier matin, dans le journal de Nenni 'NKT-INFO' en général favorable au pouvoir en place, le billet habituel du colonel Mbareck o/ Bouna Moctar ancien chef d'état-major bien connu. Il se fait l'écho d'une blague entendue par un député de la majorité: une voiture vide s'arrête devant la Présidence de la République, le président de l'Assemblée Nationale en descend. L'auteur se demande l'origine de cette blague sans savoir que son auteur était Churchill qui, furieux que l'électorat de l'aprés-guerre l'ait renvoyé à ses chères études et méprisant à l'égard de son successeur travailliste, avait dit " une voiture vide s'arrête devant le 10 de Downing Street. Mr Attlee en descend..." Ce qui me paraît intéressant, c'est l'appréciation qu'en fait notre colonel sous le couvert de propos sybillins et en se demandant si le Pdt Messaoud mérite une telle appréciation aprés son discours en début de session parlementaire. Tenant du pouvoir actuel, l'auteur le pense sans doute mais comme on dit "in cauda venenum" et le billet se termine en affirmant que les discours de certains citoyens "laissent entrevoir les affres de leur éducation primitive" car "on est toujours fidèle à sa filiation... et rien ne pourra changer la nature d'un individu ni sa modernité ni le titre qu'il porte ni les honneurs qu'on lui fait, il sera toujours le fils de son père"...Je crois comprendre par là qq chose du genre: hartani tu étais, hartani tu resteras.
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COORDINATION REGIONALE DE L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE
DE DAKHLET-NOUADHIBOU.
DECLARATION
En violation flagrante des libertés démocratiques, des lois et règlements, du principe de la neutralité de l’Administration et de l’exigence du maintien de la paix sociale, le Wali de Dakhlet –Nouadhibou vient de démontrer son attitude partisane en faveur du parti du Général Mohamed Ould Abdel Aziz (UPR) par les décisions suivantes :
l’autorisation au profit de ce parti d’organiser un meeting le même jour (15/05/2010) que celui prévu par l’Opposition Démocratique 2 semaines auparavant ;
l’autorisation accordée au Parti-Etat d’organiser son meeting sur une voie publique en divisant la ville en deux et en barrant la route aux militants et sympathisants désireux de se rendre au lieu du meeting de la COD ;
la mobilisation des populations pour le meeting de l’UPR par voie de recommandations et d’ordres directs ainsi que la mise sur pied d’une cellule de supervision dans ce sens avec le DG de la SNIM et le Coordinateur régional de l’UPR. A titre d’illustration de cette tendance, il a reçu le jeudi 13/05/2010 un groupe de représentants de populations locales mécontents de ses agissements et de ceux de l’UPR pour les convaincre vainement de sa bonne foi en les incitant à se rendre au meeting de l’UPR ;
la distribution dans les différents quartiers, du poisson « yaye boye », du blé, du sucre, de l’argent, la promesse des lots de terrains à quiconque assistera au meeting de l’UPR et même le collage des photos du Général Aziz sur les voitures chargées de la publicité du meeting;
les ordres donnés aux directeurs régionaux des entreprises publiques de convoquer leurs travailleurs le samedi 15/05/2010 à 16H en vue de les dissuader d’assister au meeting de la COD et de leur recommander celui de l’UPR.
Ayant eu connaissance des faits précités, la Coordination Régionale de l’Opposition Démocratique a demandé l’audience du Wali le 14/05/2010 pour lui faire part de ses observations à ce sujet, mais il a refusé de la recevoir sans aucune explication.
Malgré le comportement irresponsable de cette autorité administrative, la Coordination Régionale de l’Opposition Démocratique, réaffirme sa ferme volonté de tenir un grand meeting populaire à Nouadhibou à la date et au lieu initialement prévus. Elle tient également à dénoncer ces faits auprès de l’opinion publique et à mettre encore une fois le pouvoir en place face à sa responsabilité dans toute détérioration de la situation.
Nouadhibou, le 14/05/2010
La Coordination Régionale de la C.O.D
jeudi 13 mai 2010
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