vendredi 29 mai 2009

positions de la junte vis-à-vis de l'Afrique et de la communauté internationale

Ci-après, deux documents qui se ressemblent et que j'ai annotés.
La lettre du "ministre" des Affaires étrangères aux instances africaines et de la consultation au titre de l'article 96 du traité de Cotonou = Février 2009.
Le papier proposé par les médiateurs à l'ouverture de l'actuelle "négociation" = Mai 2009.

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ANI publie le texte intégral de la proposition du HCE adressée à l'UA

Dans une lettre adressée le 12 février 2009 sous le numéro 00015/MAEC/M, par le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, Dr. Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, au Président de la Commission de l’Union Africaine, Son Excellence M. Jean Ping, le gouvernement mauritanien porte à la connaissance de ce dernier que «les autorités de la République Islamique de Mauritanie confirment leur engagement pris de recouvrer promptement la plénitude de l’ordre constitutionnel en Mauritanie, et que ce retour se fera conformément aux termes de la Constitution en vigueur du 20 juillet 1991».

Et notre ministre des Affaires étrangères de préciser : «L’intérim du Président de la République sera assuré par le Président du Sénat, au moins 45 jours avant l’élection du 6 juin 2009 » comme le stipule l’Article 40 de la Constitution.
Dans cette longue lettre de trois pages qui est une réponse à un courrier du Président de la Commission de la Commission de l’Union Africaine reçu le 6 février sous la référence PSD/23/423 demandant des éléments additionnels, Ould Mohamedou, affirme que «le rôle et les prérogatives du Haut Conseil d’État seront amendés pour confinées aux questions de sécurité nationale» et que «pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire (Article 40).»
Aussi, dans sa correspondance dont ampliation a été faite à Mouammar Kadhafi, Président de l’Union Africaine, à Louis Michel, Commissaire en charge du Développement et de l’Aide Humanitaire, Conseil de l’Union Européenne, à Amr Moussa, Secrétaire Général de la Ligues des Etats Arabes, à Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies, à Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie et à Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique, le MAEC rappelle au président de la Commission de l’Union Africaine que, conformément à l’Article 40 de notre Constitution, «le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assureront l’expédition des affaires courantes (Article 40) jusqu’à l’investiture du Président de la République démocratiquement élu et la formation d’un nouveau gouvernement».
Par ailleurs, le Ministre renouvelle l’invitation de la Mauritanie, faite dans un courrier le 4 février courant, au Président de la Commission de l’UA et au Commissaire à la paix et à la Sécurité pour venir s’assurer «des modalités pratiques qui seront entreprises afin de garantir le respect des termes sus-indiqués » et pour que leur soient réitérées «les garanties de transparence d’une élection concurrentielle, libre et juste le 6 juin 2009 ».

Voici le texte intégral de cette lettre :


Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

Nouakchott, le 12 Février 2009

Le Ministre
(A, ndlr)

Son Excellence M. Jean Ping
Président de la Commission de l’Union Africaine

«Monsieur le Président,

J’ai bien reçu votre courrier du 6 février courant (réf. PSD/23/423) pour lequel je vous remercie.
Comme j’ai le plaisir de vous en informer dans ma lettre du 4 février et lors de notre entretien à Addis-Abeba, les autorités de la République Islamique de Mauritanie confirment leur engagement pris de recouvrer promptement la plénitude de l’ordre constitutionnel en Mauritanie, et que ce retour se fera conformément aux termes de la Constitution en vigueur du 20 juillet 1991.

A cet égard, et en réponse à votre demande d’éléments additionnels, JE suis heureux de vous éclairer davantage en ce sens.

- Suite à l'adoption par le Parlement mauritanien dans ses deux chambres (Assemblée Nationale et Sénat), le 9 Janvier 2009, d’une Feuille de Route prévoyant une présidentielle avant six mois, un scrutin présidentiel sera organisé le 6 Juin 2009, avec, si nécessaire et en conformité avec l'Article 26 de la Constitution, un deuxième tour tenu quinze jours plus tard soit le 20 juin suivant. Le mode d'élection est le suffrage universel direct et le Président est élu pour un mandat de cinq ans une seule fois (Article 28). Conformément à cette même Feuille de Route, un projet de loi portant création d'une Commission Électorale Nationale Indépendante est en cours d'examen, depuis ce 10 février, à l'Assemblée Nationale et le Sénat.

- L'éligibilité à l’élection présidentielle du 6 Juin est définie selon les termes de la Constitution, en vigueur, du 20 Juillet 1991. «Est éligible à la Présidence de la République tout citoyen né mauritanien jouissant de ses droits civils et politiques et âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus, à la date du premier tour de l’élection» (Article 26).


- Les dossiers des candidatures à l’élection présidentielle, seront reçus par le Conseil Constitutionnel qui statuera sur leur régularité et proclamera résultats du scrutin (Article 26).

- Les conditions et formes d’acceptation de la candidature ainsi que les règles relatives au décès ou à l’empêchement des candidats à la Présidence de la République sont déterminées par une loi organique (Article 26). Cette loi organique est l’Ordonnance 87289 du 20 octobre 1987 qui précise dans son Article 111 : «Les cas d’inéligibilité relative sont les suivants : les agents des forces et de sécurité en service actif ; les fonctionnaires d’autorité servant dans la région à laquelle appartient la commune ; les magistrats ; toute personne chargée par ses fonctions de la tutelle municipale ou susceptible d'en être chargée par délégation ; et les fonctionnaires chargés par leur fonction de la tenue et du contrôle du compte de la commune».

- L'intérim du Président de la République sera assuré par le Président du Sénat, au moins 45 jours avant l’élection du 6 juin 2009 (Article 40).

- Le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assureront l’expédition des affaires courantes (Article 40) jusqu’à l’investiture du Président de la République démocratiquement élu et la formation d’un nouveau gouvernement.

- Le rôle et les prérogatives du Haut Conseil d’État seront amendés pour confinées aux questions de sécurité nationale.

- Pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire (Article 40).


En accompagnement des efforts poursuivis de l’Union Africaine et dans l’esprit de coopération préalablement exprimé, je vous renouvelle enfin notre invitation, faite dans ce même courrier du 4 février, à vous-même et au Commissaire à la Paix et à la sécurité à vous rendre en Mauritanie afin de vous assurer des modalités pratiques qui seront entreprises afin de garantir le respect des termes sus-indiqués.

Cette visite sera l’occasion, pour les autorités mauritaniennes, de vous réitérer les garanties de transparence d’une élection concurrentielle, libre et juste le 6 juin 2009.

Enfin, et dans le même esprit de transparence et d'engagement constructif, je vous informe que nous serons heureux de vous présenter formellement ces éléments à l’occasion de la réunion consultative du 20 février qui réunira les représentants de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, de la Ligue des Etats Arabes, des Nations-Unies, de l’organisation de la Francophonie et de l’organisation de la Conférence Islamique.

Veuillez agréer Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou

CC : - S.E. le Guide Mouammar Kadhafi, Président de l’Union Africaine
- S.E. M. Louis Michel, Commissaire en charge du Développement et de l’Aide Humanitaire, Conseil de l’Union Européenne
- S.E. M. Amr Moussa, Secrétaire Général de la Ligues des Etats Arabes
- S.E. M. Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies
- S.E. M. Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie
- S.E. M. Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique.

Date publication : 18-02-2009 21:54:55
Lecture N°: 141



position du Haut Conseil d’Etat indiquée à l'Union Africaine,
en vue de la réunion des 20.21 Février 2009


Mis en ligne par Agence Nouakchott Information
Date publication : 18-02-2009 21:54:55

Lecture et observations critiques BFF



Dans une lettre adressée le 12 février 2009 sous le numéro 00015/MAEC/M, par le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération, Dr. Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, au Président de la Commission de l’Union Africaine, Son Excellence M. Jean Ping, le gouvernement mauritanien porte à la connaissance de ce dernier que «les autorités de la République Islamique de Mauritanie confirment leur engagement pris de recouvrer promptement la plénitude de l’ordre constitutionnel en Mauritanie, et que ce retour se fera conformément aux termes de la Constitution en vigueur du 20 juillet 1991».

Et notre ministre des Affaires étrangères de préciser : «L’intérim du Président de la République sera assuré par le Président du Sénat, au moins 45 jours avant l’élection du 6 juin 2009 » comme le stipule l’Article 40 de la Constitution. – dans quelles conditions s’est ouvert cet intérim ? où est la déclaration du Conseil constitutionnel, constatant la vacance ou l’empêchement définitif ? cf. ce même article en son début

Art. 41 de la Constitution :
Le Conseil constitutionnel, pour constater la vacance ou l’empêchement définitif, est saisi soit par : le Président de la République ; le Président de l’Assemblée nationale ; le Premier ministre

Au moment du putsch et jusqu’à la mi-Septembre, aucune de ces trois autorités ne peut saisir le Conseil, tout simplement parce que Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Messaoud Ould Boulkheir sont réfractaires au coup militaire – cause évidente de l’empêchement – et que le Premier ministre en titre est celui de Sidi.
Les militaires ont alors oublié de faire opérer cette saisine par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf dès son entrée en fonction ou au plus tard au vote d’investiture par l’Assemblée nationale

Dans cette longue lettre de trois pages qui est une réponse à un courrier du Président de la Commission de la Commission de l’Union Africaine reçu le 6 février sous la référence PSD/23/423 demandant des éléments additionnels, Ould Mohamedou, affirme que «le rôle et les prérogatives du Haut Conseil d’État seront amendés pour être confinées aux questions de sécurité nationale» - c’est une des conditions posées par le R F D présidé par Ahmed Ould Daddah et que «pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire (Article 40).»

Aussi, dans sa correspondance dont ampliation a été faite à Mouammar Kadhafi, Président de l’Union Africaine, à Louis Michel, Commissaire en charge du Développement et de l’Aide Humanitaire, Conseil de l’Union Européenne, à Amr Moussa, Secrétaire Général de la Ligues des Etats Arabes, à Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies, à Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie et à Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique, le MAEC rappelle au président de la Commission de l’Union Africaine que, conformément à l’Article 40 de notre Constitution, «le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assureront l’expédition des affaires courantes (Article 40) jusqu’à l’investiture du Président de la République démocratiquement élu et la formation d’un nouveau gouvernement».
Par ailleurs, le Ministre renouvelle l’invitation de la Mauritanie, faite dans un courrier le 4 février courant, au Président de la Commission de l’UA et au Commissaire à la paix et à la Sécurité pour venir s’assurer «des modalités pratiques qui seront entreprises afin de garantir le respect des termes sus-indiqués » et pour que leur soient réitérées «les garanties de transparence d’une élection concurrentielle, libre et juste le 6 juin 2009 ». quelles sont ces garanties ?

Voici le texte intégral de cette lettre :


Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

Nouakchott, le 12 Février 2009

Le Ministre
(A, ndlr)

Son Excellence M. Jean Ping
Président de la Commission de l’Union Africaine

«Monsieur le Président,

J’ai bien reçu votre courrier du 6 février courant (réf. PSD/23/423) pour lequel je vous remercie.

Comme j’ai le plaisir de vous en informer dans ma lettre du 4 février et lors de notre entretien à Addis-Abeba, les autorités de la République Islamique de Mauritanie confirment leur engagement pris de recouvrer promptement la plénitude de l’ordre constitutionnel en Mauritanie, et que ce retour se fera conformément aux termes de la Constitution en vigueur du 20 juillet 1991.

A cet égard, et en réponse à votre demande d’éléments additionnels, JE suis heureux de vous éclairer davantage en ce sens.

- Suite à l'adoption par le Parlement mauritanien dans ses deux chambres (Assemblée Nationale et Sénat), le 9 Janvier 2009, d’une Feuille de Route prévoyant une présidentielle avant six mois, un scrutin présidentiel sera organisé le 6 Juin 2009, avec, si nécessaire et en conformité avec l'Article 26 de la Constitution, un deuxième tour tenu quinze jours plus tard soit le 20 juin suivant. Le mode d'élection est le suffrage universel direct et le Président est élu pour un mandat de cinq ans (Article 26), renouvelable une seule fois (Article 28). Conformément à cette même Feuille de Route, un projet de loi portant création d'une Commission Électorale Nationale Indépendante est en cours d'examen, depuis ce 10 février, à l'Assemblée Nationale et le Sénat.

C’est matériellement inexact. Le Parlement dans ses deux chambres a entendu une déclaration-bilan du gouvernement et reçu connaissance du document de synthèse des « états-généraux » tel que laborieusement établi par une commission de supervision de ces « états » nommés par la junte. Il n’y a pas eu de question sur ce document et encore moins de vote.

En revanche le 14 Septembre 2008, il y a eu vote sur un texte marquant l’opposition de la majorité parlementaire 1° à une législation électorale qui ne serait pas entièrement de confection et de votation parlementaires, et 2° et surtout à une candidature militaire

Cf. seconde pièce jointe

- L'éligibilité à l’élection présidentielle du 6 Juin est définie selon les termes de la Constitution, en vigueur, du 20 Juillet 1991. «Est éligible à la Présidence de la République tout citoyen né mauritanien jouissant de ses droits civils et politiques et âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus, à la date du premier tour de l’élection» (Article 26).


- Les dossiers des candidatures à l’élection présidentielle, seront reçus par le Conseil Constitutionnel qui statuera sur leur régularité et proclamera résultats du scrutin (Article 26). – revendication aussi bien du R F D que de la feuille de route du 14 Septembre : proclamation des résultats par la Commission électorale indépendante

- Les conditions et formes d’acceptation de la candidature ainsi que les règles relatives au décès ou à l’empêchement des candidats à la Présidence de la République sont déterminées par une loi organique (Article 26). Cette loi organique est l’Ordonnance 87289 du 20 octobre 1987 qui précise dans son Article 111 : «Les cas d’inéligibilité relative sont les suivants : les agents des forces et de sécurité en service actif ; les fonctionnaires d’autorité servant dans la région à laquelle appartient la commune ; les magistrats ; toute personne chargée par ses fonctions de la tutelle municipale ou susceptible d'en être chargée par délégation ; et les fonctionnaires chargés par leur fonction de la tenue et du contrôle du compte de la commune».

- revendication du R F D – considérer la position en service actif au 6 Août 2008
par construction, toute la junte est en activité – Ely Ould Mohamed Vall avait auparavant demandé en vain à passer au cadre de réserve. Mohamed Ould Abdel Aziz le lui avait refusé…

- L'intérim du Président de la République sera assuré par le Président du Sénat, au moins 45 jours avant l’élection du 6 juin 2009 (Article 40).

- Le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, considérés comme démissionnaires, assureront l’expédition des affaires courantes (Article 40) jusqu’à l’investiture du Président de la République démocratiquement élu et la formation d’un nouveau gouvernement.

- Le rôle et les prérogatives du Haut Conseil d’État seront amendés pour être confinées aux questions de sécurité nationale.

demander la rédaction envisagée

- Pendant la période d’intérim, aucune modification constitutionnelle ne peut intervenir ni par voie référendaire, ni par voie parlementaire (Article 40).
C’est pourtant ce qui aura lieu, sauf changement du calendrier, puisque le referendum de révision constitutionnelle se tiendra à la date du second tour de l’élection présidentielle : sauf à supposer que le général Mohamed Ould Abdel Aziz soit élu dès le premier tour et que la passation de pouvoirs ait lieu aussitôt, on sera encore en période d’intérim par le président du Sénat.

En accompagnement des efforts poursuivis de l’Union Africaine et dans l’esprit de coopération préalablement exprimé, je vous renouvelle enfin notre invitation, faite dans ce même courrier du 4 février, à vous-même et au Commissaire à la Paix et à la sécurité à vous rendre en Mauritanie afin de vous assurer des modalités pratiques qui seront entreprises afin de garantir le respect des termes sus-indiqués.

Cette visite sera l’occasion, pour les autorités mauritaniennes, de vous réitérer les garanties de transparence d’une élection concurrentielle, libre et juste le 6 juin 2009.

Enfin, et dans le même esprit de transparence et d'engagement constructif, je vous informe que nous serons heureux de vous présenter formellement ces éléments à l’occasion de la réunion consultative du 20 février qui réunira les représentants de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, de la Ligue des Etats Arabes, des Nations-Unies, de l’organisation de la Francophonie et de l’organisation de la Conférence Islamique.

Veuillez agréer Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou

CC : - S.E. le Guide Mouammar Kadhafi, Président de l’Union Africaine
- S.E. M. Louis Michel, Commissaire en charge du Développement et de l’Aide Humanitaire, Conseil de l’Union Européenne
- S.E. M. Amr Moussa, Secrétaire Général de la Ligues des Etats Arabes
- S.E. M. Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies
- S.E. M. Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie
- S.E. M. Ekmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire Général de l’Organisation de la Conférence Islamique.


il peut être utile de rappeler ce qu'avait été la position de l'Assemblée nationale en Septembre 2008
Mauritanie / Parlement Adoption d'une feuille route pour une sortie de crise
Nouakchott, 14 Sept (AMI)
- L'assemblée nationale réunie en session plénière dimanche à Nouakchott en présence de 56 députés a adopté le rapport de la commission ad hoc créée pour étudier la situation politique née du blocage institutionnel qui a conduit au changement du 06 Août dernier et la recommandation portant sur la situation politique du pays.
Le rapport de la commission chargée par l'assemblée nationale de l'étude de la situation politique née du blocage qui a conduit au changement du 06 Août 2008 a indiqué "que les députés ont constaté que l'ancien président a conduit le pays vers une série de crises entraînant le blocage de la bonne marche des institutions et se traduisant par de multiples tentatives visant à amenuiser les prérogatives du Parlement en matière de contrôle de l'action du gouvernement et des finances publiques ainsi qu'une forte tendance à consacrer un pouvoir autocratique au détriment des institutions et ce en plus de la mauvaise gestion à travers la propagation du népotisme, de la gabegie, de la corruption et de l'inflation des hautes fonctions au sein des sphères gouvernementales et des voyages très coûteux et peu rentables.
Le rapport a précisé que cette situation s'est répercutée sur les conditions de vie des populations et s'est caractérisée par une hausse des prix, une baisse du pouvoir d'achat et une détérioration au niveau des prestations de l'Etat et de ses services.
Le deuxième volet du rapport a proposé des solutions pour une sortie de la crise politique actuelle ayant conduit au changement du 06 Août dernier.
Ce volet a souligné les débats riches des députés sur les moyens susceptibles de faire revenir le pays à une situation constitutionnelle normale, indiquant qu'il s'agit là de choix et d'acquis nationaux sur lesquels, il n'est pas question de revenir.
Tirant les leçons des erreurs du passé et des lacunes constatées au sein de notre arsenal juridique et de la faiblesse des prestations des institutions de l'Etat, le rapport a également remarqué que les députés ont jugé nécessaire d'ouvrir un dialogue national serein entre l'ensemble des forces politiques. Les règles de ce dialogue seront fixées entre les différentes parties prenantes et forces politiques d'une part, et le Haut Conseil d'Etat et le gouvernement d'autre part et ce, en coordination étroite avec nos amis et partenaires au développement en particulier l'Union Africaine, la Ligue Arabe, l'Organisation de la Conférence Islamique, l'Union Européenne et les Nations Unies.
Le rapport de la commission, qui est annexée d'une feuille de route pour la nouvelle période de transition a indiqué que ce dialogue doit porter sur l'étude des moyens susceptibles d'amorcer des amendements constitutionnels de fonds pour moderniser et adapter notre arsenal juridique et constitutionnel avec les exigences de la vie démocratique dans cette période et la mise en place d'un scénario pour le retour à la vie constitutionnelle normale dans le pays.
Dans ce cadre, une élection présidentielle soit être organisée dans les plus brefs délais. Celle-ci, pour être transparente, libre et crédible doit être entourée de garanties suffisantes pour assurer la pleine neutralité nécessaire de l'Etat notamment de l'administration et de l'armée dont est issu le Haut Conseil d'Etat.
Le rapport souligne que cela signifie l'interdiction de candidature à tous les personnels prévus par la loi (magistrats, militaire etc.) et à tous ceux qui pendant cette période exercent des responsabilités exécutives susceptibles d'influencer les électeurs.
L'Assemblée nationale s'oppose à l'article 8 de la charte constitutionnelle en son alinéa 2 stipulant "lorsque pour des raisons quelconques le fonctionnement du parlement est entravé, le Haut Conseil d'Etat édicte par ordonnance les mesures de force législative nécessaires à la garantie de la continuité des pouvoirs publics et à la garantie de la liberté et de la transparences de l'élection présidentielle."
L'Assemblée Nationale engage le Haut Conseil d'Etat à abroger l'alinéa en question afin de sauvegarder la séparation des pouvoirs et l'intégralité des attributions constitutionnelles du Parlement.
Le gouvernement était représenté par le ministre de la communication et des relations avec le Parlement, M. Mohamed Ould Mohamed Abderrahmane Ould Moine entouré de certains de ces collaborateurs.
Les travaux de cette plénière se sont déroulés sous la présidence de M. El Arbi Ould Sidi Ali, 1er vice-président de cette chambre et en présence de 56 députés.

Mauritanie / Parlement Le groupe parlementaire de la majorité présente des éclaircissements sur la feuille de route
Nouakchott, 17 Sept (AMI)
- Le groupe parlementaire de la majorité l'assemblée nationale a animé un point de presse dans lequel, ses membres ont présenté des explication su les contenu de la proposition de résolution sur la situation politique du pays adoptée par l'assemblée nationale lundi dernier.
Les députés ont souligné au cours de leur point de presse les mauvais résultats de la crise politique et institutionnelle que connaît le pays ainsi que la dérive de l'ancien système et ses pratiques illégales.
Ils ont également indiqué que la résolution citée se compose de deux éléments principaux, dont le 1er porte sur les raisons qui ont conduit au blocage qui a entraîné le changement du 06 Août dernier.
Les députés ont condamné la mauvaise gestion de l'Etat dont la responsabilité incombe à l'ancien Président, la corruption et le gaspillage des ressources publiques, la multiplication des postes dans la haute hiérarchie de l'Etat, l'extension des délégations présidentielles lors de nombreux déplacements à l'étranger souvent sans intérêt ainsi que la dégradation des conditions de vie des populations.
Le 2ème axe de la proposition de résolution porte sur la période à venir et la mise en place d'un mécanisme de concertation et de suivi et l'ouverture d'un dialogue national entre les différentes forces politiques nationales sur la définition des critères et mécanismes en commun accord entre les partis politiques, le Haut Conseil d'Etat et le gouvernement et en coordination également avec nos frères et partenaires au développement".
La conférence de presse de la majorité parlementaire a été marquée par la présence de plusieurs représentants des délégations diplomatiques des pays frères et amis et des organisations internationales représentées en Mauritanie.
publié par Biladi . 24 Mai 2009
sans indication de la date – avec le commentaire suivant

Une première depuis le déclenchement de crise. Un projet d’accord a été soumis, la semaine dernière, par la médiation internationale, aux trois grands pôles politiques mauritaniens, Mohamed Ould Abdel Aziz, le FNDD et le RFD. Une proposition qui, semble-t-il, n’est pas parvenue à débloquer la situation. Biladi publie en exclusivité ce projet d’accord cadre mort-né.

accord cadre
entre les trois grands pôles politiques mauritaniens


1 . Les trois pôles majeurs de la vie politique mauritanienne s’accordent sur la nécessité d’une transition organisée de façon consensuelle dans le cadre du présent Accord politique. Ils s’engagent tous, par conséquent, à gérer ensemble la transition en participant aux élections (pour ceux qui le désirent), au Gouvernement d’Union nationale et à la constitution de la CENI.

2 . Entre une transition courte qui s’achève par l’organisation d’élections présidentielles en juillet ou bien une transition longue qui se conclut vers la fin de l’année, ils retiennent la première option pour les raisons suivantes : l’Union africaine, dans les situations de changement anticonstitutionnel, demande toujours que la transition et le retour à l’ordre constitutionnel soient organisés dans les six mois. La Communauté internationale soutient l’Union africaine dans cette option d’une transition courte mais bien organisée vers le retour à l’ordre constitutionnel.

3 . La conséquence d’une telle option est le déplacement du problème vers la transparence des élections en amont comme en aval, c’est-à-dire la fiabilité du fichier électoral, la crédibilisation du scrutin dans son ensemble, l’égalité de traitement des candidats, par les médias du service public, la neutralité de l’administration territoriale, l’observation rigoureuse du processus dans son ensemble par la communauté internationale sous la houlette de l’Union africaine assistée par des partenaires majeurs comme les Nations Unies, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, l’OIF, l’OCI et la Ligue des Etats arabes.

4 . Ils décident de signer cet Accord politique intérimaire dès le … afin de permettre la suspension du processus en cours et d’annoncer le report des élections à la nouvelle date du 11 juillet pour le premier tour. Cette date est déterminée par le calcul technique qui est présenté dans les points suivants. Cet Accord ne met pas fin à la poursuite du Dialogue politique national sur les autres points qui peuvent renforcer la réconciliation nationale et faire émerger une solution globale consensuelle ;

5 . Les trois pôles conviennent de proposer aux autorités étatiques (Conseil constitutionnel et Président par intérim) un nouveau calendrier de retour à l’ordre constitutionnel.

6 . 1ère phase de ce calendrier : dès la signature du présent Accord-cadre les négociations sont engagées pour la mise en place d’un nouveau gouvernement d’union nationale et d’une CENI consensuelle qui seront annoncés au plus tard le lundi 25 mai.

7 . Deuxième phase : s’étant engagé à appliquer le consensus des forces politiques, le Président SIDY signe dans la journée du lundi 25 mai – ce qui est sans préjudice pour les actes gouvernement signés antérieurement – le décret instituant le Gouvernement d’Union nationale et simultanément sa lettre de démission de ses charges de Président de la République afin de permettre au Président du Sénat d’assumer pleinement l’intérim de la Présidence de la République.

8 . Troisième phase : à compter du Mardi 26 mai une procédure de révision exceptionnelle des listes électorales en même temps qu’une réouverture de la liste des candidatures sont acceptées et mises en œuvre par les autorités compétentes pour une durée du mois pour arriver à une annonce des candidats retenus le Mercredi 24 juin. Suivront l’ouverture de la campagne le Jeudi 25 juin et le premier tour des élections présidentielles le Samedi 11 juillet .

9 . Concernant la demande de libération des personnalités en détention provisoire accusées de corruption, les Leaders politiques mauritaniens soutiennent une solution satisfaisante et urgente à ce problème, avant la finalisation de cet Accord, afin de favoriser le rétablissement du climat de confiance et la sérénité nécessaire aux succès de leurs pourparlers.

10 . Le Groupe de Contact internatinal comprenant les membres permanents et les membres africains du Conseil de Sécurité, les Nations Unies, l’OCI, l’OIF, la Ligue des Etats arabes, l’Union européenne, placé sous l’égide de l’Union africaine, garantit le présent Accord et sa mise en œuvre intégrale et s’engage fermement à contribuer par la logistique, la surveillance et l’observation sur le terrain au bon déroulement et à la crédibilisation des élections qui devront consacrer le retour de la Mauritanie à l’ordre constitutionnel.

Fait à Nouakchott, le ……………………………………


Cet Accord sera aussi signé par les témoins et facilitateurs suivants :
- Le Président Abdoualaye WADE, Président de la République du Sénégal, frère et voisin de bonne volonté, initiateur de l’Accord politique
- Le Représentant du Frère Guide Mouamar KHADAFI, Président en exercice de l’Union africaine
- Le Représentant du Président Jean PING, Président de la Commission de l’Union Africaine, au nom de la commission et du Groupe de Contact international
- Le Représentant des Nations Unies en Afrique de l’Ouest.

Le Présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les personnalités présentes à la Concertation des Leaders politique mauritaniens.


voici mon commentaire - adressé aux présidents Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Abdoulaye Wade

publié par Biladi . 24 Mai 2009
sans indication de la date – avec le commentaire suivant

Une première depuis le déclenchement de crise. Un projet d’accord a été soumis, la semaine dernière, par la médiation internationale, aux trois grands pôles politiques mauritaniens le journal ne dit malheureusement pas qui a écrit ce texte. Ni l’esprit ni la plume ne paraissent d’Afrique : non seulement le manque total de psychologie et de suivi de la Mauritanie, mais l’orthographe des noms et la présentation des personnalités, Mohamed Ould Abdel Aziz, le FNDD et le RFD. Une proposition qui, semble-t-il, n’est pas parvenue à débloquer la situation cf. les discours de campagne du général à Kiffa et à Aïoun. Biladi publie en exclusivité ce projet d’accord cadre mort-né.

accord cadre
entre les trois grands pôles politiques mauritaniens


1 . Les trois pôles majeurs appellation nouvelle, en tous cas pour moi : pourquoi ne pas les désigner ? de la vie politique mauritanienne – depuis le putsch, y a-t-il une vie politique « naturelle » ? non, il y a un clivage d’abord vis-à-vis du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi pendant les premiers jours, puis ensuite pour ou contre le putsch : le comprendre ou y applaudir ? enfin depuis la candidature militaire à une élection anticipée, pour ou contraire de principe une telle candidature ? s’accordent sur la nécessité d’une transition organisée – une transition entre quoi et quoi ? entre la dictature de la junte et l’élection de son chef ? ou bien les quinze mois d’exercice des fonctions présidentielles par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi ont-ils été une transition inorganisée ? et l’on efface pour tout recommencer ? de façon consensuelle – donc la médiation prétend faire travailler ensemble, plus intimement encore que vivre : le chef des putschistes, les légalistes demandant le retour au statut présidentiel de Sidi Ould Cheikh Abdallahi et à la situation d’avant le 6 Août, les « centristes » ou les « opportunistes » au sens non péjoratif de la IIIème République française pour désigner un tiers parti républicain donc contre les royalistes, mais ne soutenant pas des vues radicales, genre Gambetta, « opportunistes » partageant avec les putschistes le refus que soit jamais rétabli le président élu le 25 Mars 2007 mais s’opposant à eux sur la candidature de leur chef… dans le cadre du présent Accord politique. Ils s’engagent tous, par conséquent, à gérer ensemble la transition en participant aux élections (pour ceux qui le désirent) ce qui reviendrait à reconnaître et légitimer le putsch = impossible pour les légalistes, et la candidature militaire = inacceptable pour les opportunistes, au Gouvernement d’Union nationale et à la constitution de la CENI – elle est déjà constituée, présidée par un homme-affiche, défenseur patenté et parfois emprisonné : Cheikh Saad Bouh Kamara, mais composée selon la junte. J’avais suggéré par écrit et tête-à-tête avec le colonel Ely Ould Mohamed Vall que la CENI version 2005-2007 soit institutionnalisée : réponse, refus motivé par le coût d’entretien d’une telle institution.

2 . Entre une transition courte qui s’achève par l’organisation d’élections présidentielles en juillet ou bien une transition longue qui se conclut vers la fin de l’année – six mois, une version longue ? l’essentiel n’est pas de trouver un consensus sur la tenue d’élections anticipée, ce consensus ne se trouvera pas, il est de trouver un consensus sur les grands thèmes mauritaniens, dont les institutions à réinventer non par révision de la Constitution de 1991, mais vraiment selon l’atavisme mauritanien et l’expérience faite que le texte de 1991 a permis à la dictature de se perpétuer bien plus longtemps qu’elle n’avait duré sans constitution, et supposait, en démocratie, des habitudes et des patiences parlementaires dont le pays, en tout cas ses élus sont encore incapables, ils retiennent la première option – le papier a été rédigé dans l’avion sans avoir rencontré la « société civile » pour les raisons suivantes : l’Union africaine, dans les situations de changement anticonstitutionnel, demande toujours que la transition et le retour à l’ordre constitutionnel – qui l’a transgressé ? et pourquoi faut-il des élections pour y revenir. Au moins textuellement il suffit de rétablir le président élu en 2007, puisqu’aucune autre institution n’a été touchée, sauf le sursis aux élections sénatoriales en Avril, évidemment pour que la junte ne perde pas le président intérimaire qui lui convient soient organisés dans les six mois. La Communauté internationale soutient l’Union africaine dans cette option d’une transition courte mais bien organisée – la suite du texte montre que l’ « organisation » ne porte que sur les élections vers le retour à l’ordre constitutionnel.

3 . La conséquence d’une telle option est le déplacement du problème – non le problème ne peut être déplacé : il est né du renversement d’un président élu et de l’emprisonnement d’un Premier ministre qu’il avait nommé – comment passer du coup de force à une transition ? – le texte l’avoue plus bas puisqu’il requiert une abdication formelle de l’élu de 2007, autrement dit l’annulation d’une élection présidentielle, pour en faire prévaloir, celle précisément qu’on organise. Or, celle de 2007 a été préparée de très longue date et avec l’accord des parties et de la communauté internationale, processus de dix-huit mois que l’on veut ici contracter en six ou sept semaines vers la transparence des élections en amont comme en aval, c’est-à-dire la fiabilité du fichier électoral, la crédibilisation du scrutin dans son ensemble, l’égalité de traitement des candidats, par les médias du service public, la neutralité de l’administration territoriale, l’observation rigoureuse du processus dans son ensemble par la communauté internationale – c’est ne rien comprendre au déroulement des élections en Mauritanie depuis toujours, c’est-à-dire depuis leur inauguration par l’administration française. L’administration dispensatrice de bienfaits matériels pour une population démunie, et qui reste majoritairement dépendante, a tous les moyens d’influencer les votes. Le bourrage des urnes, voire la fraude totale à la transmission de résultats-bidons, cf. 1992, n’est que secondaire. La junte a changé tous les fonctionnaires d’autorité dans l’intérieur du pays comme dans les ministères. Tous les dévouements de l’Etat sont acquis au candidat militaire, dont la défroque n’est qu’apparente, il a affecté le complet-veston dès les premiers jours de son coup. La surveillance des élections est un leure. La garantie, c’est que du temps, un an ou deux, remettent Abdel Aziz à égalité avec les candidats n’ayant pas exercé le pouvoir : l’exemple est donné par Ely Ould Mohamed Vall qui aurait été – mais en trahissant les engagements de la junte de l’époque, ce dont l’ont empêché ses pairs – un candidat gagnant en 2007 et qui ne peut se présenter en 2009, alors même qu’il désapprouve la candidature d’Abdel Aziz (mais pas publiquement : la peur des représailles… comme la docilité des électeurs) sous la houlette de l’Union africaine assistée par des partenaires majeurs comme les Nations Unies, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, l’OIF, l’OCI et la Ligue des Etats arabes celle-ci est faborable presque depuis le début à la junte – le coup mauritanien est un révélateur du décvouplage Union africaine – Ligue arabe. Moktar Ould Daddah avait tellement travaillé à ce rapprochement entre les monarchies pétrolières, Khadafi, l’Egypte d’une part et les Africains noirs subsahariens d’autre part – coincidence ? c’est un coup militaire mauritanien qui montre que cet effort a été oublié.

4 . Ils décident de signer cet Accord politique intérimaire dès le … afin de permettre la suspension du processus en cours et d’annoncer le report des élections à la nouvelle date du 11 juillet pour le premier tour – passer du 6 juin au 11 juillet, est-il un changement. Il ne s’agit au plus pour Abdel Aziz que d’amener Ahmed Ould Daddah à candidater pour le battre de toutes façons et ainsi légitimer le plébiscite : dans l’état actuel des candidatures, quatre, toutes sont favorables au putsch. Cette date est déterminée par le calcul technique – je ne vois pas ce qu’il y a de technique dans ce qui suit qui est présenté dans les points suivants. Cet Accord ne met pas fin à la poursuite du Dialogue politique national (quel dialogue politique national existant à la mi-Mai ? sur les autres points qui peuvent renforcer la réconciliation nationale – les Mauritaniens sont unis, ils veulent la paix et l’efficacité, la justice du pouvoir – le coup militaire et les manœuvres militaires avant le coup pour fausser le jeu parlementaire ont créé le problème politique, aujourd’hui à résoudre – à mon sens, la question est de savoir si le système militaire se survivant depuis trente ans sera éradiqué par un énième putsch cette fois aboutissant à un retour à l’ordre antérieur au coup du 6 Août (Ahmed Ould Bouceif aurait-il rétabli Moktar Ould Daddah, on ne peut ni le dire ni l’exclure) ou par une bataille électorale où les « civils » ne peuvent l’emporter qu’étroitement unis et moyennant un long délai entre les démagogies multipliées depuis le 6 Août (cf. les 100 raisons de voter pour le général, mises en page par le frère aîné de son « ministre » des Affaires étrangères) et le scrutin et faire émerger une solution globale consensuelle à propos de quoi, des grands sujets mauritaniens ? constitution nouvelle ? pasif humanitaire ? cadre de l’activité économique excluant la corruption et les détournements ? ou de la tenue du scrutin plébiscitaire ? ;

5 . Les trois pôles conviennent de proposer aux autorités étatiques (Conseil constitutionnel, soit ! quoique son enregistrement de l’ouverture de l’intérim, parce que le chef de la junte a défroqué, le disqualifie en légitimité politique et en honnêteté juridique et Président par intérim c’est d’autant moins une autorité que plus bas cette autorité a besoin d’une abdication du président de la République, ressuscité quelques secondes – à jouer cela, il aurait fallu énoncer : le président de la République, empêché de force, le Premier ministre (en prison), le président de l’Assemblée nationale hostile au processus et le président du Sénat illégitime puisque l’élection périodique d’une partie de cette assemblée a été reportée) un nouveau calendrier de retour à l’ordre constitutionnel.

6 . 1ère phase de ce calendrier : dès la signature du présent Accord-cadre les négociations sont engagées pour la mise en place d’un nouveau gouvernement d’union nationale et d’une CENI consensuelle qui seront annoncés au plus tard le lundi 25 mai. – à supposer que l’accord ait été signé dès sa présentation à des parties qui ne l’avaient en rien négocié (sauf la junte), soit à la mi-Mai, il est naïf ou cynique de calculer qu’en une semaine après huit mois d’exception, un gouvernement aurait pu être formé sur une base consensuelle

7 . Deuxième phase : s’étant engagé à appliquer le consensus des forces politiques, le Président SIDY – il ne s’est engagé qu’à provoquer des élections anticipées, pas forcément présidentielles, dans un discours qu’il projetait de faire à son retour à Nouaklchott en janvier dernier mais qu’il a été empêché de prononcer – depuis il s’est engagé à favoriser le consensus et à le respecter une fois celui-ci formé – ce qui est ici proposé est tout simplement de servir les rédacteurs du document en régularisant l’intérim par le président du Sénat signe dans la journée du lundi 25 mai – ce qui est sans préjudice pour les actes gouvernement signés antérieurement la véritable purge en amont pour l’égalité des chances entre candidats qui s’inscriraient à l’issue de cet accord, alors qu’auparavant ils s’y refusaient, auraient été d’annuler toutes les nominations faites par la junte depuis le 6 Août … un gouvernement d’union nationale, c’est précisément un gouvernement qui aurait repris toutes les nominations pour ne placer le temps de la transition et de l’élection que des personnalités à Nouakchott et des administrateurs dans les régions, vraiment civiques et détachées du général-candidat – le décret instituant le Gouvernement d’Union nationale et simultanément sa lettre de démission de ses charges de Président de la République afin de permettre au Président du Sénat d’assumer pleinement l’intérim de la Présidence de la République. – contradiction : ce président du Sénat est-il actuellement en place légitimement ou faut-il la signature du président de la République et la démission de ce dernier ? cf. autrement dit l’article dans Le Calame du Pr. Mahmoud Ould Mohamed Salah

8 . Troisième phase : à compter du Mardi 26 mai une procédure de révision exceptionnelle des listes électorales en même temps qu’une réouverture de la liste des candidatures sont acceptées et mises en œuvre par les autorités compétentes pour une durée du mois pour arriver à une annonce des candidats retenus le Mercredi 24 juin. Suivront l’ouverture de la campagne le Jeudi 25 juin et le premier tour des élections présidentielles le Samedi 11 juillet .- cette précipitation n’a pas de sens, en tout cas elle n’a pas de portée sur la confection des listes, compte tenu du pays, des problèmes de communication et de l’inertie des populations en général

9 . Concernant la demande de libération des personnalités en détention provisoire accusées de corruption, les Leaders politiques mauritaniens soutiennent une solution satisfaisante et urgente – il n’y a de solution que la libération, qu’a décidé la Cour suprême par un arrêt que méconnaissent le parquet et le ministre de la Justice lui-même, cf. compte-rendu d’audience par M° Brahim Ould Ebetty à ce problème, avant la finalisation de cet Accord, afin de favoriser le rétablissement du climat de confiance – pas de confiance quand le général-candidat insinue la félonie du chef de l’opposition démocratique avant le coup du 6 Août, puis injurie les opposants à longueur de sa campagne, commencée dès le 6 Août , et nommément à la reprise formelle à Kiffa puis à Aïoun la semaine dernière et la sérénité – pas de sérénité dans la hâte nécessaire aux succès de leurs pourparlers.

10 . Le Groupe de Contact internatinal comprenant les membres permanents et les membres africains du Conseil de Sécurité, les Nations Unies, l’OCI, l’OIF, la Ligue des Etats arabes, l’Union européenne, placé sous l’égide de l’Union africaine, garantit le présent Accord et sa mise en œuvre intégrale et s’engage fermement à contribuer par la logistique, la surveillance et l’observation sur le terrain au bon déroulement et à la crédibilisation des élections qui devront consacrer le retour de la Mauritanie à l’ordre constitutionnel.

On comprend mal que le président élu en 2007 – renversé ou pas – ne soit pas signataire d’un accord, ou alors il faut supposer qu’il veille à son application, placé par consensus au-dessus de toutes les parties
Fait à Nouakchott, le ……………………………………


Cet Accord sera aussi signé par les témoins et facilitateurs suivants :
- Le Président Abdoualaye WADE, Président de la République du Sénégal, frère et voisin de bonne volonté, initiateur de l’Accord politique
- Le Représentant du Frère Guide Mouamar KHADAFI, Président en exercice de l’Union africaine – la Libye et son chef, en Mars dernier, ont au contraire tout compliqué. Ce papier n’est en réalité qu’une reprise, en termes écrits, des propositions faites à Nouakchott : ralliement de tous à la candidature du chef de la junte et acceptation par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi de son débarquement
- Le Représentant du Président Jean PING, Président de la Commission de l’Union Africaine, au nom de la commission et du Groupe de Contact international – tel qu’on peut le connaître, il ne serait pas à l’aise pour parapher un tel texte
- Le Représentant des Nations Unies en Afrique de l’Ouest.

Le Présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les personnalités présentes à la Concertation des Leaders politique mauritaniens.

Cette prise en considération de « leaders » est très nouvelle. Il y a des personnalités exerçant ou étant empêchées d’exercer des fonctions constitutionnelles. Il y a des partis, bien plus que trois, avec leurs chefs désignés selon leurs statuts. Pourquoi les uns et pas les autres ?









les majuscules – notamment pour les entités et institutions ainsi que pour les jours de la semaine – ou leur absence, et la présentation des noms propres et des qualités, sont celles de Biladi




les majuscules – notamment pour les entités et institutions ainsi que pour les jours de la semaine – ou leur absence, et la présentation des noms propres et des qualités, sont celles de Biladi

avec vous, combat d'un ami

Vendredi 29 Mai 2009


Mes chers amis,

vous le savez : depuis que j’ai effectué mon service national français chez vous, enseignant du 15 Février 1965 au 9 Avril 1966 au Centre de formation administratuie (alors dans le hangar où se proclama votre Indépendance nationale et où furent ensuité placées les archives de l’Etat) devenu Ecole nationale d’administration, je suis resté attaché à votre pays. Il m’est très cher, c’est une seconde patrie et j’ai été honoré de l’amitié et de la confiance de votre saint et si avisé et ferme fondateur, Moktar Ould Daddah – qu’il nous bénisse de sa mémoire et de son âme, et que Dieu, notre Dieu à tous, le fasse nous attendre auprès de Lui – honoré aussi de l’amitié et de l’accueil de beaucoup de vous, au fil des années.

Fréquemment chez vous tant que vous étiez présidés effectivement par Moktar Ould Daddah, je ne suis plus revenu qu’en l’accompagnant à son retour d’exil le mardi 17 juillet 2001. J’ai alors enquêté auprès de ses anciens ministres ou collaborateurs sur les raisons et l’ambiance du putsch du 10 Juillet 1978 : Abdoulaye Baro, Abdoul Aziz Sall, Abdallahi Ould Bah, Bocar Alpha Ba, Mohameden Ould Babah, Ely Ould Allaf, Ahmed Ould Sidi Baba, ceux que j'avais connu davantage "avant" et bien entendu Ahmed Ould Daddah, le premier de vous tous que j’ai rencontré, c’était avec sa très jeune et ravissante femme à la Cité universitaire de Paris, boulevard Jourdan. Et depuis, j’ai continué – mémoire orale recueillie autant sur l’époque d’avant 1978 qu’ensuite : les colonels Mustapha Ould Mohamed Saleck et Mohamed Khouna Ould Haïdalla m’ont exposé leur histoire et leurs raisons. Sidi Ould Cheikh Abdallahi, dont personne ne pensait qu’il allait être élu l’année suivante, ni ensuite déposé, m’a honoré de sa confiance, nous nous connaissions depuis les tournées de prise de contact dans l’intérieur avec Moktar Ould Daddah. Messaoud Ould Boulkheir m’a empoigné plusieurs soirées d’affilée. D’autres aussi, très proches du président Moktar Ould Daddah soit au pouvoir, soit au début de son exil : actuellement zélateurs d’une candidature dont les conditions ne me sont pas sympathiques, je ne les nomme pas mais j’espère leur revirement.

Depuis : deux événements mauritaniens, le premier avoir l’honneur et le privilège de relire les mémoires en projet du Président et de travailler avec lui et Mariem Daddah plusieurs mois d’affilée pour la mise au point qu’il souhaitait (printemps 2000 – printemps 2003), et le second être accueilli (depuis Mai 2007) pour une chronique anniversaire et actualisation du passé par
Le Calame.

Une telle imbrication à longueur de ma vie, avec des amitiés fermes et une forte imprégnation intellectuelle et documentaire depuis les cours que je donnais en 1965-1966, et la thèse sur Le pouvoir politique en Mauritanie que je rédigeais alors, a rendu instinctive la réaction toute personnelle que j’ai eue et publiée le 6 Août 2008. – Déjà en 2003, j’avais milité, aux côtés d’Ahmed Ould Daddah pour la régularité de l’élection présidentielle, et donc une observation et une logistique européennes : la Commission de l’époque les refusa.

Il ne serait pas efficace que je mette dès maintenant sur ce blog. des correspondances avec les principaux protagonistes, depuis le dernier coup.
En revanche, je crois utile d’y placer certaines analyses de ces mois-ci, et d’autres faites pendant la « démocratie de façade » et à sa chute en 2005.

Enfin, la contribution que les circonstances et la providence – celle qui m’a procuré tant de rencontres avec beaucoup de vous, et avec ceux que je ne nomme pas ci-dessus, par discrétion ou par prudence – me permettent d’apporter en cette période d’incubation d’une Mauritanie forcément nouvelle – pour son malheur ou pour une véritable résurrection – est sans doute la mise en ligne de la mémoire mauritanienne : soit les chroniques que
Le Calame veut bien accueillir, soit des extraits de mon journal personnel quand ils concernent la Mauritanie. Notamment des conversations avec le Président depuis 1965. Le Calame en donnera aussi. Formant un tout, à part, des pré-mémoires oraux qu’il me donna d’enregistrer et de dialoguer avec lui, à son arrivée en exil. Ils méritent d’ailleurs une diffusion radiophonique et une édition en CD.

Pour le fond, je me sens le devoir et me crois en situation documentaire de rédiger quelque chose qui soit disponible très prochainement, un outil aisé à manier et qui puisse aider aussi bien les enseignants que les jeunes générations : un Abrégé d’une histoire réconciliée de la Mauritanie . 1903 – 2009 ou … ensuite. Soit à part, soit pour former une introduction sous sa signature, il y aura pour la période historique antérieure les réflexions et hypothèses, des éléments de l’immense savoir de Mohamed Ould Maouloud Ould Daddah, avec qui j’ai eu le privilège déjà deux fois de travailler tranquillement une grande semaine, à Aïn Selama. Qu’il en soit déjà – ici – remercié. Par lui, j’ai pu aussi revoir Mohamed Ould Cheikh, décisif pour votre fondation.

En sus, j’essaierai de mettre en ligne des discours et documents – principalement ceux de la période fondatrice –, mais bien sûr il appartient à la
Fondation Moktar Ould Daddah d’organiser, de présenter et de donner à terme la totalité et l’exhaustivité de ces matériaux en les mettant en ligne. Comme chacun de vous le sait, elle est présidée – selon la volonté expresse du Président – par Mariem Daddah, mon amie éminente et si chaleureuse depuis mes débuts dans son et votre pays.

Dieu bénisse la Mauritanie, elle le mérite.



Mes chers amis mauritaniens,

ce
blog. que je vais maintenant nourrir régulièrement ce que je n’ai pas fait pour sa première année, est doublement pour vous : vous donner ce que je vous dois, c’est-à-dire de la documentation sur vous, et, en votre nom, constituer avec sans doute beaucoup d’autres (je pense aussi bien à d’autres blogs qu’aux sites tellement visités et si précieux dont vous disposez aujourd’hui) une des ouvertures de la Mauritanie aux sympathisants et aux chercheurs de l’extérieur.

Naturellement, dialoguer soit en commentaire de ce blog. au jour le jour, soit directement à mon adresse électronique, est mon souhait : très vif./.

dimanche 26 avril 2009

journal - il y a quarante-quatre ans... première audience du président Moktar Ould Daddah

Nouakchott . Mardi 27 Avril 1965 . 21 heures 30

J’ai été reçu en audience, par le Président de la République, M° Moktar Ould Daddah, lundi 26 Avril 1965, à 12 h. pendant trois quarts d’heure.

Très grande simplicité. Impression de quelqu’un de très attentif, de très détendu, de très enfant, de sincère, de jeunesse. Feu vert pour ma thèse. Il faudra simplement que je délimite mon sujet avec sa femme, Mme Moktar, qui va faire quelque chose sur le Parti (c’est le seul point noir. Si Mme Moktar est trop gourmande, que ferai-je ?).
Cela fait, il rédigera une circulaire, dont j’aurai la copie qui me donnera accès à tout.
Il accepte de me voir quand je le voudrai.
But de cette thèse à ses yeux : choc intellectuel dans les conceptions occidentales de la démocratie, et des systèmes politiques.
D’accord sur le fait que tout tourne autour du congrès de Kaédi.

Bureau vaste. Fond de boiserie. Bureau vaste et assorti. Encyclopédie musulmane sur un meuble bibliothèque. Impression de calme et de détente et de jeunesse du Président. Comme me l’avait laissé attendre, Jean-Marie
[1] : je suis sous le charme.


[1] - Jean-Marie Ballèvre, ancien élève de l’Ecole nationale de la France d’Outre-Mer, administrateur, ayant « commandé » à Moudjeria, à Méderdra puis commandant du cercle de la Baie du Lévrier (Port-Etienne, future Nouadhibou), il est conseiller technique au ministère du Plan quand j’arrive en Mauritanie et travaille auprès de Bocar Alpha Ba, Bamba Ould Yezid, Birane Mamadou Wane qui s’y succèdent ; à l’époque, son accueil, celui de sa femme Catherine, plusieurs fois par semaine à leur table, et nos matinées de plage, sont décisifs pour mon équilibre personnel et aussi un dialogue sur ce que je découvre à mesure du pays ; je le surnomme donc « mon père en Mauritanie »

dimanche 15 mars 2009

la soi-disant médiation de Khadafi - communiqués de dénégation 11 & 14 Mars 2009




République Islamique de Mauritanie
Cabinet du Président de la République
Le Conseiller Porte-parole du Président de la République


Communiqué de presse


Fidèle au serment qu’il a prêté lors de son investiture de défendre la Constitution et les institutions de la République qui en découlent, et conscient par ailleurs des périls politique, économique et social auxquels le pays se trouve désormais exposé du fait du coup d’état perpétré le 6 Août 2008 contre la légitimité républicaine, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi s’est employé avec la calme détermination et l’ouverture d’esprit qui le caractérisent à mettre en échec ce coup d’état et à dénoncer la fuite en avant qui en a été la conséquence inévitable : violation des libertés individuelles et collectives, dilapidation des deniers publics et des ressources du pays, déstabilisation de l’administration de l’Etat à travers les règlements de compte et le clientélisme, domestication des media publics,…etc. Sans parler de la détérioration de l’image du pays auprès des bailleurs de fonds, des investisseurs étrangers et des agents économiques nationaux.

Ce combat patriotique et pacifique, le Président de la République le poursuit aujourd’hui, comme depuis le premier jour, avec l’adhésion et le soutien sincères des forces démocratiques (partis politiques, syndicats, organisations de la société civile et leaders d’opinion) attachées à la légalité constitutionnelle et à la préservation des acquis démocratiques qui ont fait du pays, jusqu’au 6 Août 2008, un modèle de conversion réussie aux valeurs de liberté, de concorde nationale, de paix et de stabilité institutionnelle en Afrique et dans les mondes arabe et musulman.

C’est dans ce contexte, et pour éviter au peuple mauritanien les conséquences tragiques de la dérive totalitaire à l’intérieur, et de l’isolement économique et diplomatique à l’extérieur, qu’il a développé le 22 Janvier 2009 une initiative de sortie de crise qui, tout en préservant l’ordre constitutionnel par la mise en échec du coup d’état militaire, offre aux acteurs politiques nationaux de toutes tendances, l’occasion de se concerter pour mettre au point une solution consensuelle devant déboucher sur des élections générales présidentielles et législatives anticipées, supervisées par un gouvernement d’union nationale de leur choix, et auquel il était disposé à donner tous les pouvoirs par eux jugés nécessaires à cet effet.

Le communiqué du 20 Février 2009 émanant du Groupe de Contact International est venu confirmer une telle orientation en rejetant l’agenda unilatéral des putschistes et en encourageant les acteurs nationaux à engager un dialogue constructif avec pour cadre de référence son communiqué du 21 Novembre 2008 et les résolutions de l’Union Africaine, qui réaffirment le rôle déterminant du Président de la République dans tout processus de sortie de crise.

C’est fidèle à cette orientation que le Président de la République a accepté l’invitation du Guide Mouammar Kadhafi pour visiter la Jamahiriya et s’entretenir avec lui de la crise qui prévaut dans notre pays, dans le cadre des recommandations du Groupe de Contact International exprimées dans le communiqué du 20 Février 2009. Dans le même esprit, et en concertation avec le Président de l’Assemblée Nationale et les dirigeants du Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD), le Président de la République a tout mis en œuvre pour assurer le succès de la médiation libyenne.

Le Président de la République Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ne peut aujourd’hui qu’exprimer sa grande déception et sa profonde amertume devant l’échec de cette médiation, échec dont les causes ne peuvent aujourd’hui échapper à personne, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Mauritanie, car elles relèvent aussi bien de la forme que du fond.

En ce qui concerne la forme, cette médiation a été précédée d’une acceptation par l’Etat Libyen des lettres de créance d’un soi-disant ambassadeur du régime putschiste, puis couronnée par une visite d’Etat en Mauritanie, qui a constitué en somme, une reconnaissance de facto, du fait accompli putschiste, au prétexte de la célébration de la naissance du Prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui. Le Président de la République laisse au peuple mauritanien et aux observateurs étrangers amis de la Mauritanie le soin de tirer les conclusions qui s’imposent du sort qui a été réservé au cours de cette visite, et sous l’égide du pouvoir putschiste, à la souveraineté nationale, à la dignité du peuple mauritanien, ainsi qu’aux principes mêmes de l’ordre démocratique universel.

Quant au fond, le médiateur du Groupe de Contact International, de surcroit Président en exercice de l’Union Africaine est venu proposer, pour ne pas dire essayer d’imposer, le fait accompli du putsch en demandant, sans autre forme de procès, le départ du Président démocratiquement élu et l’application intégrale de l’agenda unilatéral de la junte militaire, transmettant ainsi à celle-ci un message erroné du Groupe de Contact en général et de l’Union Africaine en particulier, et les encourageant donc dans leur fuite en avant vers une catastrophe certaine, propre à mettre en péril l’existence même du pays.

Le Président de la République salue à cette occasion la résistance courageuse conduite par le FNDD et les forces démocratiques, ainsi que leurs positions fermes et leur engagement constant en faveur de la préservation de la dignité du pays et de la défense de ses acquis démocratiques.

Il salue, en particulier, le combat du Premier Ministre et des autres dirigeants du FNDD illégalement détenus, ainsi que la résistance de l’ensemble des citoyens mauritaniens qui, après avoir fait de notre pays un modèle de démocratisation réussie, donnent aujourd’hui au monde entier une belle leçon de lutte héroïque contre le despotisme et l’arbitraire.

Il exhorte toutes les forces nationales libres à persévérer dans leur combat légitime pour la restauration de la démocratie.

Il appelle la Communauté Internationale à assumer pleinement ses responsabilités et à préserver les principes qu’elle s’est donné par un soutien sans équivoque à la lutte démocratique et pacifique que mène le peuple mauritanien depuis le 6 Août 2008, dans le but de restaurer la légalité constitutionnelle, unique rempart contre les dérives totalitaires et le chaos économique et social en Mauritanie.

Le Président de la République réitère enfin, dans leur lettre comme dans leur esprit, les termes de l’initiative de sortie de crise proposée dans sa lettre du 22 Janvier 2009 au sommet de l’Union Africaine, complétée et explicitée dans sa lettre adressée au Groupe de Contact International réuni à Paris le 20 Février 2009.


Nouakchott, le 14 Mars 2009
Ahmed Samba Ould Abdallahi Ould Samba




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Rassemblement des Forces démocratiques - président Ahmed Ould Daddah

Déclaration

Une délégation du RFD a pris part, le 11 Mars 2009, à une réunion de concertation des trois parties impliquées dans la recherche de solution à la profonde crise institutionnelle et politique qui prévaut dans notre pays : Le RFD, le FNDD et le HCE.

Cette rencontre, qui n’a malheureusement abouti à aucun résultat, a été organisée sous les auspices du frère Mouammar Kaddafi, président de l’Union Africaine (UA) désigné à cet effet par le Groupe de Contact International sur la Mauritanie.
C’est ici le lieu de rappeler que la base de cette médiation est le communiqué publié à Paris par ce groupe de contact, à la date du 20 Février 2009.

Animés par le souci de contribuer à la mise en place d’une solution consensuelle conforme à l’option démocratique que le Peuple mauritanien s’est librement fixé, les représentants du RFD ont exposé leurs propositions de sortie de crise, de nature à garantir un retour à une vie constitutionnelle normale.

Ils ont exprimé leur rejet de la situation de fait qui prévaut actuellement et qui n’obéit ni à la légalité constitutionnelle ni à un consensus national.
En conséquence, le Parti ne peut que regretter tout propos qui tend à consacrer la conquête et l’exercice du pouvoir par la force.

Le RFD demeure convaincu que la sortie de crise passe nécessairement par la prise en considération de son initiative en date du 03 Février 2009.
Il considère comme condition sine qua non à la réussite du dialogue l’annulation pure et simple de l’agenda électoral (conditions d’éligibilité, CENI, date du scrutin…etc.) unilatéralement engagé par le HCE.

Nouakchott, le 11 Mars 2009


La Direction de la Communication



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Front National pour la Défense de la Démocratie
(FNDD)

Nouakchott, le 11 Mars 2009

Communiqué de Presse


Le Front National pour la Défense de la Démocratie a été l’un des tous premiers à accueillir favorablement la proposition de la Communauté Internationale visant à organiser une concertation entre les différents protagonistes de la crise mauritanienne ; concertation dont l’objet était de dégager, de manière consensuelle, une solution à cette crise, née du coup d’état perpétré contre le premier chef d’état civil élu démocratiquement dans le pays.

Tout comme il a été en tête de ceux qui ont salué la mission d’intermédiation de l’Union Africaine dont a été investi le frère Mouammar Kadhafi, Guide de la révolution libyenne.

C’est ainsi que le Front dans un communiqué rendu public le 6 Mars 2009, a exprimé son entière disponibilité à contribuer au succès de cette intermédiation, en conformité avec la constitution mauritanienne, et en concordance avec les décisions de l’Union Africaine et les recommandations du Groupe de Contact International.

Dans ce cadre, le Front a rencontré la délégation libyenne au cours des deux derniers jours et a exprimé lors de ces rencontres son souhait et sa disponibilité à contribuer à la recherche d’une solution constitutionnelle. A cet effet, il a avancé des propositions pratiques qu’il jugeait indispensables à l’instauration d’un climat favorable à un dialogue constructif. Ces rencontres ont été couronnées par une réunion à huis clos avec le Président en exercice de l’UA et regroupant des représentants des différents protagonistes.

A cette occasion, les dirigeants du Front ont exprimé leur rejet des propositions visant à consacrer le fait accompli putschiste, propositions dont il apparaissait à l’évidence qu’elles étaient un postulat pour les médiateurs car ils n’ont cessé de tenter d’y rallier, par tous les moyens, les dirigeants du Front dans une vaine tentative de faire revenir celui-ci sur ses positions inébranlables de rejet de la prise en otage du pays par une junte putschiste aveuglée par des intérêts dérisoires et égoïstes.

Par la suite, est venue la goutte qui a fait déborder le vase lorsque le Guide Kadhafi s’est laissé aller à discourir sur notre pays de manière inconvenante, parlant de son histoire et de son présent en des termes qui portaient atteinte à sa dignité et à sa souveraineté et concluant son discours par des propos qui ne souffraient aucune ambigüité dans leur contradiction avec les positions arrêtées par l’Union Africaine, dans leur déni des principes-mêmes et des règles de l’ordre démocratique tout comme dans leur incompatibilité avec son rôle de médiateur.

Ce à quoi, le Président de l’Assemblée Nationale et les autres dirigeants du Front ont répondu par leur retrait honorable d’une salle où le passé et le présent de la Mauritanie se sont trouvés piétinés et les coups d’état publiquement bénis par le président de l’Union Africaine lui- même !

Le Front National pour la Défense de la Démocratie, tirant les conclusions qui s’imposent de ce qui s’est passé, et en expression de son attachement à ses convictions démocratiques, estime devoir faire part à l’opinion publique nationale et internationale des positions suivantes :

- Son refus total de voir le passé et le présent de la Mauritanie bafoués et son avenir envisagé comme un laboratoire pour les expérimentations d’autrui ;

- Son refus de voir le fait accompli érigé en principe fondateur pour la recherche d’une solution à la crise ainsi que son attachement à ses positions constantes de rejet du coup d’état car toute solution doit passer par le retour à l’ordre constitutionnel à travers le rétablissement dans ses fonctions du président légitimement élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ;

- Son adhésion sans faille aux principes et déclarations de l’Union Africaine ainsi qu’aux recommandations et prises de positions de la Communauté Internationale unanimement acquises à la nécessité de mise en échec du coup d’état dans l’intérêt supérieur de continent africain, de la paix et de la stabilité internationales.

- Sa considération des déclarations du Président Kadhafi prenant fait et cause pour la junte militaire putschiste comme une atteinte fondamentale à son rôle de médiateur et une violation des directives de la Communauté Internationale.

A cette occasion, le Front National pour la Défense de la Démocratie renouvelle sa disponibilité pour tout dialogue sérieux, mené en conformité avec les principes et les actes de l’Union Africaine ainsi qu’avec les communiqués de la Communauté Internationale, et notamment la déclaration d’Addis Abeba en date du 21 Novembre 2008.

Nouakchott, le 11 Mars 2009

La Commission de la Communication
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blog. politique quotidienne française et internationale

vendredi 26 décembre 2008

document - texte du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi & réplique par Mohamed Hassen Ould El Hadj

Ce que vient de publier dans ses dernières livraisons, Le Calame me paraît important autant pour l'Histoire en train de se faire, que pour l'actualité de ces jours-ci (veille de l'ouverture d' "états généraux de la démocratie")

J'y reviens pour le commenter - mais le vôtre est très bien venu... merci

Sidi Ould Cheikh Abdallahi

propos recueillis le 15 Octobre 2008,
publiés par Le Calame 16 Décembre 2008

Le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi évoque dans un document inédit
16-12-2008 (881 lectures)

son bilan à la tête de l’Etat et le coup d’Etat du 06 août

‘’Ould Abdelaziz n’aurait jamais accepté d’être démis de ses fonctions, même si cela devait le conduire à faire couler le sang de soldats mauritaniens’’

Lors de son séjour en prison et en réaction aux discours de ses tombeurs et de leurs soutiens qui l’accusent de tous les maux, le président Sid Ould Cheikh Abdallahi a rédigé ce document -qu’il voulait rendre public- qui évoque son bilan au cours des 15 mois qu’il passés à la tête de l’Etat et les conditions dans lesquelles s’est déroulé le putsch du 6 août dernier. Il l’a intitulé ‘’Quelques informations et commentaires à propos du Coup d’Etat du 6 août 2008’’.
Le Calame a réussi à se procurer le document par l’entremise d’un membre de l’entourage du président et le publie cette semaine en exclusivité, après avoir obtenu le feu vert de l’intéressé.



1 – Rappel




J’ai fait part dans une déclaration publique faite le 4 juillet 2006 des raisons qui m’ont conduit à prendre la décision de me présenter comme candidat indépendant à la Présidence de la République.

Je précise qu’à cette date-là, ma connaissance des officiers Mohamed Ould Abdelaziz et Mohamed Ould Ghazouani se limitait à des images renvoyées par la Télévision.

Je précise également que je suis revenu en Mauritanie depuis le 15 juin 2003, au terme d’un séjour de quelques années au Niger. Ceci pour démentir certains propos tenus récemment sur les antennes d’une radio internationale laissant entendre que les militaires m’ont fait venir de l’étranger pour faire de moi leur candidat.

J’ai mené une campagne électorale intense qui m’a permis, partout à l’intérieur du pays, de présenter mon programme électoral, programme qui a bénéficié avec enthousiasme, de l’adhésion de très larges couches de la population.

Depuis mon élection avec 52,85% des suffrages, je me suis attelé à la mise en œuvre de ce programme.

Le premier gouvernement que j’ai formé était composé essentiellement de technocrates, pour le choix desquels les critères privilégiés ont été la compétence et l’absence d’antécédents en matière de mauvaise gestion. Pourquoi un tel choix au lieu de celui d’un gouvernement politique ou même d’un Gouvernement d’union nationale? C’est le lieu ici de rappeler que j’ai été élu à l’issu d’un second tour difficile qui m’a amené à conclure des accords électoraux qu’il me fallait respecter. D’autre part, la majorité qui m’a soutenu était dispersée dans une mouvance de personnalités avec une multitude d’ambitions et de requêtes individuelles. De plus, cette majorité était hostile à toute ouverture en direction de l’opposition et ne voulait nullement d’un gouvernement d’union nationale. La formation du Gouvernement a donc été mal perçue par un nombre important de personnalités indépendantes élues et non élues. Elle portait en elle les prémisses du changement prévu par le programme du Chef de l’Etat. Même si ces personnalités déclaraient souhaiter le changement, en réalité elles le redoutaient. Rien n’indiquait, en effet, que les pratiques privilégiées par elles, consistant à financer par des fonds publics leurs activités politiques et à asseoir leur notoriété, allaient être maintenues.

Ce premier Gouvernement s’est, pour l’essentiel, acquitté de sa mission en dépit de conditions et de circonstances particulièrement difficiles. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler le contexte qui a été marqué, à l’extérieur par un accroissement sans précédent des prix des denrées alimentaires et du pétrole et à l’intérieur par une demande sociale très forte pour l’amélioration rapide des conditions de vie des populations. Des frustrations accumulées au fil des années ont été exploitées par l’opposition politique, aidée en cela par une grande liberté de la presse y compris dans les médias publics.

Moins d’un mois après la formation du Gouvernement, des manifestations, en particulier contre la pénurie d’eau, ont commencé à se déclencher à Nouakchott. Quelques mois plus tard, ce fut le tour des habitants de certaines localités de l’intérieur du pays de protester contre les hausses des prix des produits de première nécessité. Ces agitations ont été largement instrumentalisées par l’opposition et, plus particulièrement, le RFD.

En dépit de ce contexte, le Gouvernement a pu, avec une compétence et une forte détermination :
-Préparer en sept mois un programme triennal de développement qui a été très apprécié par le groupe consultatif tenu à Paris fin 2007 à l’occasion duquel les bailleurs de fonds ont pris des engagements de financement allant au-delà de nos requêtes;
-Assurer le maintien des grands équilibres macro-économiques et obtenir un taux de croissance du PIB, hors pétrole, de 5,9% pour l’année 2007
-Intervenir à la fin de l’année 2007 pour limiter les effets négatifs de la montée des prix des denrées alimentaires importées, tout en assurant la poursuite de ses objectifs économiques et financiers, et de son programme de réformes ;
-Mettre en œuvre des décisions importantes prises relativement au retour des réfugiés et à l’éradication de l’esclavage et de ses séquelles ;
-Entreprendre des réformes courageuses dans différents domaines, dont celui de l’Education ;
-Entreprendre un travail sérieux en matière de décentralisation régionale de développement local et de modernisation de l’administration;
-Prendre des mesures pour plus de transparence économique et administrative et pour une lutte effective contre la corruption.
-Impliquer davantage la femme dans tous les rouages de la vie active du pays;
-Elargir le champ des libertés d’expression, d’organisation et plus généralement des libertés individuelles. Notons que le pays ne comptait aucun détenu d’opinion avant le putsch.
-Mettre en place l’institution réservée au statut du Chef de l’opposition
-Assurer une plus grande justice dans le traitement des citoyens et une neutralité de l’Etat plus affirmée par rapport aux différents cercles et groupes qui exerçaient des influences et des interférences souvent partiales sur les pouvoirs de décision.

Ces différents chantiers devaient se traduire, si on leur avait donné le temps, par une profonde modernisation du mode de gestion et de fonctionnement de l’Etat et par un développement économique et social sans précédent.

Certes, des insuffisances étaient notées ça et là. Il y avait l’inexpérience de l’équipe, il y avait les obstacles et difficultés inhérents à des changements d’une telle importance dans un pays qui entrait dans un système démocratique véritable. Dans l’opinion, le doute s’installait parfois sur la cohérence dans le fonctionnement des différents leviers du système et en particulier sur la croyance à un dualisme Présidence-Primature.

En parallèle et durant toute cette période l’effort politique s’était porté sur la nécessité de construire une majorité politique nouvelle capable d’appuyer l’action d’un gouvernement de reforme et de changement, dans le contexte de la construction d’un système démocratique véritable. Le travail réalisé au sein de la mouvance des indépendants a fini par donner naissance à un nouveau parti : Le Parti ADIL. Sur un autre plan, les différentes reformes engagées ont fini par convaincre certains partis de l’opposition d’accepter de former une coalition majoritaire élargissant et rénovant en même temps l’assise politique du gouvernement.

Cette évolution a permis de satisfaire une demande de plus en plus pressante pour un Gouvernement plus politique.

C’est ainsi qu’un nouveau Premier Ministre, Monsieur Yahya Ould Ahmed El Waghf, Président du parti ADIL, a été nommé en avril 2008 et qu’un Gouvernement comprenant des représentants de plusieurs partis a été formé. J’étais particulièrement satisfait du fait que deux partis, appartenant jusque-là à l’opposition, ont accepté d’entrer dans le Gouvernement. Je souhaitais, en effet que le Gouvernement bénéficie du soutien de la majorité la plus large possible pour la mise en œuvre du programme pour lequel j’ai été élu.

Je considère que la formation de cette coalition politique regroupant certains partis de l’ancienne majorité et trois partis importants de l’ancienne opposition (APP, Tewassoul et UFP) constitue un tournant politique majeur pour l’exercice du pouvoir en Mauritanie.

Paradoxalement, la formation du Gouvernement Yahya Ould Ahmed El Waghf a été très mal accueillie par les deux Généraux, Mohamed Ould Abdelaziz et Mohamed Ould Ghazouani. Pour la première fois, je les ai vus sortir de leur réserve par rapport à la conduite de la politique générale du pays. Ils se sont investis pour faire tomber le Gouvernement et par la suite mettre en œuvre leur coup d’Etat contre le Président de la République.




2 – Les étapes du processus qui a conduit au coup d’Etat du 6 août 2008



Peu de temps après la formation du Gouvernement de Yahya Ould Ahmed El Waghf, j’ai reçu ces deux officiers qui m’ont fait part de leur souhait de me voir changer le Gouvernement auquel ils faisaient les deux reproches suivants :
•La présence de ministres appartenant à deux partis qui étaient dans l’opposition, partis dont ils désapprouvaient l’entrée au Gouvernement
•La présence de certaines personnalités symbolisant à leurs yeux le régime de l’ancien président Maaouya Ould Taya pour le renversement duquel ils ont risqué leur vie. Ces personnalités étaient, selon eux, perçues comment étant des symboles de la gabegie qui a caractérisé la gestion du régime qu’ils ont servi.

Je voudrais ici apporter un démenti catégorique à tous ceux qui n’ont cessé de dire, depuis mon élection, que je ne faisais qu’exécuter les ordres des militaires.
Cette démarche était leur première intervention, à mon niveau, dans le champ politique. Nos rapports, que j’ai toujours vécus comme des rapports confiants, se sont limités jusqu’alors au domaine de la défense et de la sécurité. S’ils avaient eu pendant cette période des réserves sur la marche de l’Etat, ils se sont bien gardés de m’en faire part.
J’ai donc pris bonne note de leur démarche. Quelques temps après, combien fut grande ma surprise quand j’appris, qu’ils commencèrent à recevoir des parlementaires pour les engager dans un projet de dépôt d’une motion de censure du Gouvernement.
Dans les semaines qui ont suivi, je les ai reçus à plusieurs reprises, chaque fois pour mettre fin à leur entreprise qui devenait de plus en plus visible et qui commençait à créer l’inquiétude et le doute au sein de la classe politique et d’une bonne partie de l’opinion publique. A la fin de chacune de ces rencontres, ils me donnaient l’impression d’être convaincus. Mais aussitôt après, leurs agissements prouvaient le contraire.

Deux de ces rencontres méritent d’être signalées. La première a eu lieu à la veille de mon départ en Egypte en juillet 2008 pour prendre part au dernier sommet de l’Union Africaine. Au terme de cette rencontre, mes interlocuteurs se sont engagés à mettre fin à leurs activités politiques. Cet engagement ne fut pas suivi d’effets.

La deuxième rencontre eut lieu trois jours après mon retour d’Egypte et après mon adresse à la Nation. Dans cette adresse, j’ai exprimé le souhait de voir les auteurs de la motion de censure retirer celle-ci. J’ai fait valoir que le Premier Ministre n’avait pas encore présenté sa déclaration de politique générale et que le Gouvernement n’avait pas encore eu le temps de faire ses preuves. J’ai dit que si l’évolution de la situation me convainquait que je n’avais plus de majorité parlementaire, je pourrais envisager la dissolution du Parlement. Mais, désireux de trouver une solution qui mette fin à la situation tendue que je ne voulais pas voir empirer, j’ai décidé de demander au Premier Ministre de présenter la démission de son Gouvernement.

Le nouveau Gouvernement a commencé à travailler, et j’ai reçu des députés représentant le groupe appelé «les frondeurs» pour leur demander de travailler désormais à assurer la cohésion de la majorité, en s’attelant à résoudre les problèmes qui se posent en son sein. Il m’est apparu, peu de temps après, que la solution trouvée n’allait pas tenir. J’ai, en effet, acquis la conviction que l’objectif réel pour les Généraux était de me faire partir et que les solutions successives que je trouvais avec eux n’étaient que manœuvres destinées à gagner le temps nécessaire à l’exécution de leur coup de force. En vérité, je subodorais cela depuis quelques temps, mais j’avais décidé de n’épargner aucun effort pour éviter au pays une crise aux conséquences imprévisibles. J’ai, pendant cette période, reçu plusieurs personnalités d’horizons divers dont les avis convergeaient dans le même sens.

Le Général Mohamed Ould Abdelaziz a mis à profit la visite officielle que j’ai effectuée en Espagne pour engager un certain nombre d’élus du parti ADIL à en démissionner en vue, sans doute, de former un autre parti.

A mon retour, j’ai tenu une réunion avec les deux Généraux et je leur ai fait des observations sur leur comportement, en les engageant à le changer.

Ils ont d’abord nié toute implication dans la dernière agitation politique, par la suite, le Général Mohamed Ould Abdelaziz a bien fini par reconnaître qu’il a effectivement reçu plusieurs élus dans son bureau durant mon séjour en Espagne.

Lorsque, de surcroît, j’appris que des ministres très proches des Généraux étaient incités à démissionner et que le projet d’organisation de «manifestations populaires» destiné à me pousser à la démission, était en cours de préparation avancée, j’ai décidé de prendre les mesures ultimes consistant à les démettre de leurs fonctions.

J’ai eu une dernière rencontre avec le Général Mohamed Ould Abdelaziz le jour du coup d’Etat lorsque les hommes de la sécurité présidentielle, qui m’escortaient habituellement, sont venus, cette fois, me conduire au Bataillon de la Sécurité Présidentielle (BASEP). Là, il m’a demandé de téléphoner au Colonel Abderrahmane Ould Boubacar, nouveau Chef d’Etat Major des Armées Nationales pour lui signifier l’annulation du décret le nommant. Le général destitué m’a dit qu’il était prêt à s’opposer à son limogeage, quitte à faire couler le sang.




3 – Des justificatifs donnés par l’auteur du coup d’Etat



Ces justificatifs se rapportent au domaine institutionnel, économique, sécuritaire, militaire, à la démocratie, à la corruption, au népotisme et au favoritisme.
Le but poursuivi est de donner du Président de la République l’image d’un antidémocrate qui ne respecte pas la séparation des pouvoirs, qui a bloqué le fonctionnement des institutions, qui est un pilleur des deniers publics. Et comme si tout cela ne suffisait pas pour justifier son renversement, il fallait le présenter aussi comme un homme faible, inapte pour diriger le pays. Un irresponsable qui n’a pas hésité à faire courir à l’armée le risque d’un bain de sang et un islamiste qui encourage le terrorisme.

Il s’agit, pour l’auteur du coup d’Etat, de convaincre le plus de monde possible, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, que ce qui s’est passé le 6 août dernier n’est pas un putsch mais une opération de «rectification salutaire», devenue absolument nécessaire. Il a disposé pour cela d’un noyau dur constitué d’un groupe réduit de parlementaires qui sont totalement acquis à lui et qui ont joué un rôle important dans l’opération de déstabilisation entreprise dès la formation du premier Gouvernement de Yahya Ould Ahmed El Waghf. Il dispose également d’un nombre plus important d’élus parlementaires et locaux qui l’ont rejoint dès que le coup d’Etat a été consommé. Il dispose aussi de l’Administration, de Radio-Mauritanie et de la Télévision pour organiser et assurer la couverture des activités condamnant le Président et soutenant le Général Mohamed Ould Abdelaziz. Il dispose également de ce personnel politique enthousiaste pour le servir, comme il l’a été pour le Président qu’il a renversé, et comme il le sera pour toute autre personne qui arrive à s’installer au pouvoir. Il dispose enfin, malheureusement, de la connivence du RFD, qui entrevoit une occasion pouvant conduire à des élections présidentielles anticipées.

Mais, a contrario, il a contre lui le fait que le coup d’Etat est anticonstitutionnel et que la prise du pouvoir par les militaires ne peut plus se justifier. Il a contre lui le changement d’époque où les coups d’Etat ne sont plus de mode. Il a contre lui une classe politique et une opinion publique soucieuses de défendre l’acquis démocratique réalisé après une période de transition couronnée par des avancées dans tous les domaines de la vie politique du pays. Il a contre lui une communauté internationale qui ne tolère plus les changements de régime par des coups de force. Il a enfin contre lui le fait que les justificatifs présentés à l’opinion ne résistent pas à l’analyse et comportent de grossières contre vérités.

A. Le blocage des institutions.

Comment peut-on prétendre qu’il y a eu blocage des institutions au cours des derniers mois? Il ne suffit pas de le proclamer. Il faut le démontrer, ce qui est moins évident.

Il convient tout d’abord de dire que c’est le Gouvernement mis en place en mai 2007 qui a soumis au Parlement des projets de lois nécessaires à la mise sur pied de la Haute Cour de Justice et du Conseil Economique et Social (CES) prévus par la Constitution. Pour ce qui est du CES, toutes les dispositions relevant du Gouvernement ont été prises, y compris la désignation du Président de l’Institution. Tous les membres ont été désignés. Pour ce qui est de la Haute Cour de Justice (HCJ), il restait la désignation de ses membres qui relevait des deux chambres du Parlement.

Le projet de créer des commissions parlementaires d’enquête était principalement destiné à saper le moral du Président de la République et à ternir son image aux yeux de l’opinion intérieure et extérieure. Il s’agit de la Fondation présidée par mon épouse. L’affaire commence par une déclaration faite par un sénateur entouré de quelques autres, devant la presse nationale et internationale, pour dire que le Sénat allait créer une commission d’enquête sur cette Fondation, qu’ils soupçonnent d’avoir bénéficié illégalement des fonds publics.

Comment des parlementaires peuvent-ils porter et médiatiser avec autant de désinvolture, de mépris pour la dignité des gens, de mépris pour la loi, de telles accusations?

Seule une forte volonté de nuire au Président de la République peut expliquer que l’accusation a été faite d’abord et que, par la suite, les sénateurs fidèles au Général Aziz se sont mis à chercher des preuves. Pourquoi ne pas avoir attendu, pour la communication qui a été faite à la presse, que l’institution habilitée à créer une commission d’enquête, le fasse sur la base de preuves réelles? Pourquoi ne s’est-on pas posé la question de savoir si la Commission peut convoquer une Fondation, et même en utilisant la contrainte, surtout si elle n’est pas déclarée d’utilité publique? Sur quels textes les commissions d’enquête parlementaires s’appuient-elles pour la détermination de leurs rapports avec les particuliers? Il aurait été plus judicieux de contrôler les dépenses publiques et leur destination finale pour s’assurer que ladite Fondation en a profité.

Ces observations ayant été faites, j’affirme que toutes nos institutions ont fonctionné normalement, y compris l’Assemblée Nationale et le Sénat. La Présidence de la République n’est intervenue en aucun moment dans le fonctionnement du Parlement. La session ordinaire du milieu de l’année a été ouverte et clôturée dans les délais prévus par la loi. La loi portant sur l’accord de pêche conclu avec l’Union Européenne a été adoptée par les deux chambres, juste avant la clôture de la session.

Qu’est-ce que le Président de la République a bloqué? En quoi n’a-t-il pas respecté la séparation des pouvoirs?

Au mois de juillet, après la clôture de la session parlementaire, un groupe de députés a demandé l’ouverture d’une session extraordinaire. Le Gouvernement a estimé que la demande des députés ne lui a pas été transmise conformément aux textes en vigueur. Il l’a fait savoir. Ceci a provoqué un grand tollé au niveau du groupe de la majorité appelé alors «frondeurs». Pourquoi ce tollé? Parce que ce qui était recherché était moins l’examen de questions importantes et urgentes en session extraordinaire que l’alimentation d’un conflit avec l’exécutif. Pourquoi les députés n’ont-ils pas renvoyé leur demande en respectant les textes en vigueur?

Malgré le fait que notre Constitution donne au Président de la République la prérogative de refuser une session extraordinaire demandée par la majorité des députés – tout constitutionaliste consulté l’aurait affirmé- je n’ai pas envisagé de refuser cette session. J’ai même informé le Président de l’Assemblée, qui était à l’intérieur du pays, que le gouvernement voulait inscrire d’autres points en plus de ceux retenus par les députés à l’ordre du jour de cette session extraordinaire.

Où est donc, encore une fois, le blocage des institutions opéré par le Président de la République, et qui était en passe de conduire le pays au chaos?

B. L’Economie.

Le Général Aziz et le groupe de parlementaires qui l’a soutenu font état d’une situation économique catastrophique dont ils rendent le Président de la République responsable. Ils se servent de cela pour justifier le coup d’Etat du 6 août 2008.
Mais peut-on parler d’analyse? Je voudrais faire observer que dans tout ce qui a été dit, dans toutes les critiques formulées, personne n’a parlé «chiffres». Cela n’est ni vrai ni responsable. Je pense en particulier aux députés de la majorité, anciens frondeurs ou nouvellement acquis au putsch. N’ont-ils pas voté les différents budgets? Quelle politique économique ou financière leur a été imposée? Quelles propositions portant sur l’amélioration de la situation économique et financière ont-ils faites et que le gouvernement a rejetées?

A-t-on jamais, dans notre pays, voté et ratifié en quinze mois, autant de conventions de financement qu’entre 2007 et 2008? Quel projet chiffré permettant d’atteindre un taux de croissance économique plus élevé que celui qui a été réalisé, a été proposé par eux ou par l’opposition?

Toutes les données que nous possédons nous amènent à dire, et tous les observateurs et analystes avec nous, que les perspectives et les opportunités de développement économiques n’ont jamais été aussi prometteuses pour le pays. Le plus grand des désastres causé par le coup d’Etat du 6 Août est précisément d’avoir brise cet élan et annihilé ce potentiel. Une fois l’ordre constitutionnel rétabli, il faudra du temps et de l’effort pour le reconstituer.

Concernant la gestion des deniers publics, des progrès importants ont été accomplis entre mai 2007 et début août 2008. La corruption est un fléau qui s’est bien installé et développé dans notre société durant les trente dernières années. Il est bien loin le temps – c’était en 1976 - où un haut responsable politique d’un pays ami me dit : «Nous disons à nos hommes d’affaires que s’ils ne veulent pas que leurs projets en Mauritanie échouent, ils doivent se garder de tenter de corrompre un responsable de ce pays». Il est illusoire de penser qu’on peut éradiquer la corruption par un coup de baguette magique. Mais on doit la combattre de façon déterminée et énergique, aussi bien au niveau de l’administration que de la société. Je dois reconnaître que si des progrès réels ont été faits au niveau de l’administration, très peu d’actions ont été menées au sein de la société, qui continue à tolérer et même à encourager ce phénomène. Dans les meetings, les conférences, les réunions de salons, tout le monde est farouchement révolté par l’existence de la corruption. Mais, généralement, quand on peut en tirer profit, on ferme les yeux et on l’encourage même.

J’ai demandé à plusieurs reprises à des hommes politiques d’engager leurs partis dans la lutte pour la transformation des mentalités par rapport à cette question et à bien d’autres.

Le Gouvernement, pour ce qui le concerne, a pris des textes et des mesures favorisant la transparence dans la gestion, instituant la déclaration de patrimoine pour un grand nombre de hauts responsables. J’ai demandé tantôt à des responsables de l’opposition, tantôt à d’autres, de m’informer de cas de corruption ou de détournement de fonds publics qui auraient été portés à leur connaissance. J’ai même demandé à l’ancien Directeur Général de la Sûreté Nationale d’engager ses services à débusquer des cas de détournement ou de corruption.

Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais personnellement, ou par l’intermédiaire de mes collaborateurs, saisi des responsables de sociétés d’Etat ou de projets pour intervenir en faveur d’une personne ou d’une entreprise. Je n’intervenais pas non plus au niveau du privé et il n’y a pas une société privée à laquelle j’ai demandé le moindre service depuis que j’ai été élu. Il n’y a pas un contrôle, soit de la Cour des Comptes soit de l’Inspection Générale d’Etat, que j’ai bloqué.

A ma connaissance, les principaux circuits de corruption et de malversation ont cessé de fonctionner durant les périodes des gouvernements de Zeine Ould Zeidane et de Yahya Ould Mohamed El Waghf. La gestion des finances publiques se faisait dans une grande transparence saluée par en particulier par les différentes missions du FMI. Les nouvelles procédures de passation de marchés publics ont fonctionné à la satisfaction des différents opérateurs. La pratique opaque des marchés de gré à gré a été proscrite.


C. La Sécurité.

Comme justificatif du coup d’Etat, il a été dit que j’ai fait libérer les auteurs de la tuerie d’Aleg et d’autres terroristes et que je ne me souciais pas de la sécurité du pays.
On a aussi laissé entendre que j’ai des accointances avec les terroristes, puisque le Parti TAWASSOUL me soutient et que ce parti est impliqué dans le terrorisme international.

Il est vrai que quand j’ai pris le pouvoir, j’ai demandé que les prisonniers, sous mandat de dépôt depuis plus de deux ans, soient jugés. Un pouvoir démocratique ne pouvait accepter que cette situation perdure.

Mais les deux Généraux et le Gouvernement de l’époque savent que le verdict qui a été rendu m’a peiné pour certains des cas sur lesquels nous avions des informations indiquant qu’ils pouvaient constituer un danger pour la sécurité. J’ai dit en conseil des ministres que quelle que soit la peine que nous ressentons, nous ne pouvons que nous plier à l’exigence d’indépendance de la justice. La seule possibilité qui s’offrait était de faire appel et cela a été fait.

On m’a dit en ce moment là que le dossier n’a pas été bien fait, particulièrement pour ceux qui avaient pris part à l’attaque de Lemghaity, l’armée ayant pris le parti de ne pas collaborer avec la justice. J’ai demandé que dans le cadre de l’appel, l’armée collabore désormais avec la justice, ce qui aurait dû être fait.

En tout état de cause, le dossier relatif à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme était confié, durant toute cette période aux deux Généraux.


D. L’Armée.

Je suis accusé d’avoir voulu décapiter l’armée et de lui avoir fait courir le risque d’affrontements sanglants en son sein. Je fais observer qu’il s’est agit de démettre de leur poste quatre officiers supérieurs comme notre Constitution m’en donne la prérogative. J’ai nommé de nouveaux responsables à leur place exactement comme je les avais nommés eux-mêmes et fais partir des officiers comme je les faisais partir.

Le Général Mohamed Ould Abdelaziz aurait mieux fait de ne pas dire à ce sujet ce qu’il a dit. En effet, la signification de ce qu’il a dit est qu’il n’aurait jamais accepté d’être démis de ses fonctions, même si cela devait le conduire à faire couler le sang de soldats mauritaniens.

E. La Démocratie.

Notre pays vient de vivre quinze mois d’une démocratie réelle ou toutes les libertés d’expression, d’entreprise, de mouvement ont été exercées sans entraves. L’indépendance des pouvoirs législatif et judiciaire a été scrupuleusement respectée par l’exécutif. Une culture démocratique a commencé à se développer. Le droit à la libre expression des opinions est devenu plus effectif. On le voit bien maintenant avec de nombreux citoyens qui, sous un régime militaire prompt à la répression, osent manifester haut et fort contre l’illégalité.

Un coup d’Etat pour sauver la démocratie en Mauritanie – opéré moins d’une demi-heure après le limogeage de son auteur- voilà ce que Mohamed Ould Abdelaziz s’emploie à vouloir vendre à tout le monde, à l’intérieur, comme à l’extérieur, même à de vrais démocrates.

Le 15 Octobre 2008

réplique de Mohamed El Hassen Ould El Hadj,
premier vice-président du Sénat

publié par Le Calame 23 Décembre 2008
25-12-2008 (126 lectures)

«Etaghi charra men ahcenta ileyhi »

L’impudeur politique qui découle des propos de l’ancien « Président » Soca, heurte tous les esprits subtils contraints aux égards qui lui sont désormais dus.
L’ancien « président » n’aurait jamais dû faire la dernière sortie apocryphe dans les colonnes du journal Le calame, tout comme il n’aurait jamais dû devenir président. Une fois encore, je vais me donner la peine de répondre à toutes les allégations incohérentes et les contrevérités que cet « homme » a proféré à l’encontre de mes collègues parlementaires qui se sont opposés à sa dérive maffieuse, aux généraux qui ont mis fin aux débuts manqués de son « règne » et de tous mes concitoyens qui ont à un moment cru en lui et qu’il a désabusé de la manière que l’on sait. Je ne peux bien évidemment pas accepter que le mensonge même mélodieusement construit voile la réalité.
Soca est ma « création ».
Il y a une chose, une seule, sur laquelle le « président » déchu a dit vrai : oui, il ne connaissait pas les Généraux, mais il aurait dû ajouter, pour être fidèle à la restitution des faits, que c’est moi qui ai servi de passerelle entre lui, illustre inconnu à l’époque, et ceux qui allaient faire de lui « le premier président démocratiquement élu ». Je ne puis m’empêcher de sourire – et vous aussi avec moi – quand j’entends le « président » déchu parler de « sa » campagne et de « son » programme électoral. Personne n’est dupe. Tout le monde sait qu’en Mauritanie personne ne prête vraiment attention à ces choses-là. Il aurait dû ajouter encore, j’en détiens les preuves, que c’est moi qui ai orchestré, avec l’accord des militaires, l’annonce de sa candidature et le lancement de sa campagne ! J’ai par la suite, avec l’approbation des Généraux (Aziz et Ghazouani), fait un intense lobbying auprès de la classe politique et des notabilités qui, en réalité, soutenaient les projets de réforme politique et institutionnelle voulue par les vrais auteurs du changement du 3 août 2005 (Les Généraux Aziz et Ghazouani). Je reconnais que nous avons dû peiner pour faire accepter la candidature du « président » déchu. Pour cela, je n’exagère pas quand je dis que Sidioca est ma « création ».
Sans le soutien décisif des Généraux Ould Abdel Aziz et Ould Ghazouani, le « président » déchu n’aurait même pas pu devenir maire de la petite localité de Lemden !
Le « président » déchu devrait-il ignorer que les militaires qui l’ont porté au pouvoir pouvaient à l’époque, faire élire n’importe quel autre obscur candidat grâce à leur influence et au capital de confiance et de sympathie gagné par l’éviction de Ould Taya ? Sans leur soutien, d’aucuns considèrent que la victoire aurait dû revenir à Ahmed Ould Daddah qui était en 2007 le candidat le mieux assis, sur le plan politique. Il est clair que sans le soutien décisif des Généraux Ould Abdel Aziz et Ould Ghazouani, le « président » déchu n’aurait même pas pu devenir maire de la petite localité de Lemden !
L’ancien « président » a manifesté un certain appétit pour les fruits « interdits » de la corruption.
Je trouve indécent que le « président » déchu parle d’accords passés avec Messaoud Ould Boulkheir et Zeine Ould Zeidane alors que ces deux hommes avaient comme unique interlocuteurs les deux Généraux. La majorité dont il parle était déjà constituée dans le sillage des mêmes militaires qui l’ont mobilisée par la suite pour soutenir « sa » candidature. Sans assise politique et sans le sou, comment peut-il justifier le « miracle » des 52% au deuxième tour de la Présidentielle de 2007 ? Là au moins, tout le monde est d’accord pour reconnaître que le mérite d’un tel exploit revient aux Généraux et aux soutiens politiques de la première heure que le « président » déchu s’est évertué à trahir aussitôt élu.
« L’humilité épargne les affres de l'humiliation ».
En seulement quelques mois de présidence, Sidioca s’est entouré d’un réseau de groupes maffieux connus pour avoir sévis sous le dictateur Ould Taya. A coup de centaines de millions versés à la fondation de sa compagne, le « président » déchu s’est prêté à des accointances d’intérêt au détour d’un vicieux « commerce » fructueux avec certains milieux de politiciens affairistes. Là encore, j’invite l’ancien « Président » à la retenue. Comme le soulignait Georges Bernanos, « l'humilité épargne les affres de l'humiliation ». L’ancien Président qui, depuis feu le « Président » Moctar Ould Daddah avec l’affaire des licences de pêche, Ould Taya (avec l’affaire H’Meyda) a manifesté un certain appétit pour les fruits « interdits » de la corruption, ne doit pas trop tirer sur la ficelle. Dès les premiers jours de son accession au pouvoir, il avait effectué des « placements » familiaux largement commentés par la presse : son cousin à la BCM, comme gouverneur adjoint, un autre cousin comme directeur général du port autonome de Nouakchott et le frère de celui-ci comme conseiller du Premier ministre. Il a allongé la liste familiale en nommant sa propre fille à la tête de la communication de la présidence, son frère à l’hôtel du palais, un autre frère directeur au CSA et un énième à la Mauritel…
C’est dire que son système et notamment son entourage immédiat sont bien trempés. Le dossier du PSI et le scandale du riz avarié ne sont que la partie visible de l’iceberg. En réalité, la corruption était le sport favori de l’entourage du « président » déchu et il est difficile de penser que corrupteurs et corrompus n’avaient pas la bénédiction de celui-ci.
A cet égard, il est à souligner que les efforts du Haut Conseil d’Etat en matière d’assainissement des finances publiques ont permis de réaliser en seulement quatre mois, 16 milliards d’ouguiyas d’économie.
L’ancien « Président » a été incapable de porter l’ambition populaire
Avec Sidi, c’est le sentiment général et justifié de perte de contrôle qui accrut la méfiance à l'égard de l’État. Les analyses de l’ancien Président sur les externalités négatives de l'économie mondiale qui affecteraient la vie quotidienne de nos compatriotes relèvent de théories anachroniques et défaitistes qui méritent un bon dépoussiérage. Cette « appréciation » avait fait le lit du désarroi et de la désillusion générale qui a marqué les quinze mois du sinistre « règne » du président fantoche. En effet, s’il est incontestable que l’économie et ses crises ignorent les frontières, il n’en demeure pas moins que la marque d'un homme d'État, c'est d’abord sa volonté de changer le cours des choses. Au lendemain de l’élection Présidentielle de 2007, le peuple était prêt à être rassemblé derrière une vision et une volonté claire. L’ancien Président a été incapable de porter cette ambition populaire. Contrairement à ses affirmations, c’était moins la classe politique que l’ancien Président lui-même qui était en cause.
L’ancien Président violait systématiquement la règle fondamentale de séparation des pouvoirs
J’ai été stupéfait de constater que l’ancien « Président » ose nier grossièrement le blocage évident que l’institution parlementaire a connu pendant que le dérèglement de notre système constitutionnel était à son comble. Il est absolument controuvé d’alléguer que l’institution parlementaire fonctionnait normalement alors que l’ancien « Président » violait systématiquement la règle fondamentale de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, connue depuis Montesquieu. En vérité, le peuple ne pouvait accepter le dessein inavoué et dissimulé de persécuter les parlementaires qui ont osé commettre un crime de lèse majesté en gardant tout simplement leur liberté de penser et d’agir.
La rectification du 06 août était donc la seule démarche qui pouvait nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique.
De nombreux humoristes interprètent, à la faveur de nos superstitions, la succession des malheurs qui se sont abattus sur le pays, évoqués par l’ancien président à sa décharge, comme des manifestations de la poisse dont il serait porteur.
Flambée des prix, attentats terroristes, crise politique sont venus compliquer une situation dans laquelle les Mauritaniens avaient misé, sur le mauvais cheval.
L’ancien « Président » en évoquant les données macroéconomiques s’est attribué le bilan économique de la Transition militaire de 2005-2007 qui nous a valu la sympathie de nos partenaires au développement. Les engagements de financement de nos programmes de développement pris par les bailleurs de fonds étaient plutôt une prime à cette Transition, du moins, à son bilan économique. Et même si le président déchu tient tant à s’approprier ces succès, les chiffres mirobolants invoqués n’étaient pas corroborés par la réalité vécue par les populations. Idem pour l’évocation de la loi criminalisant les pratiques esclavagistes et le retour des réfugiés. Ces questions nationales avaient fait l’objet d’un large consensus lors des journées de concertation mais le président déchu en a fait une mauvaise application en s’en tenant à la promulgation de textes sans réelle volonté de leur application.
Je suis tenté de demander à l’ancien président de nous dire où il était quand le régime Taya sévissait contre la communauté négro-mauritanienne, quand des centaines de ses membres étaient enterrés vivants dans des fosses communes ? N’entendait-il pas, dans son exil doré -ou plutôt sa fugue- les cris de ces opprimés ?
Au sujet du statut de l’opposition démocratique, on peut se demander comment le président déchu peut-il revendiquer la paternité de cet « acquis » alors qu’il est de notoriété publique que c’est à la transition militaire 2005-2007 que l’opposition doit son statut et les fondements institutionnels de ses droits (ordonnance prise par le CMJD). Il en est de même pour la discrimination positive en faveur des femmes qui a octroyé à celles-ci, avant même l’élection du président déchu, un quota de 20% des postes électifs (ordonnance 2006-029- du 22 aout 2006).
Ne s’agit-il pas encore de mensonges quand le président déchu parle de liberté totale de la presse alors que sa propre fille usait – et abusait - de tous les moyens de coercition publique pour régenter les lignes éditoriales ? Lui-même, à la veille de sa destitution, n’avait-il pas introduit une plainte contre un journaliste indépendant ? La réforme décidée au cours de la transition militaire pour ouvrir les médias publics à tous les acteurs politiques a été renvoyée aux calendes grecques par le déchu. Concernant les prisonniers politiques, bien entendu qu’il n’y en avait pas dans les geôles à son accession à la Présidence mais, celles-ci étaient occupées par des terroristes qu’il avait lui-même ordonné aux juges de remettre en liberté dans des circonstances des plus obscures, leur permettant ainsi de sévir en commettant de nouveaux crimes et de nouveaux attentats (assassinat de quatre touristes français à Aleg, attaque contre l’Ambassade d’Israël, assassinat de soldats à Ghallawuya, fusillade de Tevragh Zeina, assassinat de policiers… ).
Feyty khamna police, police khamna Feyty
Sur un autre plan, je m’étonne que le déchu prétende avoir une majorité politique alors que lui-même n’est pas un homme politique. On peut dire que le déchu a été victime de la revanche des vaincus des élections, tous bords confondus. Tourner le dos à la majorité qui l’a porté au pouvoir et tisser des « liaisons dangereuses » avec des communistes et des islamistes qui ont vendu leur âme au diable, ont porté un coup fatal à ce « président » très commun. Il ne s’agit pas d’une ouverture, comme veut le laisser croire le déchu, mais d’une corruption politique.
Je m’étonne également quand le déchu affirme qu’il s’était aperçu que les généraux sortaient de leur réserve par rapport à la politique. Comment peut-il dire cela, alors que « Feyty khamna police, police khamna Feyty ».
A la veille des Etats généraux de notre Démocratie, l’expérience malheureuse que l’ancien « Président », nous impose de revisiter notre constitution pour mieux l’adapter à nos réalités. Dans ce cadre, il importe de noter que le Président de la République occupant déjà, la place prépondérante que nulle institution ne lui dispute, ce sont les prérogatives du Parlement qu’il conviendrait de renforcer. A cet égard, il serait indiqué d’évoluer vers l’élargissement du champ d’action des parlementaires, l’introduction de garde-fous juridiques à la dérive de l’exécutif ainsi que des réformes pour une démocratie plus vivante, plus participative et plus conforme à nos réalités.

mardi 2 décembre 2008

28 Novembre 2008 - Sidi Ould Cheikh Abdallahi reçoit un message de félicitation du président des Etats-Unis

السيد الرئيس،

باسم الشعب الأمريكي، أوجه إليكم وإلى الشعب الموريتاني تهانئي بمناسبة تخليد الذكرى 48 لإستقلال بلدكم يوم 28 نوفمبر.

وإننا نتطلع بشغف كبير إلى اليوم الذي تحتفل فيه موريتانيا بعيدها الوطني وبالديمقراطية معا.

تقبلوا السيد الرئيس، أحر تحياتي.

جورج وولكر بوش




Monsieur le Président,


Au nom du peuple Américain, je vous adresse mes félicitations ainsi qu’au peuple mauritanien à l’occasion de la célébration du 48 éme anniversaire de l’indépendance de votre pays, le 28 novembre.

Nous attendons avec impatience le jour où la Mauritanie pourra célébrer aussi bien l’indépendance que la démocratie.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes sentiments les meilleurs.


George W. Bush