mardi 4 août 2009

article proposé au journal Le Monde, à la veille des fêtes du 5 Août 2008 et de l'anniversaire du 6 Août 2008

J’ai honte


Au premier anniversaire de son putsch du 6 Août 2008, le général Mohamed Ould Abdel Aziz aura été installé la veille dans les fonctions de président de la République Islamique de Mauritanie, en toute légalité, moyennant une reconnaissance internationale de la régularité du scrutin du 18 Juillet 2009. Cette élection aura été aussi contrainte que les consentements successifs des opposants à ce qui, à partir de la prétendue négociation de Dakar, il y a dix semaines, les a chacun enchaînés.

J’ai honte pour les Mauritaniens – pour ceux d’entre eux qui ont consenti, à un moment ou à un autre au processus de légitimation du coup militaire, pour ceux d’entre eux que ne choque pas l’affichage du portrait de leur président-fondateur Moktar Ould Daddah sur le même calicot que celui de l’homme fort, souligné poar le lien des deux dates : 1960, l’indépendance et 2009, la Mauritanie à nouveau nouvelle… mais est-ce que cela me regarde ? tandis que la politique françafricaine me concerne, et me fait encore plus honte.

La fête de Nouakchott est une honte parce qu’elle est un mensonge. La France officielle en est responsable. Dirigée par un joueur de poker dont l’immédiat entourage a reconnu l’exact et cynique analogue. Car Mohamed Ould Abdel Aziz n’a cessé d’imposer son jeu à ses compatriotes puis à une « communauté internationale » dont les points faibles lui furent signalés, à mesure, un par un, étape par étape.

Les Mauritaniens auxquels je me suis attaché depuis qu’en Février 1965 je vins chez eux pour, jeune énarque, y enseigner à leur Centre de formation administrative, et que Moktar Ould Daddah m’honora dès lors et jusqu’à sa mort de sa confiance et de son amitié au point de me faire relire ses mémoires [1] et de me faire contribuer à leur mise au point – ont été abusés sur la bonne foi des putschistes du 3 Août 2005 qui, renversant une autocratie de vingt ans, commencée en uniforme et dont le règne que consacrent les cérémonies du 5 Août 2009, a toutes chances de prendre exemple, s’étaient engagés à ne plus interférer dans la vie démocratique du pays. Ils montèrent, selon des rivalités et des accords de palais un piège à retardement qui fit du premier élu civil à un scrutin pluraliste, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le prisonnier de son état-major particulier et d’une garde prétorienne qui lui était imposée. Les Mauritaniens furent abusés sur les conditions – quasi-impossibles – dans lesquelles leur président tentait de s’émanciper et de gouverner. Ils ont été abusés toute cette année par une lecture simpliste et puérile de leur passé national uniquement fait de corruption et de gabegie, et par une mise au pilori des contestataires du putsch, précisément à raison de ce passé. La mise en œuvre envisagée des sanctions prévues par le traité de Cotonou liant l’Union européenne aux Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, et par la Charte africaine, dont la Mauritanie, quelques jours avant le coup, avait justement été la première à la ratifier, a fourni, en même temps que le massacre d’une patrouille dans le grand nord, prétexte à l’union nationale contre les agressions morales ou physiques. Malgré tout cela, une forte minorité de parlementaires, des manifestations de rue et le boycott de déplacements officiels du putschiste, signifiaient une prise de conscience – civique et démocratique, en faveur de la légalité – qui avait peu de précédent en Afrique et ne préjugeait en rien d’un bilan du président déchu et empêché de s’exprimer, autrement qu’indirectement.

Le destin hésitait donc, d’autant que la hiérarchie militaire n’était pas tout entière représentée dans la junte et que celle-ci était plus composite que dans sa mouture de 2005. Khadafi, président en exercice de l’Union africaine, abusa alors aussi bien ses pairs en contrevenant carrément aux décisions arrêtées par eux, que les principales parties mauritaniennes qu’il avait d’abord entendues chez lui. Elles se refusèrent toutes cependant, sauf le putschiste, qui n’y trouva donc pas sa consolidation. Des « états-généraux de la démocratie », destinés à faire paraître consensuelle l’anticipation forcée de l’élection présidentielle, n’y contribuèrent pas davantage puisque le principal parti d’alors n’en ratifia pas le compte-rendu. Il fallait donc plus. Déjà, à la mi-Octobre 2008 au moment de présider – au titre de l’exercice semestriel français – le groupe de consultations euro-mauritanien, Alain Joyandet avait assuré que personne à Nouakchott ne réclamait le rétablissement du président élu sans contestation dix-huit mois auparavant. A la fin de Mars 2009, Nicolas Sarkozy fit mieux que son secrétaire d’Etat et le Guide libyen ensemble : il assura mensongèrement avoir téléphoné à l’infortuné mauritanien, qu’il était bien le seul à l’avoir fait alors même qu’aucune manifestation ne soutenait ce dernier.

L’intervention française avait désormais habillage et vocabulaire – consensus et démocratie – alors que son soutien était acquis à Mohamed Ould Abdel Aziz, pour des raisons qui sont encore à démêler, mais dans lesquelles est pour beaucoup la méconnaissance de l’Afrique manifestée par Nicolas Sarkozy, découvrant à mesure de sa lecture publique à Dakar, un texte d’Henri Guaino lui-même inspiré par Hegel, sans reconnaissance de l’emprunt [2]. Et surtout pratiquant le gouvernement de la France à la manière de tant de ses homologues africains, comme si la Françafrique avait fini par faire tolérer en France ce que nous critiquons chez nos « protégés »… d’ailleurs le numéro deux de la junte – en dépit des interdictions européennes de visas pour les putschistes – était régulièrement reçu par Claude Guéant depuis la mi-Septembre. La soi-disant négociation d’un accord « inclusif » [3] à Dakar, sous l’apparence de multiples égides, a consisté pour la France, au mépris des décisions de l’Union européenne prises et publiées le 4 Avril 2009, à seulement convaincre le putschiste de surseoir à son plébiscite organisé pour le 6 Juin et décommandé seulement l’avant-veille au point que les candidats de paille pour les apparences du pluralisme y perdirent souffle et tire-lire pour la re-belote. Le texte de l’accord est resté inchangé du début à la fin, il n’est pas de rédaction mauritanienne et fut tellement imposé qu’initialement les opposants voulurent qu’ils figurent comme la contribution du putschiste à laquelle ferait pièce leur propre proposition de rédaction.

En échange d’un sursis au plébiscite, l’intoxication fut telle que 1° les opposants à la candidature présidentielle du militaire l’acceptèrent et, pour cautionner le scrutin, y participèrent, 2° sans autre garantie qu’une refonte de la Commission électorale laquelle fut cependant pratiquement empêchée d’aller sur le terrain, 3° le Premier ministre du gouvernement d’union nationale, malgré le vœu de l’opposition, resta celui nommé par les putschistes, 4° le décret prévoyant une nouvelle date du scrutin (le 18 Juillet), quoiqu’annulé par le Conseil constitutionnel à la veille d’imposantes manifestations, fut repris dès la formation du nouveau gouvernement, en sorte qu’aucun contrôle sérieux ne put être mis en place, faute de temps [4].

Il y avait cependant eu l’éventualité d’une ultime résistance, celle de l’élu au scrutin précédent. Sans son abdication formelle, tout le processus revenait à préférer un plébiscite à la poursuite d’un mandat de cinq ans exercé seulement quinze mois. Sidi Ould Cheikh Abdallahi était initialement résolu – j’en suis témoin par écrit – à ne consentir à signer la formation du gouvernement aux modalités convenus à Dakar qu’à plusieurs conditions, dont chacune était de bon sens. Qu’à la démission du président de la République légitime corresponde la dissolution de l’organe politique des putschistes (le « Haut Conseil d’Etat »), que la garde prétorienne soit également dissoute, que le gouvernement nouveau à former ait compétence pour revenir sur les textes et nominations intervenus depuis le putsch et consolidant celui-ci. En logique, enfin, l’élu du 25 Mars 2007 demandait à ne remettre ses pouvoirs qu’à l’élu quel qu’il soit du 1er Août 2009 (second tour du scrutin), ce qui l’eut placé en garant et arbitre, totalement désintéressé, du processus électoral à ouvrir et que depuis Janvier, il avait accepté d’entamer. Tellement circonvenus, ses partisans le laissèrent seul devant la responsabilité d’un échec de l’ensemble de ce qui était appelé une médiation. Quant à celle-ci, elle avait anticipé son suicide en tenant pour acquise, dès la première circulation du projet de texte à Dakar, sa « démission volontaire ». Sidi Ould Cheikh Abdallahi n’obtint que le changement d’appellation de la junte se rebatisant en Conseil supérieur de la défense nationale, prévu par l’article 34 de la Constitution – les compétiteurs du putschiste à l’élection ne perçurent pas tout ce qu’ils perdaient à ne l’avoir pas ultimement soutenu, conformément d’ailleurs à la pétition de départ d’une grande partie d’entre eux – mais son discours d’adieu, le 26 Juin, lui a conféré une autorité morale dont, sans doute, la Mauritanie fera bon usage.

Et il y eut l’élection du 18 Juillet, la fête du 5 Août et la déculpabilisation de la « communauté internationale ». Unanime, France comprise, elle avait initialement condamné le coup du 6 Août 2008.

Alors qu’à dix jours du scrutin, le putschiste-candidat était si peu assuré même de figurer au second tour qu’il menaça le pays et ses partenaires, à trois reprises, en réunion publique, d’un nouveau coup militaire, et qu’on pouvait donc croire à une défaite dans les urnes des prétentions militaires de trente ans –, alors aussi que les principaux opposants, y compris le chef de la junte précédente, s’accordaient contre de telles menaces et convenaient pour trois d’entre eux de gouverner en coalition ministérielle et parlementaire si l’un quelconque d’entre eux l’emportait –, les choses se dénouèrent pour Mohamed Ould Abdel Aziz, par une victoire, au premier tour à peine moindre que celle du dictateur précédent trois fois de suite.

Avant même que le Conseil constitutionnel et la Commission électorale aient commencé leurs travaux et leurs vérifications, la France a salué la légitimation du putschiste. Le commissaire Louis Michel avait désavoué le président français dans la journée de son mensonge de Mars. L’Union africaine n’avait pas suivi son président en exercice. La France, qui a reçu en pleine campagne présidentielle mauritanienne le putschiste en personne et son banquier, pour d’ultimes concertations et assurances, donne constamment le la. Et nos partenaires européens ont continué de respecter cette sidérante habitude que, dans son « domaine africain », c’est la France qui fait la décision. Alain Joyandet peut donc imiter son maître et assurer que la France a rendu la démocratie à la Mauritanie.

Bertrand Fessard de Foucault, ancien ambassadeur

[1] - Moktar Ould Daddah, La Mauritanie contre vents et marées (Karthala . Octobre 2003 . 669 pages)

[2] - Pierre Lembeye, Sarkozy . un président chez le psy (Scali . Février 2008 . 111 pages), pp. 66 à 73

[3] - « qui contient en soi qqch d’autre » - Larousse dit bien dans quel panneau on tombe

[4] - l’Union européenne, qui a seule savoir-faire, expérience et logistique, avait le budget mais demandait trois mois de délai, exactement celui prévu par la Constitution mauritanienne, à compter de l’ouverture de l’intérim

lundi 3 août 2009

journal de maintenant - lundi 3 août 2009

Lundi 3 Août 2009

Taqadoumy donne une « liste spéculative » du gouvernement, elle est manifestement familiale et rétributive, mais une autre dépêche fait état de propositions au F N D D et de la rumeur qu’Ahmed Ould Daddah serait gratifié de la participation d’un membre de sa famille au gouvernement. Ce ne pourrait être qu’un de ses neveux, soit l’un des délégués de Mohamed ould Abdel Aziz à Dakar, M° Brahim Ould Daddah, soit l’un des deux fils du président Moktar Ould Daddah…

Mon sage correspondant opine, sans évoque ces rumeurs, et traite l’essentiel : La période est indécise. Du côté de l’opposition, différents courants qui vont de l’option pour l’affrontement avec Mohamed Ould Abdel Aziz à une reconnaissance totale et peut- être une collaboration avec celui-ci. Du côté de Mohamed Ould Abdel Aziz et de ses amis, certains veulent exclure totalement l’opposition de la gestion ; d’autres veulent ‘l’amadouer’ en payant pour cela un prix qu’ils veulent le mois élevé possible. Il faut attendre, en particulier, la composition du nouveau gouvernement pour y voir plus clair.
Comme j’ai eu déjà à vous le dire, je n’attends rien d’intéressant de tout cela. Je ne pense pas que Mohamed Ould Abdel Aziz est porteur d’un projet de reformes sérieuses pour le pays. Il est très probable qu’on assiste a une continuation du discours et des pratiques qui ont caractérisé la gouvernance passée de Mohamed Ould Abdel Aziz. Il est très probable que la situation socio-économique continue à se dégrader, le retour a la coopération pour le développement devant prendre nécessairement du temps. Il est probable que la Communauté Internationale se rende de plus en plus compte qu’elle n’a pas aidé à régler grand-chose en Mauritanie et que les problèmes politiques demeurent. Cela pourra l’entrainer peut être à faire de nouvelles pressions sur Mohamed Ould Abdel Aziz et sur l’opposition pour un dialogue inclusif encourageant la formation d’un gouvernement véritablement d’union nationale ou du moins de large ouverture.
Bien entendu, Mohamed Ould Abdel Aziz n’épargnera aucun effort pour casser l’opposition par des débauchages de personnalités bien connues et en jouant le F.N.D.D. contre le R.F.D. Sa position par rapport au dialogue dépendra des résultats de ces efforts.


Le secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, qui s’était déjà engagé en faveur du putschiste dès la mi-Octobre 2008 [1], va représenter la France mercredi 5 à l’intronisation. Il déclare notamment à Radio-Monte-Carlo :
J'ai toujours dit que je voulais construire. Je pense que l'on ne construit rien sur les avis de décès. Aujourd'hui on est obligé de tenir compte de la mondialisation, de la concurrence que nous rencontrons, y compris dans les actions de coopération. Moi je revendique cette volonté d'influence pour la France, parce que je veux que la France soit présente. Et en même temps, notre présence fait que nous sommes exigeants et que c'est grâce à nous quelque part, que comme en Mauritanie, la démocratie revient. Donc il faut faire les deux : évidemment se battre pour le retour à la démocratie, pour la transparence, pour l'honnêteté totale dans les procédures de développement au plan international ; et en même temps être présent, positiver. Il faut penser à la jeunesse africaine et arrêter de vouloir construire l'avenir en regardant dans le rétroviseur. J'ai envie de construire avec ces jeunes ; c'est l'intérêt de la France et celui de l'Europe. Si on ne le fait pas, si les jeunes Africains ne construisent pas avec nous, d'ici 20 ans ils le feront avec quelqu'un d'autre.
Je ne tiens pas compte de ce factum et lui courielle sur ce qui me tient à cœur : la libération d’Hanevy, la sécurité politique de Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah, l’abus de l’image du président Moktar Ould Daddah. En annexe, le dossier Hanevy tel que le communique mon ami M° Brahim Ould Ebety, et la lettre reçue de la Commission européenne soulignant la vigilance de Bruxelles pour que soit respecté l’accord de Dakar, point VII, sur le dialogue national et les libertés publiques.

Monsieur le Ministre,
depuis la mi-Octobre 2008, j’ai suivi – davantage par les directeurs successifs de votre cabinet – votre politique et ce que vous incarnez pour la France en matière de coopération et de relations franco-africaines.

Je crois qu’au début de ce qu’il est convenu d’appeler la crise mauritanienne, vous avez souhaité que nous conversions là-dessus. Je continue quant à moi de le vouloir, et nous pourrons élargir le propos à l’ensemble de ces relations franco-africaines, nouvelle génération et nouvelle mouture. Vos convenances seront donc les miennes.

Puis-je d’ici là vous suggérer trois points pour la conversation que vous n’allez pas manquer d’avoir avec le général Mohamed Ould Abdel Aziz, en assistant dans sa capitale à son intronisation. L’appui, manifeste, que nous lui avons donné – malgré notre condamnation initiale – est d’ailleurs en continuité avec l’amitié que manifestait le président Chirac envers le colonel Maaouyia Ould Sid’Ahmed Taya (soutien en compagnie de Pierre Messmer et Hubert Védrine dans la campagne de sa réélection à l’automne de 1997, confiance a priori dans le processus de sa nouvelle réélection en 2003, réticence à son renversement en 2005).
Ces trois points sont d’immédiate actualité. Exposés par vous, ils seront sûrement compris par votre interlocuteur, en tête-à-tête :

1° le directeur de la publication du site électronique Taqadoumy, Hanevy Ould Dehah est en taule depuis le 26 Juin – coincidence avec le discours d’adieux du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, discours qui eut un très grand retentissement et a donné à celui-ci une autorité morale certaine – et son procès vient enfin – autre coincidence – à la date d’intronisation du général Ould Abdel Aziz. Ce site est l’un des plus visités et des plus fiables d’Afrique occidentale.
Le dossier est vide, la Cour suprême s’est prononcée pour la libération, l’accord de Dakar prévoit en point VII (je vous donne une lettre reçue de la Commission) le dialogue national à poursuivre et le respect ou la restauration des libertés publiques. Il serait dangereux – pour un pouvoir qui se veut nouveau – de commencer par des affaires de presse. L’opinion internationale, la nôtre en particulier, est très sensible à ce genre d’évidence.
Obtenir sa libération inconditionnelle marquerait votre voyage en Mauritanie et en Afrique, et dans les milieux français qui suivent les choses africaines. Ce serait non négligeable à l’heure de votre bilan.

2° le président de l’Assemblée nationale est une personnalité d’exception tant à raison de son opposition au putsch, pour des raisons simples de légitimité, que par le drapeau qu’il porte de naissance et explicitement depuis qu’il a fondé en 1978 le mouvement El Hor militant pour l’émancipation et la dignité des descendants d’esclaves. Peut-être serait-il bon de nous assurer qu’aucun coup tordu ne sera tenté pour le faire descendre de son « perchoir ».
Le rencontrer en tête-à-tête serait une utile évaluation des réalités mauritaniennes, pour vous.
De même, Ahmed Ould Daddah, si vous ne l’avez déjà reçu à Paris, est à rencontrer. C’est une tête admirablement construite. Il a été arrêté six fois sous le colonel Maaouyia Ould Sidi Ahmed Taya, il a l’expérience des processus électoraux en Mauritanie, il a à dire sur d’autres manières que les actuelles de prendre la question israëlo-palestinienne et arabe, et surtout il reste convaincu que le partenaire de la Mauritanie tout naturellement est l’Union européenne inspirée par la France. – Il a été décisif dans le processus de cette année.

3° ambitieux pour son image et son règne, le général Mohamed Ould Abdel Aziz affiche le portrait du père-fondateur Moktar Ould Daddah, avec le sien. Peut-être pourrez-vous faire expliciter cette formule et cette filiation spirituelle souhaitée ? Chacun y verrait plus clair, notamment en Mauritanie. Et nous-mêmes, par conséquent. Croyez en mes sentiments, Monsieur le Ministre, confiants et attentifs.
Aurai-je un écho ?

[1] - 17 Octobre 2008 - Mauritanie/France - " Les collectifs les plus attachés aux droits de l'homme ne demandent pas d'une manière ferme et définitive le retour du président " déchu, note le secrétaire d'Etat français à la coopération et à la Francophonie
Nouakchott, 17 oct (AMI) - " Même en Mauritanie, les collectifs les plus attachés aux droits de l'homme ne demandent pas d'une manière ferme et définitive le retour du président " déchu, a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat français à la coopération et à la Francophonie, M. Alain Joyandet. M. Joyandet qui répondait à des questions de Radio France internationale a précisé que " tout le monde dit quasiment aujourd'hui : il faut trouver la solution d'un retour à la constitution puisque c'est absolument impératif " mais que " personne ne dit Abdellahi doit être mis sur son siège ".

journal de maintenant - lundi 3 août 2009

dimanche 2 août 2009

urgence - pétition pour Hanevy Ould Dehah

Dimanche 2 Août 2009



Je courielle autant que je peux :


Mes chers amis,

puis-je vous inviter, s'il vous plaît, à signer et faire signer la pétition pour Hanevi Ould Dehah, le directeur de la publication du site - que vous connaissez tous - Taqadoumy. Il est urgent qu'on arrive à obtenir un maximum de signatures avant l'ouverture de son procès dans 72 heures.

http://appelcitoyen.org/


Je vous donne - ci-attaché - ce que je sais du dossier (vide en droit et en procédure, sinon à la charge du pouvoir qui porte atteinte aux libertés publiques et aux droits de l'homme). Evidemment, pratiquant Taqadoumy et ayant l'honneur d'être l'ami de son défenseur M° Brahim Ould Ebety depuis que le président Moktar Ould Daddah nous présenta l'un à l'autre, je ne doute pas que la cause soit honorable. Elle est évidemment décisive en début d'un règne dont les racines du 6 Août 2008 au 18 Juillet 2009 sont suspectes au regard du droit et de la morale.

Je vous donne aussi l'assurance que j'ai reçue de la Commission européenne selon laquelle les engagements pris à Dakar demeurent une charte s'imposant à tous : le point VII de cet accord traite du dialogue national et des libertés publiques, comme vous le savez.

Pardonnez-moi si cet appel à signature vous a déjà été transmis par un compatriote et donc par bien plus qualifié que moi.

Bien amicalement vôtre.


sur le site Appel Citoyen est donné ce texte :


Depuis quelques années, notre pays a connu plusieurs arrestations et procès de journalistes, pour des motifs liés à leur métier. La pratique atteint son paroxysme avec l’emprisonnement, en attente de son procès, de Hanevy Ould Dehah, jeune Directeur de Publication du journal électronique Taqadoumy, le 18 juin 2009, avant sa mise à l’écrou, enchaîné, selon un procédé inconvenant même envers les pires criminels.
Nous, signataires du présent appel, déplorons cet acte arbitraire et considérons, ici, le ciblage indu de la presse libre afin de la réduire au silence, en ce moment sensible de l’histoire de notre pays. Nous constatons combien cet abus constitue une régression de l’autonomie du journalisme, après nos récents acquis dans ce domaine.
En la circonstance regrettable, nous adressons une vibrante interpellation à l’endroit de tous les protagonistes du contentieux, pour :
1. Faire recouvrer sa liberté, immédiatement, par Hanevy Ould Dehah afin qu’il revienne à une vie normale et puisse s’acquitter de de sa noble mission ;
2. La mise en œuvre d’une commission d’enquête impartiale sur les motifs implicites et inavoués de l’arrestation humiliante dont a été victime ce brillant homme de plume;
3. L’application de sanctions contre les auteurs convaincus, en l’occurrence, de violation de la procédure légale et de la dignité de la personne, lors de l’interpellation et ce, dans le souci de prévenir une récidive ;
4. La garantie d’un procès équitable, transparent et honnête, si le justifient les charges retenues contre le prévenu.
Nous saisissons l’occasion pour inviter toutes les parties concernées et les partenaires de la Mauritanie, à :
1. Assurer le respect de la marge de manœuvre et d’expression des professionnels de la presse, gage premier de toute démocratie viable ;2. Réviser les lois organisant cette activité en vue de permettre son exercice serein hors de la moindre sujétion ou complaisance envers un parti ou une autorité judiciaire ;3. Abroger les peines restrictives de la mission des média, notamment les amendes exorbitantes ;4. Réformer le secteur de l'information, de manière à le préserver de l’amateurisme et de l’intrusion des contrefacteurs.

29 Juillet 2009

journal de maintenant - dimanche 2 août 2009